19/11/2017 20:53
Le Premier ministre libanais Saad Hariri doit quitter Paris dans les prochains jours pour rejoindre Beyrouth, au plus tard mercredi 22 novembre, où il clarifiera sa position après sa démission annoncée le 4 novembre depuis Ryad.
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Le président français Macron cherche à trouver une issue à la crise libanaise ouverte par la démission surprise annoncée à Ryad par le Premier ministre libanais Saad Hariri le 4 novembre. Le Premier ministre libanais est ensuite resté en Arabie saoudite jusqu'à son arrivée, accompagné de son épouse, samedi 18 novembre à Paris où il a été reçu par le président français.

À l'issue d'un entretien et d'un déjeuner, M. Hariri a confirmé qu'il regagnerait Beyrouth dans "les jours prochains et participerai(t) à la fête nationale" le 22 novembre. "Et de là-bas, je ferai connaître ma position, après m'être entretenu avec le président Michel Aoun", a-t-il dit dans une brève déclaration en français. "Vous savez que j'ai présenté ma démission et on en discutera au Liban", a-t-il précisé ensuite en arabe.

L'annonce de sa démission choc avait très rapidement été perçue comme un nouveau bras de fer entre l'Arabie saoudite sunnite, considéré comme un important soutien de M. Hariri, et l'Iran chiite, grand allié du Hezbollah libanais. Le fait qu'il reste en Arabie Saoudite avait soulevé de nombreuses questions. Le président libanais Michel Aoun avait accusé les Saoudiens de le retenir en "otage", ce que l'intéressé a démenti à plusieurs reprises.

Le Premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri s'exprime lors d'un entretien depuis Ryad. Photo : AFP/VNA/CVN

Ancienne puissance mandataire du Liban, la France a joué les médiateurs et M. Macron a invité à Paris M. Hariri et sa famille afin de tenter de sortir de l'impasse. Le président Macron avait précisé qu'il le recevait "en tant que Premier ministre" , sa démission n'étant pour le moment pas reconnue au Liban.

Saad Hariri a salué samedi 18 novembre le rôle de la France, qui "prouve son attachement au Liban et à sa stabilité", et la présidence française a mis l'accent sur sa volonté de "contribuer à apaiser les tensions dans la région".

Réduire les tensions

La venue à Paris de M. Hariri a été "expressément saluée" samedi 18 novembre par le ministère allemand des Affaires étrangères, qui a appelé "toutes les parties à réduire les tensions". Ryad a décidé de rappeler son ambassadeur en Allemagne pour protester contre des déclarations du ministre des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, qui avait laissé entendre que M. Hariri subirait l'influence de Ryad, a annoncé l'agence officielle saoudienne SPA.

"Ces déclarations sont hasardeuses, fondées sur des informations erronées et ne servent pas la stabilité dans la région", a déclaré le ministère saoudien des Affaires étrangères. M. Gabriel avait déclaré lors d'une conférence de presse à Berlin avec son homologue libanais Gebrane Bassil que "le Liban risqu(ait) de retomber dans de graves confrontations politiques et peut-être militaires".

Proche de M. Aoun, Gebrane Bassil a de son côté prévenu qu'en cas d'ingérence étrangère, son pays risquait de connaître le même sort que la Syrie voisine. En annonçant sa démission, M. Hariri avait invoqué la "mainmise" du Hezbollah - membre du gouvernement et soutenu par l'Iran - sur la vie politique au Liban, et des craintes pour sa vie, au moment où Ryad, soutenu par les États-Unis, fulminait contre les ingérences prêtées au rival iranien dans la région.

Détenteur de la nationalité saoudienne, M. Hariri, 47 ans, possède une résidence à Ryad où sa famille est installée. Il a repris le flambeau politique à la mort de son père, Rafic Hariri, un ancien Premier ministre tué dans un attentat à Beyrouth en 2005 pour lequel cinq membres du Hezbollah chiite libanais sont accusés.

AFP/VNA/CVN
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