22/05/2019 23:16
Issus de la socialisation et de la coopération public-privé, de nombreux établissements de santé de Hô Chi Minh-Ville ont été construits et fonctionnent efficacement. Cependant, selon de nombreux experts, investir dans le secteur de la santé au Vietnam n’est toujours pas digne de potentiels.

>>Le Vietnam privilégie le renforcement du système local de santé
>>Pour attirer des investissements sous forme de PPP dans la santé
 

Exposition pharmaceutique et médicale pour attirer les investissements privés.


Lors d’une des séances du Sommet de l’APEC sur la santé et l’économie, tenue en août 2017, le vice-Premier Ministre Vu Duc Dam a souligné que l’Asie-Pacifique faisait face aux défis en matière de santé,  notamment au vieillissement croissant et rapide de la population. Par conséquent, l’investissement dans la santé est nécessaire et urgent. Cela permet à chaque citoyen d’avoir le droit d’accéder aux mêmes services médicaux de qualité. En outre, il montre que le Vietnam est intéressé par les investissements dans la santé et que c’est aussi une opportunité majeure pour les investisseurs nationaux et étrangers.

Opportunités intéressantes et forte demande

Selon les données du ministère des Finances, au Vietnam, les dépenses sociales totales consacrées aux soins sont en forte croissance. Depuis 2008, le taux de croissance du budget de l’État pour la santé a été supérieur à la dépense moyenne du budget de l’État et à environ 7 à 8% du total des dépenses budgétaires. En plus, le Vietnam encourageait également la socialisation et la coopération entre les secteurs public et privé pour augmenter les ressources pour des investissements de développement dans le secteur de la santé. Au cours des neuf dernières années, le gouvernement a accordé la priorité à la santé en augmentant les budgets, grâce à l’APD et aux emprunts d’État en faveur de l’amélioration du système de santé. Le gouvernement a également investi plus de 60.000 milliards de dôngs dans la rénovation et la modernisation d’hôpitaux.

En fait, au Vietnam, les établissements de santé privés se développent rapidement. Actuellement, il y a 206 hôpitaux privés avec plus de 15.470 lits et plus de 35.000 cliniques privées.

 

L’hôpital Xuyên A est un modèle privé.

Selon M. Dilshaad Ali, conseiller professionnel de DG Médical (une entreprise spécialisée dans la fourniture de solutions médicales globales), le secteur de la santé au Vietnam attire des investisseurs grâce à des atouts tels que la croissance économique, les conditions de vie améliorées, la diversité des modèles de soins de santé et des besoins en matière d’assurance maladie. L’augmentation rapide de la classe moyenne contribue à augmenter les dépenses moyennes de la population et le nombre d’établissements de santé privés dans les grandes villes du Vietnam.

Cela a exigé des programmes de soins de santé et de dépistage plus complets. Plus de 80% de la population vietnamienne possède une assurance santé, 5% a une assurance santé privée, 73% de la population est d’accord pour payer une partie ou la totalité des frais d’hospitalisation en argent liquide. En particulier, le modèle de l’hôpital public-privé s’étend remarquablement. "Ces facteurs motivent les investisseurs à se joindre au marché vietnamien de la santé", a ajouté M. Dilshaad Ali.

Selon certains experts, l’investissement privé en santé deviendrait de plus en plus attrayant en raison de la demande croissante de services médicaux de haute qualité. Pourtant l’État envisage de se désengager de nombreuses sociétés pharmaceutiques étatiques. En outre, la vague d’investissements privés a commencé à s’intensifier depuis 2015 avec de nombreuses opérations de fusion et d’acquisition (M&A). On peut noter celles entre le Groupe Hoan My et les hôpitaux internationaux Dông Nai et Vinh; entre la compagnie pharmaceutique japonaise Taisho et Pharma Hâu Giang.

 

Le modèle d’hôpital international est un exemple de socialisation.


Besoins urgents d’investissement

Étant le centre de la région méridionale, Hô Chi Minh-Ville effectue des millions d’examens médicaux et de traitements pour les habitants de la région et les patients étrangers. Selon le Service municipal de la santé, en 2018, il y a eu plus de 45,3 millions de cas de traitement non-hospitalisé (ce qui représente plus du quart du nombre total d’examens et de traitements médicaux du pays) et plus de 2,5 millions d’hospitalisation. Et ce nombre devrait augmenter d’année en année lorsque la politique d’assurance maladie sera adoptée à travers le pays, sans distinguer entre les patients de cette localité et d’autres lieux. Cela rend la situation surchargée, en particulier dans les grands hôpitaux tels que Cho Rây, Hôpital de médecine et de pharmacie, hôpital Nhân Dân 115 ainsi que les hôpitaux pédiatriques 1 et 2.

"Le système de santé publique actuel n’a pas été en mesure de répondre aux besoins de la population, alors que sa demande est en augmentation. C’est une problématique persistante que le secteur de la santé de la ville devra résoudre dans les temps à venir", a déclaré Tang Chi Thuong, vice-directeur du Service municipal de la santé.

Selon le même point de vue, Hô Manh Tuong, secrétaire général de l’Association de reproduction et d’endocrinologie de Hô Chi Minh-Ville, la vague croissante de Vietnamiens qui se font soigner à l’étranger, montre que la santé au Vietnam doit encore aller de l’avant. Dans le contexte où le budget national n’est pas toujours suffisant pour que la santé publique se développe rapidement, la ville a besoin de politiques afin d’encourager les investissements des compagnies privées. Ainsi, la santé sera un marché potentiel.

 

Le financement des équipements médicaux d’avancée a besoin de PPP.


Nguyên Duy Thuân, vice-directeur de l’Institut pour la recherche d’économie de la santé et de gestion des hôpitaux de Hô Chi Minh-Ville, a indiqué que le secteur de la santé est considéré comme un marché de services où existent de nombreux petits services tels que ceux de consultation médicale (faire des examens), ceux de subcliniques (tests, diagnostic par imagerie), ceux de chirurgie et services de soins  en termes d’hospitalisation et de pharmacie. Chaque service a la capacité d’attirer des investissements et surtout une capacité de récupération élevée. Plus précisément, l’investissement dans les cliniques est le plus attirant pour la majorité des investisseurs privés en raison des obstacles en termes de formalités et de règlements de santé moins importants que dans d’autres services. Pour le marché des services de subclinique, l’investissement est assez coûteux.

Récemment, lors de la conférence sur le partenariat public-privé de Hô Chi Minh-Ville, tenue en mars 2019, le vice-président du Comité populaire, Lê Thanh Liêm, a déclaré que la ville portait attention à l’amélioration de la qualité de la santé des habitants. Mais le budget ne peut pas satisfaire tous les grands projets médicaux. Par conséquent, la socialisation sous la forme de partenariats public-privé (PPP) est une mesure incontournable.

Également à cette conférence, Lê Minh Sang, expert en santé de la Banque mondiale à Hô Chi Minh-Ville, a dit que la ville peut appliquer des modèles de PPP dans le domaine de la santé qui ont été appliqués à l’échelle mondiale, tels que: PPP dans la fourniture de services de gestion d’équipements médicaux; PPP dans la fourniture de services de contrat de gestion; PPP dans la fourniture de services cliniques spécialisés ou subcliniques; modèle de PPP intégré.

Tang Chi Thuong, directeur adjoint du Service municipal de la santé, a affirmé que le secteur de la santé est en train de travailler à promouvoir les modèles de PPP appropriés aux conditions vietnamiennes dans le sens de l’application du PPP comme outil permettant de réduire le fardeau du budget de l’État dans la santé.


Texte et photo: Quang Châu/CVN



 

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