15/04/2021 08:45
La France frôle le cap des 100.000 morts du COVID-19, alors que l'exécutif fait face à de nouveaux contre-temps pour sa "sortie de crise" avec le variant brésilien et le lancement contrarié pour le vaccin de Johnson & Johnson.
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Fortes craintes face au "variant brésilien" du COVID-19, lancement contrarié pour le vaccin de Johnson & Johnson : le gouvernement français fait face mercredi 14 avril à de nouveaux contre-temps pour mettre en oeuvre sa stratégie de "sortie de crise".
Photo : AFP/VNA/CVN

Le gouvernement français a promis mercredi 14 avril un "hommage" aux victimes de l'épidémie, sans donner de date.

"Toutes nos forces sont jetées dans la bataille contre l'épidémie, avec encore une fois, la stratégie de freinage et le développement de la vaccination, mais viendra évidemment ce moment de l'hommage et du deuil pour la Nation", a assuré le porte-parole Gabriel Attal, à l'issue des Conseils de défense et des ministres.

Emmanuel Macron, qui pourrait s'adresser aux Français d'ici la fin du mois selon une source gouvernementale, réunit de nouveau une partie du gouvernement jeudi à 18h00 en vue de la réouverture progressive et sous contrôle des terrasses de cafés et restaurants, ainsi que de certains lieux culturels, envisagée mi-mai.

Mais la situation sanitaire menace l'objectif fixé et le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, s'est refusé à confirmer ce calendrier, indiquant sur BFMTV que le 15 mai faisait seulement "partie des hypothèses".

Pour l'heure, "la troisième vague n'est pas derrière nous" et "le pic des hospitalisations n'a pas encore été atteint, cela signifie que nous avons encore devant nous des jours très difficiles", a prévenu M. Attal.

Le coronavirus a provoqué 99.805 décès en France depuis le début de l'épidémie, selon les chiffres des autorités mercredi soir, l'un des plus lourds bilans européens, et près de 6.000 malades du COVID-19 sont en réanimation, au plus haut depuis la mi-avril 2020.

Suspension des vols du Brésil 

Dans l'urgence, le Premier ministre Jean Castex a annoncé mardi 13 avril la suspension des vols entre le Brésil et la France jusqu'au 19 avril en raison des inquiétudes autour d'un variant, considéré comme plus dangereux, mais encore très minoritaire en France.

Le Premier ministre Jean Castex s'exprime à l'Assemblée nationale le 13 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les deux derniers vols Air France en provenance de Sao Paulo et Rio de Janeiro ont atterri peu avant 07h00 à Roissy.

Selon le ministre de la Santé, Olivier Véran, les contaminations comptaient "80% de variant d'origine britannique" et "un peu moins de 4% des variants brésilien et sud-africain".

Le gouvernement va présenter lundi 12 avril de nouvelles restrictions pour les voyageurs des pays où, à l'instar du Brésil, "un variant particulièrement à risque est dominant" et qui sont confrontés à "une explosion ou une dynamique très forte de l'épidémie", selon M. Attal. Avec de possibles "restrictions supplémentaires pour les déplacements" et "des mesures plus contraignantes à l'isolement".

Pour la Guyane, voisin du Brésil, et les territoires concernés par des variants, le gouvernement n'exclut pas "des mesures supplémentaires".

Pour juguler l'épidémie, le gouvernement compte plus que jamais sur la campagne de vaccination.

Malgré l'annonce de Johnson & Johnson de retarder le déploiement de son sérum unidose, M. Attal a assuré que les 200.000 premières doses déjà arrivées en France seront "distribuées et administrées" comme prévu aux plus de 55 ans.

À propos des doses AstraZeneca, il a répété que les autorités françaises avaient "confiance dans ce vaccin".

Dépression

Dans le même temps, la France va bénéficier d'au moins sept millions de doses de vaccins de plus que prévu au deuxième trimestre, ont annoncé mercredi 14 avril plusieurs membres du gouvernement, conséquence d'une accélération des livraisons de Pfizer/BioNTech à l'Union européenne.

Jusqu'à présent, une personne majeure sur cinq (22,1 %) a reçu une première dose et 7,8 % deux doses. Le gouvernement table sur 20 millions de vaccinés au 15 mai.

L'impact psychologique de la crise et du confinement sur les enfants et les adolescents a été évoqué mercredi 14 avril par Emmanuel Macron au Service de pédopsychiatrie du CHU de Reims. Il y a annoncé la mise en place d'un forfait de dix séances chez un psychologue, prépayées pour les enfants dont la santé psychique est affectée par la crise.

"On voit monter quelques chose qu'on n'avait pas connu au premier confinement, une anxiété et des angoisses chez les plus jeunes qui se sont traduites dans les chiffres", a souligné le chef de l'État, en citant une hausse de 40% des urgences pédiatriques.

Un mal-être qui touche aussi les adultes. Selon Santé publique France, un tiers des Français rapportent encore des états anxieux ou dépressifs.

AFP/VNA/CVN

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