08/06/2017 14:53
Des efforts diplomatiques impliquant Washington, Paris et Koweït se sont intensifiés pour contenir la crise sans précédent dans le Golfe, qui oppose le Qatar, accusé de soutenir le terrorisme, à l'Arabie saoudite et ses alliés.
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Une Saoudienne près d'un bureau de Qatar Airways à Riyad, le 5 juin.
Photo : AFP/VNA/CVN

Cette crise a donné lieu à une série d'appels téléphoniques des présidents Donald Trump et Emmanuel Macron, et à une tentative de médiation de l'émir du Koweït qui s'est rendu successivement en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Qatar.

Pour l'Arabie et ses alliés, la balle est désormais dans le camp de Doha qui doit "changer de politique" et épouser le consensus régional sur les sujets sensibles des mouvements islamistes radicaux et des liens avec l'Iran chiite, grand rival du royaume saoudien sunnite.

"Nous espérons que nos frères au Qatar prendront maintenant les bonnes mesures pour mettre un terme à cette crise", a souligné le chef de la diplomatie saoudienne Adel al-Jubeir.

Les Émirats arabes unis maintiennent une pression extrême en qualifiant le Qatar de "champion de l'extrémisme et du terrorisme dans la région".

Leur ministre d'État aux Affaires étrangères Anwar Gargash a posé une série de conditions, notamment l'arrêt des programmes "extrémistes" de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera et des mesures contre des représentants de la confrérie des Frères musulmans ayant trouvé refuge à Doha.

Sans parler de "changement de régime" au Qatar, M. Gargash a exigé un "engagement politique" incluant le respect de promesses faites lors d'une première crise en 2014, ainsi qu'une "feuille de route" avec des "mécanismes clairs" de mise en œuvre.

Après avoir soutenu l'isolement du Qatar, le président américain Donald Trump a offert son aide pour désamorcer la crise qui a vu l'Arabie saoudite, les Émirats, l'Égypte, Bahreïn, la Mauritanie et les Maldives rompre leurs relations diplomatiques avec le Qatar et prendre, pour certains d'entre eux, des mesures économiques et aériennes.

Lors d'un entretien téléphonique avec cheikh Tamim, M. Trump a "proposé d'aider les différentes parties à régler leurs différends, y compris à travers une rencontre à la Maison Blanche si nécessaire".

Le président français Emmanuel Macron, lors d'entretiens séparés avec l'émir du Qatar, le président iranien Hassan Rohani et le roi Salmane d'Arabie Saoudite, a "invité toutes les parties" à poursuivre "le dialogue".

Il a rappelé son "attachement à préserver la stabilité dans la région et à lutter sans ambiguïté contre le terrorisme".

Anwar Gargash, le ministre d'État émirati aux Affaires étrangères, lors d'une interview, le 7 juin à Dubaï.
Photo : AFP/VNA/CVN

Créé en 1981, le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe des monarchies pétrolières sunnites contrôlant le tiers des réserves mondiales de brut, comprend l'Arabie saoudite, Bahreïn, le Qatar, les Emirats, le Koweït et Oman. Ces deux derniers pays n'ont pas rompu avec le Qatar.

Rapport sur un piratage

L'émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, s'est rendu mercredi soir 7 juin au Qatar juste après des entretiens aux Émirats et une rencontre la veille avec le souverain saoudien.

Tout en le qualifiant "d'homme sage" et de "figure paternelle" du Golfe, le ministre émirati Anwar Gargash a déclaré que les conditions n'étaient pas encore réunies pour une véritable médiation. "Les conditions doivent débuter avec une déclaration, une volonté, du Qatar".

Mercredi soir 7 juin, le ministère de l'Intérieur à Doha a publié un rapport préliminaire d'enquête sur ce "piratage" qui, selon lui, a commencé en avril, utilisant des "méthodes techniques innovantes" et aboutissant le 24 mai à la publication "d'informations fabriquées". Il n'en a pas identifié les auteurs.

AFP/VNA/CVN



 
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