30/08/2018 09:51
Le président du Brésil, Michel Temer, a ordonné l'utilisation des forces armées pour "garantir la sécurité" à sa frontière avec le Venezuela, d'où affluent depuis des mois des réfugiés, et déplore une crise qui "affecte toute l'Amérique latine".
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Photo du président brésilien Michel Temer au Planalto Palace à Brasilia, le 29 août, fournie par Agencia Brasil.
Photo: AFP/VNA/CVN

Devant l'ampleur de cette crise et son extension, les initiatives nationales et régionales se multiplient. "Je décrète l'envoi des forces armées pour garantir la loi et l'ordre dans l'État de Roraima (...) du 29 août au 12 septembre", a annoncé mardi 28 août dans la soirée le chef de l'État, "afin de garantir la sécurité des citoyens brésiliens mais aussi des immigrants vénézuéliens qui fuient leur pays".

M. Temer a ajouté que la situation migratoire était "tragique" et "menaçait l'harmonie de quasiment tout le continent". "Ce n'est pas seulement le Brésil qui endure ses conséquences, mais le Pérou, l'Équateur, la Colombie et d'autres pays d'Amérique latine", a-t-il dit lors d'une allocution télévisée.

Situation "tragique"

Frontière entre le Brésil et le Venezuela.
Photo: AFP/VNA/CVN

"Pour cette raison, nous devons trouver de toute urgence un chemin pour changer cette situation", a insisté M. Temer, appelant "la communauté internationale à adopter des mesures diplomatiques" contre l'exode de Vénézuéliens fuyant la crise politique et économique avec de nombreuses pénuries de produits de première nécessité.

Le Brésil a accueilli quelque 60.000 réfugiés du Venezuela à ce jour et le Pérou, qui s'attend à en recevoir un nombre total d'un demi-million, vient de restreindre leur accès à son territoire.

Le chef de l'État brésilien n'a pas précisé combien d'hommes étaient concernés par ce décret pris une dizaine de jours après une explosion de colère contre les migrants dans la localité frontalière de Pacaraima, où une foule d'habitants a chassé des centaines de Vénézuéliens et brûlé leurs biens.


Le ministre de la Défense, Joaquim Silva e Luna, a affirmé ensuite que "les troupes étaient déjà positionnées" à la frontière, tandis que celui de la Sécurité institutionnelle Sergio Etchegoyen indiquait: "Nous avons besoin de discipliner" les flux de migrants.

Le gouvernement vénézuélien a assuré que les migrants allaient "revenir" grâce aux réformes économiques du président Maduro. Selon les Nations unies, sur les 2,3 millions de Vénézuéliens vivant à l'étranger, plus de 1,6 million sont partis depuis 2015. Quelque 90% d'entre eux se sont réfugiés dans les pays de la région.

Cellule de crise

Face à l'ampleur du phénomène, l'ONU a annoncé qu'elle allait mettre en place une cellule de crise régionale. D'ores et déjà, la Colombie et le Pérou ont indiqué qu'ils allaient échanger leurs informations sur les centaines de milliers de migrants du Venezuela qu'ils reçoivent, première étape vers une politique régionale face à l'exode généré par la crise vénézuélienne.

Sur son territoire, le Pérou a décrété l'état d'urgence sanitaire pour 60 jours dans trois districts de la région de Tumbes, à la frontière avec l'Équateur, en raison de l'arrivée massive de migrants vénézuéliens.

La mesure a été adoptée pour cause de "danger imminent d'impact sur la santé" dû à "l'augmentation du flux migratoire international en provenance du nord", indique le décret paru mardi 28 août au journal officiel et signé par le président Martin Vizcarra et le cabinet ministériel.

L'Équateur a avancé au 3 et 4 septembre une réunion régionale sur la vague migratoire vénézuélienne à laquelle sont invités treize pays. La réunion devait initialement se tenir les 17 et 18 septembre, mais il a été décidé de l'avancer en raison de l'urgence de la situation, a déclaré mardi 28 août le ministre équatorien des Affaires étrangères, José Valencia.

AFP/VNA/CVN

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