15/03/2021 09:48
Le 14 mars 2020 à minuit, restaurants, bars et cinémas fermaient, juste avant la mise sous cloche inédite du pays. Un an après, le gouvernement tente d'éviter un 3e confinement, lançant une évacuation "massive" de patients pour soulager l'Ile-de-France, sous tension.

>>COVID-19 : en Île-de-France, une inquiétude capitale
 

Un patient est transféré vers un hôpital de Bordeaux, le 14 mars à Orly.
Photo : AFP/VNA/CVN


Restos et lieux de culture toujours fermés, couvre-feu à 18h00 en métropole, déplacements vers l'étranger limités, reconfinement localisé le week-end à Dunkerque ou à Nice... Les restrictions en place pour freiner l'épidémie de COVID-19 sont déjà importantes.

Mais même si le nombre de malades hospitalisés s'est stabilisé (autour de 25.000), la pression sur le système sanitaire reste importante, avec une hausse continue des patients en réanimation : plus de 4.100 désormais, dont plus du quart (1.100) en Ile-de-France.

Dans la région capitale, "la situation est inquiétante et on ne s'en cache pas", a relevé le Premier ministre Jean Castex, invité en direct sur le réseau Twitch par le journaliste de France Télévisions Samuel Etienne.

Mais il a une fois de plus martelé que si un confinement "n'est pas exclu", "il faut qu'on utilise toutes les armes à notre disposition pour l'éviter". Car, à l'approche de la date anniversaire du premier confinement national, les Français "en ont marre", a souligné le chef du gouvernement.

Face au risque de saturation en Ile-de-France, l'exécutif veut accélérer les évacuations sanitaires. Après trois personnes samedi 13 mars et trois dimanche 14 mars, six par jour seront évacuées par voie aérienne à partir de lundi 15 mars, a annoncé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal depuis le tarmac de l'aéroport d'Orly d'où un avion sanitaire partait vers Bordeaux.

Opération "chardons" 

Et une "opération plus massive" sera organisée en fin de semaine par TGV médicalisés, a-t-il ajouté, estimant à une centaine au total le nombre d'évacuations sanitaires depuis l'Ile-de-France la semaine prochaine, principalement vers les Pays de la Loire, la Nouvelle Aquitaine et l'Occitanie.

Cette opération "chardons" s'ajoutera aux 175 transferts effectués en France depuis fin janvier, pour un total de 1.000 depuis le début de l'épidémie, a précisé le directeur général de la Santé Jérôme Salomon sur BFMTV.

Saluant les évacuations, le chef des urgences de l'hôpital Avicenne de Bobigny Frédéric Adnet s'est inquiété de leur mise en oeuvre vu les difficultés logistiques et le consentement nécessaire des familles. "Il n'est pas complètement évident qu'on arrive à cet objectif", a-t-il réagi sur BFMTV.

 


Pour d'autres médecins, ces transferts ne sont pas suffisants pour réellement relâcher la pression.

"Ça ne suffira pas. Il faut ralentir la circulation du virus", a ainsi plaidé sur RTL le Pr Rémi Salomon, président de la commission médicale de l'AP-HP (hôpitaux de Paris). "Aujourd'hui nous commençons à chercher les lits, jour après jour c'est l'angoisse pour chercher de la place", a-t-il ajouté, évoquant un risque de "débordement".

L'inquiétude touche aussi les régions d'accueil. "Les capacités du CHU de Bordeaux en terme de réanimation sont relativement limitées car 90% des places sont occupées", a souligné dimanche le Dr Laurent Petit, chef de l'unité de réanimation chirurgicale de l'établissement où sont arrivés deux patients évacués dimanche 14 mars de Seine-et-Marne.

Fermeture des cantines 

Concernant la politique de territorialisation des mesures face à l'épidémie, le président de l'Association des maires de France François Baroin a souhaité dans Le Parisien Dimanche voir confier aux maires le soin de "décider des modalités d'un reconfinement éventuel" ou du "couvre-feu".


À Toulouse, grâce à une "baisse significative" du taux d'incidence, le préfet et le maire ont "décidé de ne pas reconduire la fermeture" de certains lieux en bord de Garonne très prisés des habitants. Interdits au public depuis le 28 février, ils rouvriront donc lundi 15 mars.

Pour éviter un nouveau confinement, l'exécutif mise aussi sur l'accélération de la vaccination.

Plus de 5 millions de personnes ont désormais reçu une première injection, dont plus de 2 millions ces deux dernières semaines, et 2,2 millions ont reçu leurs deux doses.

Mais le gouvernement craint les retards de livraison, notamment du vaccin d'AstraZeneca, dont la responsabilité est "engagée" a jugé dimanche 14 mars la ministre déléguée chargée de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher, se disant "très en colère".

Ce vaccin suscite en plus le doute après sa suspension par plusieurs pays en raison de craintes d'effets secondaires néfastes.

Alors que le Premier ministre espère dépasser les 10 millions de vaccination au 15 avril, un quatrième vaccin, celui de Johnson & Johnson qui a reçu son autorisation cette semaine et qui ne nécessite qu'une dose, devrait participer à la massification de la campagne. L'arrivée des premières doses est prévue à partir de la mi-avril en Europe.

Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a lui martelé dimanche son opposition, en cas de reconfinement, à une fermeture des écoles. "L'école est la dernière chose à fermer", insiste-t-il dans le Parisien, évoquant toutefois l'hypothèse d'une fermeture des cantines.

AFP/VNA/CVN

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