22/03/2019 08:47
Bloquées sur des toits ou affamées dans des zones inondées à perte de vue, des milliers de personnes attendaient anxieusement des secours encore trop lents à se déployer après le passage la semaine dernière du cyclone Idai en Afrique australe.
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Dans la zone inondée de Buzi au Mozambique, le 20 mars, après le passage du cyclone Idai. Photo: AFP/VNA/CVN

Près de 400 morts, plus de 10.000 habitations détruites, des centaines de milliers de personnes touchées: au Mozambique et au Zimbabwe, le bilan du cyclone, des inondations et glissements de terrain a continué de grimper jeudi 21 mars alors que les humanitaires mettaient en garde contre le risque d'épidémie de choléra.

Au Mozambique, 15.000 personnes doivent être "secourues immédiatement", a prévenu le ministre de l'Environnement, Celso Correia. "Elles sont bloquées sur des maisons, sur des toits", a-t-il expliqué à l'AFP depuis Beira (Centre), la deuxième ville du pays, dévastée par le cyclone. "Elles sont en vie (...) mais on a besoin de les secourir, de les sortir de là". "Chaque minute compte", a-t-il insisté, alors que des "milliers d'autres sont bloquées sur des zones plus élevées, sur des petites îles".

Pour la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), il s'agit de "la pire crise humanitaire dans l'histoire récente du Mozambique".

Dans le village de Praia Nova (Centre) en ruines, Juila Luis a tout perdu. "Les autres années, j'ai connu des tempêtes mais c'est la première fois que je vois ça", dit cette mère de trois enfants. "Je dois recommencer ma vie".

Recommencer sa vie

Au moins 242 personnes sont mortes au Mozambique et 139 au Zimbabwe, selon des sources officielles.

Des victimes affamées du cyclone Idai pillent du riz, le 20 mars, à Beira au Mozambique. Photo: AFP/VNA/CVN

Plus de 180.000 personnes sont affectées par ces catastrophes au Mozambique, selon Maputo. L'ONU estime que 1,7 million de personnes auront au final besoin d'aide dans ce pays pauvre. Au Zimbabwe voisin, elles sont 200.000 touchées par ce désastre naturel, selon les Nations unies.

En particulier, les conditions dans le district de Chimanimani (Est) restent "très mauvaises", selon le porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), Hervé Verhoosel. "Environ 90% du district a été endommagé de façon importante", a-t-il ajouté. Un reporter de l'AFP a découvert un district coupé du reste du monde.

Au moins huit ponts et une centaine de maisons ont été détruites dans cette région montagneuse, les routes englouties, un paysage comparé à une "zone de guerre" par le ministre zimbabwéen de la Défense, Perrance Shiri. Mais les secours, qui ont reconnu avoir été pris au dépourvu par l'ampleur des pluies qui ont suivi le cyclone, restent encore trop lents.

Mercredi 20 mars, ils ont réussi à sauver au Mozambique quelque 3.000 personnes bloquées sur des terres de lande étroites entourées d'eau, sur des toits ou sur des arbres. Mais ils peinent à répondre aux besoins énormes.

À Buzi, des rescapés tentent de survivre coincés sur des toits, ilots hors de l'eau où ils s'abritent avec des draps. À Beira, des dizaines de personnes affamées ont pillé un entrepôt de riz. "Nous n'avons rien mangé", expliquait, à Paria Nova, Mariamo Humberto.

"Cela fait des jours que de nombreuses personnes attendent aide et soutien", reconnaît Jamie LeSueur, chef des opérations de secours au Mozambique de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC).

"La réponse humanitaire commence vraiment à entrer en puissance. C'est encourageant mais il en faut plus, on fait tout ce qu'on peut pour acheminer des ressources et atteindre toujours davantage de monde".

À Dondo (30 km au nord-ouest de Beira), la colère de rescapés venus la faim au ventre jeudi 21 mars à une distribution de nourriture du PAM était palpable. La désorganisation régnait, pour une zone inondée immense, selon un journaliste de l'AFP. Et les maladies transmissibles par l'eau inquiètent les secours.

Risques de choléra

"Le déplacement d'un grand nombre de personnes et les inondations provoquées par le cyclone Idai augmentent significativement les risques de paludisme, de typhoïde et de choléra", a prévenu Matshidiso Moeti, directeur régional pour l'Afrique de l'Organisation mondiale pour la santé (OMS).

"La réponse d'urgence va être fondamentale pour éviter une propagation et apporter à la population le soutien de base", confirme Jamie LeSueur.

Or à Beira, ville d'un demi-million d'habitants, le principal hôpital, dont la toiture a été partiellement endommagée, ne peut fonctionner qu'à 40% de ses capacités.

Pendant ce temps, la décrue s'est amorcée au Mozambique. "À certains endroits, le niveau de l'eau atteignait jusqu'à 11 mètres, et il a baissé de trois mètres", selon Celso Correia.

Dans les rues, la vie reprenait très progressivement son cours, des voitures circulaient sur certaines routes redevenues praticables. Le réseau téléphonique, totalement interrompu pendant plusieurs jours, fonctionnait de nouveau par intermittence.

L'arrivée du cyclone avait été précédé pendant plusieurs jours de très fortes pluies au Mozambique et au Malawi, faisant au moins 126 morts. Le Malawi a cependant été épargné par Idai.

AFP/VNA/CVN
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