03/04/2020 17:18
De nombreux secteurs touchés directement ou indirectement par la pandémie de COVID-19 ont interrompu leurs plans de recrutement tandis que d’autres profitent de cette crise pour renforcer leurs besoins en main-d’œuvre.

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Le tourisme, l’un des secteurs les plus touchés par la pandémie de COVID-19.
Photo : VNA/CVN


"Nous avons mené une enquête de février à mars sur un certain nombre d'entreprises de la ville. En raison de la situation, 73,6% des entreprises interrogées ont constaté des difficultés dans la production et l’activité commerciale. Les secteurs les plus touchés sont la transformation, la fabrication, la vente en gros et au détail, l’entreposage, l’hôtellerie-restauration, les services touristiques, l'éducation et la formation, l’immobilier", a déclaré Trân Lê Thanh Truc, directrice du Centre des prévisions de l’emploi et d'information sur le marché du travail de Hô Chi Minh-Ville.

Selon Mme Nguyên Phuong Mai, PDG de Navigos Search, d’après la base de données du site vietnamworks.com, les domaines touchés directement par le COVID-19 sont la fabrication, le tourisme, l'aviation, l’hôtellerie-restauration, l’éducation et la formation ainsi que l’import-export. La plupart des entreprises ont reporté ou annulé leurs plans de recrutement. "En ce qui concerne les grandes entreprises, elles prévoient de maintenir le personnel pour les six prochains mois, mais pour les petites et moyennes, la suspension des activités est à craindre".

Toujours d’après Mme Phuong Mai, les secteurs indirectement concernés par la pandémie sont les services professionnels, les transports, la banque et la Bourse. "Les entreprises ont suspendu leurs plans de recrutement et sont en attente du contrôle de la pandémie pour reprendre leurs activités".

L’e-commerce a le vent en poupe

Bien que le COVID-19 ait un impact négatif dans de nombreux domaines, il présente de nouvelles opportunités pour certains secteurs, dont celui du e-commerce.

La restriction des lieux publics et l'augmentation des achats en ligne conduisent les entreprises à modifier leurs méthodes de vente. Elles remplacent les points de vente par le développement de plateformes en ligne. Par conséquent, les ressources humaines en e-commerce augmentent. En effet, les offres de recrutement ont augmenté dans le cadre de la grande distribution et de l’agroalimentaire, enregistrant une hausse de 11% par rapport à la même période l'an dernier.
 

Un employé du supermarché Saigon Co.op reçoit une commande à domicile.
Photo : VNA/CVN


Mme Trân Lê Thanh Truc, pour sa part, a déclaré que la demande de main-d’œuvre se concentrerait principalement sur le secteur commercial (l’e-commerce majoritairement), les technologies de l'information (programmation, conception de sites web, jeux en ligne), l’administration, la santé, le marketing, l’industrie pharmaceutique, le transport (notamment le service de livraison).

"Actuellement, toutes les entreprises et les écoles sont obligées d’utiliser la technologie pour maintenir leurs activités avec notamment l'apprentissage en ligne et le télétravail. Les technologies de l'information sont utiles au quotidien dans la majorité des secteurs. Par conséquent, les besoins en ressources humaines ne diminuent pas", a partagé Khuc Trung Kiên, directeur du Programme de formation des programmeurs Fast Track SE.

Les entreprises revoient leur copie

"Dans les six prochains mois, les petites et moyennes entreprises pourraient réduire leurs effectifs ou mettre leurs employés au chômage technique. Les grandes entreprises quant à elles, devront revoir à la baisse leurs politiques sociales ou leurs budgets", a prévu Mme Nguyên Phuong Mai.

Selon Mme Trân Lê Thanh Truc, les grandes entreprises tentent coûte que coûte de maintenir leurs opérations dans la mesure où elles ont encore les moyens de de produire pour deux ou trois mois. Si elles doivent diminuer le besoin en main-d'œuvre, la plupart d’entre elles choisissent de négocier avec les travailleurs pour réduire leur salaire, leur temps de travail ou de les renvoyer chez eux afin qu’une fois la pandémie endiguée, ils puissent revenir au travail immédiatement.

Nguyên Thê Khai, président du Conseil d’administration, directeur général du voyagiste Hoàn My Situé s’est confié sur sa situation : "Nos revenus ont diminué de 95%. Avant l'épidémie, notre chiffre d'affaires était en moyenne d'environ 25 milliards de dôngs par mois. Aujourd’hui, il s’évalue à un milliard de dôngs. Nos activités touristiques piétinent et nos 40 employés sont déjà licenciés. Ce mois-ci, nous devrons nous séparer de 30 autres. Tous les tours vers les États-Unis, le Canada, l’Europe et l’Australie, nos principaux marchés, ont été annulés". À ce jour, il s’est lancé dans une totale restructuration de son entreprise et dans la prospection de nouveaux clients.

Quê Anh/CVN





 

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