26/05/2021 09:07
Le soleil enfin à l'horizon après tant de mois sombres ? Si elles se poursuivent dans les semaines à venir, la décrue de l'épidémie de COVID-19 et l'accélération de la vaccination peuvent laisser espérer un été apaisé, estiment des spécialistes.
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Queue devant le château de Chambord le 23 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

"On peut espérer passer un été tranquille, notamment si l'on réussit à maintenir la décroissance des contaminations pendant encore quelques semaines et à vacciner très largement", a assuré au Monde Simon Cauchemez, modélisateur à l'Institut Pasteur et membre du Conseil scientifique, qui guide le gouvernement français.

Lui et son équipe ont actualisé samedi les modélisations informatiques qu'ils produisent régulièrement pour tenter de prévoir la suite de l'épidémie. Et leurs estimations sont plus optimistes qu'il y a quelques semaines.

"Les trois semaines qui viennent sont capitales", a prévenu sur franceinfo l'épidémiologiste Arnaud Fontanet, également membre de l'Institut Pasteur et du Conseil scientifique.

"Dynamique favorable" 

Après le pic de la troisième vague, tous les indicateurs sont à la baisse depuis fin avril.

Le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes est d'environ 11.000 sur les sept derniers jours, contre plus de 30.000 il y a un mois. Le nombre de malades du COVID hospitalisés (19.430 mardi 25 mai) est repassé samedi 22 mai sous la barre des 20.000, pour la première fois depuis le 27 octobre.

Parmi eux, quelque 3.450 patients sont soignés dans les services de soins critiques, contre près de 6.000 lors de la deuxième quinzaine d'avril.

"C'est une dynamique très favorable dans laquelle on se trouve et qu'il faudrait conserver encore quelques semaines parce que le plus bas on descendra, le mieux on sera positionné pour l'été qui arrive", a commenté le Pr Fontanet, moins d'une semaine après la première phase de réouvertures (terrasses, cinémas, musées...).

Campagne de tests contre le COVID-19 à Bordeaux le 23 mai après une série de cas positifs dans un quartier.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les modélisateurs de Pasteur sont partis de deux hypothèses, l'une plus optimiste que l'autre.

Dans le premier scénario, la baisse de l'épidémie et la vaccination se poursuivent au rythme actuel. Dans ce cas, "on ne s'attend pas à observer cet été de reprise importante de l'épidémie liée au variant" anglais, prévoient-ils.

Le deuxième scénario se base sur une réaugmentation des contaminations après les réouvertures de la semaine dernière. Dans cette configuration, "la situation épidémiologique durant l'été est plus incertaine" et "un rebond épidémique ne pourrait être exclu".

Toutefois, quelle que soit son ampleur, il "resterait plus petit que la troisième vague".

Influenceurs 

"Vu le nombre de  personnes vaccinées, les hôpitaux ne vont pas connaître une quatrième vague de l'intensité qu'on a pu avoir en mars et avril", a rassuré l'épidémiologiste Renaud Piarroux sur BFMTV.

Pour autant, le Pr Fontanet a appelé les Français à poursuivre "leurs efforts" car des incertitudes persistent : "La campagne de vaccination va-t-elle continuer de marcher aussi bien? Que pourrait-il se passer avec des (nouveaux) variants?"

Pour l'instant, 23,7 millions de personnes ont reçu au moins une injection de vaccin (45,2% de la population majeure), dont 9,9 millions en ont eu deux (18,9% de la population majeure).

La vaccination sera officiellement ouverte à tous les majeurs le 31 mai, même si, dans les faits, les conditions en vigueur pour les 18-49 ans (présence de comorbidités, prise de rendez-vous du jour au lendemain et, depuis lundi 24 mai, professions prioritaires) sont déjà largement contournées.

Un jeune se fait vacciner en Corse le 13 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

De son côté, l'Académie de médecine a jugé indispensable de rendre le vaccin obligatoire pour de nombreuses professions et de vacciner enfants et adolescents, seul moyen selon elle d'atteindre "une immunité collective suffisante pour contrôler l'épidémie".

Selon le ministère de la Santé, l'Agence européenne des médicaments "devrait se prononcer (en) fin de semaine" sur une éventuelle autorisation du vaccin de Pfizer/BioNTech chez les 12-16 ans.

Dans la foulée, pour la France, la Haute autorité de santé (HAS) devrait dire si ce vaccin peut être administré aux ados de 16 à 18 ans, voire de 12 à 16 ans.

"La vaccination des adolescents, ce sera un enjeu de la semaine prochaine", a-t-on affirmé au ministère.

Alors que le vaccin de Pfizer/BioNTech est le plus utilisé, des déclarations de trois gros influenceurs sur les réseaux sociaux ont semé le trouble. Ils ont assuré avoir été contactés par une agence de communication pour le dénigrer.

"C'est minable, c'est dangereux, c'est irresponsable et ça ne marche pas", a réagi le ministre de la Santé, Olivier Véran.

"Je ne sais pas d'où ça vient, je ne sais pas si ça vient de France ou de l'étranger", a-t-il poursuivi.

AFP/VNA/CVN
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