07/08/2018 09:31
Des roses et tulipes, une plaque commémorative en anglais: ce petit mémorial érigé à la hâte marque le lieu où ont été tués quatre cyclistes occidentaux fin juillet, dans une attaque qui porte un coup aux ambitions touristiques de l'autoritaire Tadjikistan.

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Un jeune homme écrit dans un livre de condoléances à l'ambassade américaine à Douchanbé, au Tadjikistan, le 31 juillet.
Photo: AFP/VNA/CVN


Revendiqué par le groupe jihadiste État islamique mais attribuée par les autorités tadjikes à un parti d'opposition interdit, ces assassinats interviennent au moment où ce très pauvre pays d'Asie centrale cherche à promouvoir ses paysages désertiques et spectaculaires montagnes comme une destination touristiques.

Il a ainsi simplifié les procédures pour obtenir des visas et même déclaré 2018 "année du tourisme" pour tenter de développer un secteur encore embryonnaire.

"Nous exprimons nos condoléances sincères de la part de tout le peuple tadjik et du Tadjikistan aux familles et proches des touristes morts dans notre pays de manière si tragique et si cruelle", peut-on lire sur la plaque commémorative en anglais installée par les autorités régionales.

C'est ici, à quelque 100 kilomètres au sud de Douchanbé, la capitale de ce pays d'Asie centrale, que les touristes américains Lauren Geoghegan et Jay Austin, le Néérlandais Rene Wokke et le Suisse Markus Hummel ont trouvé la mort le 29 juillet.

Deux autres touristes, un Suisse et un Néerlandais ont été blessés dans la même attaque et un touriste français est sorti indemne. Ces touristes se déplaçaient sur la route du Pamir qui relie le Kirghizstan voisin au nord à la frontière afghane au Sud du Tadjikistan, un itinéraire apprécié des cyclistes pour sa difficulté et ses paysages désertiques.

"Partout dans le monde"

À l'ambassade des États-Unis à Douchanbé, un vélo offert par un étudiant local et une photo de Lauren Geoghegan et Jay Austin font partie d'une petite exposition leur rendant hommage. Le blog tenu par ces deux enthousiastes était très populaire parmi les cyclistes.

"C'était une tragédie", confie Pau Ros, un comptable de 32 ans, originaire de Barcelone, qui s'apprête à faire un tour d'une semaine en vélo sur la route du Pamir avec sa copine Mariona Miranda.

"Cela se passe partout dans le monde maintenant. Mais nous n'allons pas changer de vie parce que c'est exactement ce que ces mauvaises personnes souhaiteraient", souligne-t-il.

Pour rassurer après cet assassinat, les autorités du Tadjikistan ont annoncé la création d'une "police touristique" chargée de "protéger l'ordre public et d'assurer la sécurité et l'accompagnement des touristes".

Cette mesure n'a pourtant pas convaincu un touriste polonais, venu au Tadjikistan pour faire un tour cycliste. Il a choisi de regagner son pays après l'attaque, a affirmé un responsable d'un Bed & Breakfast à Douchanbé.

L'attaque a rapidement été revendiquée par l'EI qui a publié une vidéo montrant cinq hommes, ressemblant à ceux des portraits diffusés par la police tadjike, prêtant allégeance à Abu Bakr al-Baghdadi, chef du groupe terroriste.

 

Dans cette vidéo, cinq jeunes hommes assis sous un arbre, sur fond du drapeau du groupe djihadiste, dénoncent l'"occupation" du Tadjikistan.
Photo: AFP/VNA/CVN


Pour leur part, les autorités tadjikes rejettent cette revendication, le parquet du pays ayant assuré vendredi 3 août que la vidéo "avait pour objectif de détourner les soupçons d'une autre organisation terroriste - le Parti de la renaissance islamique", interdit au Tadjikistan depuis 2015.

Ce parti, qui s'est toujours affiché comme une force d'opposition pacifique, a pourtant rejeté avec véhémence toute implication dans l'attaque. Tout comme l'Iran, accusé par les autorités tadjikes d'avoir entraîné celui qu'elles présentent comme le chef du gang ayant attaqué les touristes, Housseïn Abdoussamadov, 33 ans.

Sa mère, Goultchekhra Chodmonova, assure ignorer s'il a voyagé en Iran, mais dit que son fils parle arabe et travaillait en Russie où des centaines de milliers de Tadjiks ont immigré à la recherche de travail.

"Nous ne savons pas quand il est revenu (au Tadjikistan). La police est juste venue frapper à notre porte pour nous dire qu'il avait commis un crime", a-t-elle raconté.

Des analystes ont mis en doute la version officielle des autorités, mettant en avant la vidéo diffusée par l'EI mais aussi les relations très tendues entre le Tadjikistan et l'Iran ainsi que la répression de l'opposition qui s'est accentuée depuis 2015.

AFP/VNA/CVN

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