11/01/2020 15:04
L'Iran a nié catégoriquement vendredi 10 janvier la thèse selon laquelle le Boeing 737 qui s'est écrasé mercredi 8 janvier près de Téhéran aurait été touché par un missile, piste privilégiée par plusieurs pays, notamment le Canada dont nombre de citoyens ont péri dans le crash.
>>Crash en Iran : la France prête à apporter son "expertise"
>>Crash en Iran : la majorité des passagers étaient non-ukrainiens
Les équipes de secours inspectent les débris d'un avion ukrainien qui s'est écrasé près de Téhéran, le 8 janvier 2020. Photo : AFP/VNA/CVN


Citant une "source informée", l'agence de presse iranienne Fars a indiqué vendredi soir 10 janvier que "la cause du crash de l'avion ukrainien sera annoncée" samedi après une réunion de la commission d'enquête "en présence des parties (iraniennes) et étrangères".

Toute spéculation avant cette "annonce officielle" n'est "pas crédible", souligne-t-elle.

La catastrophe, qui a entraîné la mort de 176 personnes --essentiellement des Irano-Canadiens, mais aussi des Afghans, des Britanniques, des Suédois et des Ukrainiens--, est survenue avant l'aube, quelques heures après des tirs de missiles par Téhéran sur des bases utilisées par l'armée américaine en Irak.

Londres et Ottawa ont affirmé que l'aéronef avait sans doute été abattu par un missile iranien, probablement par erreur, et des vidéos difficiles à authentifier circulent sur la toile à l'appui de cette thèse.

"Une chose est sûre, cet avion n'a pas été touché par un missile", a affirmé le président de l'Organisation de l'aviation civile iranienne (CAO), Ali Abedzadeh, à la presse.

Il a mis en garde contre toute spéculation qui ne tiendrait pas compte des résultats de l'analyse des boîtes noires de l'appareil, retrouvées dès mercredi 8 janvier.

Sur Twitter, un conseiller du président Hassan Rohani, Hesamodin Ashena, a exhorté les médias travaillant en persan à l'étranger de ne "pas participer à la guerre psychologique" contre l'Iran dans cette affaire.

Promesse de transparence 

Le vol PS752 de la compagnie Ukraine Airlines International (UAI) s'est écrasé à l'ouest de Téhéran, très vite après son décollage.

Une vidéo d'une vingtaine de secondes, qui montrerait le moment où un missile frappe l'appareil, a été largement diffusée sur les réseaux sociaux. On peut y voir un objet lumineux grimpant rapidement vers le ciel et frappant ce qui semble être un avion.

"Nous avons vu certaines vidéos", a déclaré M. Abedzadeh. "Nous confirmons que l'avion a été en feu pendant 60 à 70 secondes", mais dire "qu'il a été touché par quelque chose ne peut pas être correct sur le plan scientifique".

Alors que les appels à faire la vérité se multiplient, l'Iran promet une enquête "transparente" et de tout faire pour faciliter la tâche des pays comptant des ressortissants dans les victimes, dont l'Ukraine.

En début de soirée, Kiev a annoncé que les experts ukrainiens envoyés en Iran avaient obtenu l'accès aux boîtes noires retrouvées mercredi 8 janvier peu après le crash.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Vadym Prystaïko a souligné que les enquêteurs ukrainiens bénéficiaient de la "coopération entière" de Téhéran.

"Nous prévoyons de commencer prochainement la reconstruction de conversations" qui sont enregistrées dans les boîtes noires, a-t-il dit au cours d'une conférence de presse.

Téhéran --avec qui Ottawa a rompu ses relations en 2012-- a dit aussi attendre l'arrivée d'une équipe canadienne de 10 personnes chargée de "s'occuper des affaires relatives aux victimes canadiennes".

L'Iran a invité Boeing, le constructeur américain de l'avion, à participer à l'enquête, ainsi que les Américains, les Canadiens, les Français et les Suédois à observer les méthodes de travail suivies par les Iraniens dans cette affaire.

Paris peut participer à l'enquête en tant que pays du constructeur des moteurs de l'avion.

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français, qui peut décrypter les boîtes noires, a indiqué avoir "désigné un représentant accrédité pour participer à l'enquête".

L'agence américaine en charge de la sécurité des transports (NTSB) a annoncé que Washington allait aussi y participer, comme son homologue au Canada.

"Peut-être pas intentionnel" 

Capture écran d'une vidéo fournie par Iran Press news agency montrant Ali Abedzadeh président de l'Organisation de l'aviation civile iranienne, lors d'une conférence de presse à Téhéran, le 10 janvier 2020. Photo : AFP/VNA/CVN

"La thèse d'un missile frappant l'avion n'est pas exclue, mais elle n'est pas confirmée non plus", a affirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur Facebook avant que Kiev ne remercie Washington pour les "informations importantes" reçues des États-Unis sur la catastrophe, sans donner plus de détails.

Les États-Unis estiment également que l'appareil a "probablement" été abattu par un missile iranien, a indiqué le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

Celle-ci est la pire connue par l'aviation civile en Iran depuis le drame de l'Airbus d'Iran Air (290 morts) que l'armée américaine avait assuré avoir abattu par erreur en 1988.

"Nous avons des informations de sources multiples" qui "indiquent que l'avion a été abattu par un missile sol-air iranien", avait déclaré jeudi 9 janvier le Premier ministre canadien Justin Trudeau. "Ce n'était peut-être pas intentionnel".

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a estimé qu'il n'y avait "aucune raison de ne pas croire" les informations de plusieurs pays occidentaux soutenant la thèse d'un missile.

Invoquant un "manque de clarté", les autorités suédoises ont suspendu vendredi 10 janvier les vols directs entre la Suède et l'Iran. Le groupe allemand Lufthansa a également annoncé l'annulation de ses vols quotidiens vers Téhéran jusqu'au 20 janvier.
AFP/VNA/CVN
Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
D Free Book et son message de partage des connaissances

La 11e édition du Festival de Huê en 2020 sera inaugurée le 28 août La 11e édition du Festival de Huê en 2020 ouvrira ses portes le 28 août de cette année au lieu du début d'avril comme prévu précédemment en raison de l’évolution complexe de COVID-19, a annoncé le comité d'organisation dudit festival le 20 février.