10/05/2020 11:25
La distanciation sociale liée à la pandémie de COVID-19 a de fortes répercussions sur les sportifs habitués à s’entraîner quotidiennement. Un challenge supplémentaire pour ces professionnels.
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Faire du sport chez soi, c’est facile et nécessaire.
Photo : CTV/CVN

La période de distanciation sociale est un vrai défi pour les sportifs, sevrés de compétition et d’entraînement depuis plusieurs semaines.

"Beaucoup de pays dans le monde sont inquiets sur les effets négatifs des reports ou annulations des compétitions. De mauvaises habitudes apparaîtront prochainement sur ces athlètes, en raison du bouleversement de leur calendrier. En particulier, s’ils doivent rester cloîtrés chez eux", a estimé le Docteur Dào Tiên Dung, expert en psychologie du sport de la délégation singapourienne participant aux Jeux olympiques 2016 de Rio de Janeiro, au Brésil.

Se tenir toujours prêts

"Certains sportifs pourraient consommer  d’alcool pour atténuer leur stress. Si par ailleurs, ils ont une alimentation déséquilibrée et conservent un rythme de sommeil irrégulier, ils prendront rapidement du poids. On peut même envisager des cas de dépression", a-t-il exposé.

Pour le boxeur Trân Van Thao, ancien champion d’Asie des poids super-plumes WBC (World boxing council - Conseil mondial de boxe), ce qui est le plus difficile pour lui, c’est le moral. "Si la pandémie de COVID-19 se poursuit, je vais devenir fou. Je pratique un sport de combat. Cependant, je ne peux pas sortir, je dois m’entraîner seul à la maison, sans adversaire… Cela fait trois semaines", a-t-il confié. Avant de continuer : "Tous les tournois nationaux comme internationaux ont été annulés ou reportés. Nous, les sportifs, faisons face à un bouleversement mental, qui pourrait avoir d’importantes répercussions physiques".

Le défenseur central Bùi Tiên Dung et sa femme maintiennent leur entraînement physique tout en respectant les règles de distanciation sociale.
Photo : FBBTD/CVN

Les règles de distanciation sociale imposées par le gouvernement pour endiguer la pandémie ont obligé les sportifs à adapter leur préparation physique et mentale. "Il y a malgré tout différentes façons de surmonter cet obstacle. À la maison, il est possible d’aménager des espaces pour faire de la musculation, de la préparation physique, etc.", a rappelé le Docteur Dào Tiên Dung

Les membres de la sélection nationale de football masculin ont décidé de prendre leur mal en patience et de vivre cette période de distanciation sociale avec le sourire.

Sur sa page facebook, le défenseur central Bùi Tiên Dung a partagé des photos de ses exercices réalisés avec sa femme, sous "la surveillance" de sa petite fille Sushi. Une publication qui a reçu des dizaines de milliers de "J’aime", afin de délivrer au plus grand nombre le message : "Agir ensemble pour lutter contre le COVID-19".

La petite fille Sunny du capitale Quê Ngoc Hai est mise à contribution pour effectuer ses exercices physiques. Photo : CTV/CVN

Pour le capitaine Quê Ngoc Hai, la distanciation sociale rime avec renforcement musculaire. Sa petite fille Sunny est mise à contribution pour effectuer ses exercices physiques. Quê Ngoc Hai et ses coéquipiers sont suivis à distance par leurs coachs, experts et préparateurs afin de se tenir prêts pour les prochains matchs, une fois la pandémie de COVID-19 éradiquée.

Au Pays-Bas, le footballeur vietnamien Doàn Van Hâu et son coéquipier nigérian Chidera Ejuke respectent à la lettre le confinement. Alors, pour s’entraîner, ils font leur footing en gardant une distance de 1,5 m avec les personnes qu’ils croisent. Une vidéo qui a été partagée par le club néerlandais SC Heerenveen sur sa page Twitter.

"Je suis triste parce que je ne peux pas jouer au football. Cependant, je m’entraîne tous les jours pour ne pas perdre la forme et être prêt lorsque la reprise de la compétition aura sonné", a partagé Doàn Van Hâu.

Source d’inspiration

Durant la période de distanciation sociale, le tireur Hoàng Xuân Vinh fait plus d'exercices physiques.
Photo : ST/CVN

Hoàng Xuân Vinh, doyen de la sélection nationale de tir sportif, est l’un des premiers à avoir expérimenté la distanciation sociale. De retour au Vietnam le 11 mars après son stage en République de Corée, son coéquipier Trân Quôc Cuong et lui ont été mis en quarantaine à Bac Ninh (Nord) pendant 14 jours. Par conséquent, ils ont dû redoubler d’ingéniosité pour maintenir leur entraînement physique tout en respectant les règles de distanciation sociale. "Bien que j’aie été obligé de m’entraîner à tirer sans munitions, j’ai fait plus d’exercices physiques. J’ai également pratiqué le Qi Gong et médité deux heures tous les jours", a raconté Xuân Vinh.

En natation, Trân Hung Nguyên et Trân Duy Khôi, deux jeunes éléments de l’équipe nationale, encouragent leurs coéquipiers et amis à participer à un challenge de "push-up", c’est-à-dire de pompes en français. Chaque jour, ils effectuent trois pompes supplémentaires. Ils comptent poursuivre le challenge jusqu’à ce que la pandémie soit éradiquée. Selon eux, lorsqu’on le fait sérieusement et que l’on varie les mouvements, le "push-up" a le potentiel de solliciter presque tous les groupes musculaires et peut aussi bien contribuer à intensifier la force que l’endurance.

Grâce à leur influence, les sportifs de haut niveau transmettent non seulement des messages positifs, mais inspirent également leurs fans à pratiquer quotidiennement une activité physique, et ce, même lorsque la pandémie de COVID-19 sera endiguée.
 
Phuong Nga/CVN
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