17/11/2021 17:49
Dans la pizzeria de Wilmington où Joe Biden s'était arrêté en 2019, après avoir lancé sa campagne pour la présidentielle, il n'est plus possible de commander de l'eau gazeuse : le prix est devenu prohibitif pour les clients, assure la direction.
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Gianni Esposito sert une pizza dans son restaurant où Joe Biden est passé en 2019, ici le 12 novembre à Wilmington, dans le Delaware.
Photo : AFP/VNA/CVN

Chez le concessionnaire près duquel le convoi du président américain passe régulièrement, quand ce dernier vient passer le week-end dans la capitale de l'État du Delaware (Nord-Est), il est devenu difficile d'avoir des véhicules en stock, et le prix des voitures d'occasion a explosé.

"Chaque journée apporte son lot de nouveautés. On ne sait pas trop ce qui va se passer dans le secteur ou dans l'économie quand on se réveille le matin", confie Jim Ursomarso, un de ses responsables.

La vague inflationniste qui s'est abattue sur les États-Unis cette année avec la reprise économique touche tout le pays, et Wilmington, le fief politique et familial de Joe Biden, ne fait pas exception.

Ici, à deux heures de la capitale Washington, le démocrate a engrangé sept fois plus de voix que Donald Trump lors de la présidentielle de 2020. Mais les propriétaires de commerces s'inquiètent des hausses des prix et sa cote de popularité est en chute libre depuis cet été.

Le locataire de la Maison Blanche émargeait samedi 13 novembre à 42,8% d'opinions positives, selon la moyenne calculée par le spécialisé FiveThirtyEight - guère mieux que son clivant prédécesseur Donald Trump au même stade de son mandat.

"30, 40, 50% plus cher" 

"Ici, dans le Delaware, on l'adore. Mais le temps passant, il ne nous l'a pas toujours rendu", regrette Serena Kelley Jefferson, co-propriétaire du restaurant Serena's Soulfood, dont la mère avait cuisiné pour Joe Biden.

Elle a récemment dû retirer de son menu les boulettes de crabe, devenues trop chères pour être rentables.

"Je n'ai pas voté pour lui mais je ne lui étais pas aussi opposée que je le suis maintenant", fulmine Candice Gronski, 50 ans, électrice républicaine qui habite en Pennsylvanie, l'État limitrophe.

Serena Kelley Jefferson, co-propriétaire du restaurant Serena's Soulfood, dont la mère avait cuisiné pour M. Biden, ici le 12 novembre à Wilmington, dans le Delaware.
Photo : AFP/VNA/CVN

Une accélération de l'inflation était attendue au redémarrage de l'économie américaine après la paralysie provoquée par le COVID-19, mais les chiffres d'octobre - 6,2% de hausse des prix à la consommation sur douze mois, du jamais vu en 30 ans - ont dépassé les prévisions des économistes, et mis la Maison Blanche dans une position bien difficile.

Le phénomène a d'abord touché les billets d'avion et voitures d'occasion mais de nouvelles données montrent qu'il s'est étendu aux biens de consommation courante et à l'essence, avec des répercussions sur toute l'économie.

"Après la pandémie, c'est ce qui pouvait arriver de pire aux petits commerces, surtout les restaurants", estime Gianni Esposito, qui a régulièrement accueilli Joe Biden dans son restaurant, particulièrement le jour du lancement de sa campagne.

"Maintenant, impossible de trouver assez d'employés. Tout ce qu'on doit acheter est 30, 40, 50% plus cher."

Les investissements menacés 

La résurgence de l'inflation, atone aux États-Unis depuis des années, est due à plusieurs facteurs qui n'auraient peut-être pas existé sans la pandémie.

Le COVID a mis sens dessus dessous les chaînes d'approvisionnement du monde entier et les factures énergétiques se sont alourdies.

Aux États-Unis, les consommateurs ont reçu quantité de liquidités après trois plans de relance consécutifs approuvés par Donald Trump puis Joe Biden.

Mais les commerces n'ont pas pu suivre le rythme, la faute à des difficultés d'embauche liées à la pandémie et aux indemnités de chômage renforcées.

Et la pénurie mondiale de semiconducteurs a ralenti la production de nombreux secteurs industriels dont l'automobile, faisant encore monter les prix.

L'inflation pourrait en outre mettre à mal l'objectif de Joe Biden de faire voter un pharaonique programme de mesures sociales et de lutte contre le changement climatique, dont les détracteurs estiment qu'il alimenterait la hausse des prix.

Le sénateur centriste Joe Manchin, dont le vote est crucial étant donné la courte majorité des démocrates, a ainsi redit ses réserves après les mauvais chiffres d'octobre : "La menace que constitue l'inflation record pour le peuple américain n'est pas +transitoire+ mais est au contraire en train d'empirer."

Mais à Wilmington, tout en remplissant le réservoir de sa voiture d'essence sensiblement plus chère qu'il y a un an, Phil Johnson relativise.

Joe Biden, explique cet employé de 32 ans du secteur financier, "a hérité d'une bonne partie de tout ça quand il a pris ses fonctions en janvier".

"Les aides du plan de relance ne dureront pas éternellement et l'inflation ne pourra pas se maintenir à 6%", estime-t-il.

AFP/VNA/CVN
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