21/07/2018 13:00
Depuis quelques années, la soif de consommation des ménages vietnamiens et la facilité d’accès au crédit à la consommation entraînent une forte croissance du secteur, attisant la convoitise des groupes financiers étrangers.
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Les emprunts des Vietnamiens ont fortement augmenté en 2017, au point d’être estimés à plus de 1,1 million de milliards de dôngs au total, soit une hausse de 65% par rapport à 2016. Cette progression a pour effet direct l’implantation au Vietnam de nombreux professionnels du secteur.

Le secteur du crédit à la consommation du Vietnam suscite la convoitise des groupes financiers étrangers.
Photo: Trân Viêt/VNA/CVN

Le pays possède nombre d’atouts encore peu exploités, à commencer par sa situation démographique (93 millions d’habitants) et un exode rural important en raison de la richesse des centres urbains. Cela devrait, à terme, entraîner une multiplication par deux du nombre de personnes riches ou appartenant à la classe moyenne d’ici à 2030.

Souhaitant faire profiter le pays de cette potentielle manne financière, le gouvernement, propriétaire traditionnel des établissements financiers, a procédé à l’ouverture de leurs capitaux à hauteur de 49%. Les Japonais et Sud-Coréens constituent les principaux investisseurs. Ainsi, HDBank a vendu 49% du capital de sa filiale HD Finance au groupe japonais Credit Saison afin de créer la coentreprise HD Saison.

De la même façon, le Sud-Coréen Shinhan Financial Group a annoncé le rachat de la Compagnie financière Prudential Vietnam (PVFC) pour 151 millions de dollars. En avril 2017, le même groupe a racheté le fond de commerce de son homologue australien ANZ, comprenant ses 8 réseaux et agences, tous ses employés et ses 125.000 clients.

Les Vietnamiens empruntent de plus en plus

L’audit 2017 de la Commission nationale de surveillance finan-cière (NFSC) a mis en évidence la progression du taux de crédit accordé à des fins de consommation: de 12,3% en 2016 à 18% en 2017. Dans le détail, les prêts destinés aux achats immobiliers ont occupé la part la plus importante avec 53% des prêts accordés (contre 49,5% en 2016). Les emprunts pour l’achat d’équipements familiaux ont représenté 15,3%, contre 8,3% pour l’achat d’un moyen de transport.

À noter également que les Vietnamiens empruntent aussi dans le cadre de la consommation de services, notamment dans le secteur touristique au sein duquel plusieurs agences de voyages ont déjà conclu des partenariats avec des établissements financiers afin de faciliter l’accès au crédit.

Selon les experts de la NFSC, il y a trois raisons principales expliquant l’explosion du prêt à la consommation. La première est de nature démographique: la population vietnamienne ne cesse d’augmen-ter et se concentre dans les centres urbains, alors que le secteur de la construction peine à suivre le rythme d’arrivée des nouveaux citadins, entraînant ainsi une forte hausse de l’immobilier. La seconde découle des chan-gements rapides des moyens de paiement utilisés par les consommateurs, les espèces se trouvant ainsi remplacées par les services bancaires virtuels. Enfin, la généralisation de l’offre des services de prêts à la consommation permet à une nouvelle frange de la population d’emprunter à taux raisonnable (étudiants, populations rurales).

Crédits limités et encouragés

En 2017, les crédits ont augmenté de 18,17%, essentiellement à destination des secteurs des exporta-tions, des hautes technologies, de l’industrie, de l’agriculture. La Banque d’État du Vietnam vise une croissance de 17% en 2018 à travers la maîtrise de l’inflation, l’amélioration de l’accès au crédit… 

La banque centrale affirme vouloir continuer à contrôler rigoureusement les crédits accordés au secteur immobilier et aux projets dans les infrastructures de transport réalisés par conventions BOT (bâtir, opérer et transférer) et BT (bâtir et transférer).

En revanche, les crédits sont toujours encouragés dans les secteurs prioritaires que sont la restructuration de l’agriculture et le développement de l’aquaculture, les industries auxiliaires, les entreprises d’export, les entreprises de haute technologie et les PME.                       

Thê Linh/CVN
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