20/04/2020 18:26
Présentes dans tous les épicentres de la pandémie, les équipes de dépistage jouent un rôle à la fois, important et dangereux, dans la lutte contre le COVID-19. Une mission encore méconnue du grand public.
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Des médecins du Centre de contrôle des maladies de Hanoï avant leur départ.
Photo : CDC/CVN

19h30. Le Centre de contrôle des maladies (CDC) de Hanoï est en pleine agitation. "Où sont les produits désinfectants ?" "Passez-moi les masques !"

Tous les médecins de l’établissement ainsi que les cinq équipes d’intervention sont appelés pour de nouveaux cas de contamination détectés dans le district de Mê Linh, en banlieue de Hanoï.

"On a habitude ! On doit se déplacer en urgence au moins trois fois par semaine. On travaille souvent la nuit… Aujourd’hui encore je n’ai pas eu le temps de dîner", a partagé Dang Dinh Huân, chef de l’équipe d’intervention N°3 du CDC de Hanoï.

Il y a une dizaine de journées, le village de Ha Lôi dans le district de Mê Linh, en banlieue de Hanoï a totalement été confiné lors du signalement du patient N°243. Depuis, le CDC de la ville a envoyé plusieurs équipes pour mettre en place les mesures sanitaires. Pourtant, le nombre de cas augmente jour après jour et les médecins chargés d’effectuer les dépistages se rendent disponibles en permanence.

Plus de 2.500 habitants de la localité ont dû se soumettre à des tests sanguins dans la nuit du 11 avril. Vers 21h30, les premières personnes sont arrivées au centre de dépistage.

"Le protocole de détection est compliqué et tous les échantillons doivent être envoyés aux laboratoires du CDC le plus vite possible, a fait savoir Không Minh Tuân, directeur adjoint du CDC de Hanoï.

"Les médecins sont les plus vulnérables car ils sont en première ligne… Toutes les règles sanitaires sont scrupuleusement respectées : une faute mineure pourrait entraîner de lourdes conséquences dans le contrôle de la pandémie", a-t-il ajouté.

Sacrifier ses intérêts personnels

Un agent médical contrôle un échantillon du test de dépistage au marché de Nga Tu So, à Hanoï. 
Photo : Huy Hùng/VNA/CVN
Travaillant dans ce secteur depuis sept ans, Truong Thi Thanh Lan, spécialiste du Centre de contrôle des maladies de Hô Chi Minh-Ville (HCDC) n’a jamais été aussi surmenée.

"On doit rencontrer le patient en face-à-face. C'est la seule façon pour nous de vérifier que la déclaration est correcte, ou s'il s'agit d'un mouvement de panique. L'exactitude de ces informations va permettre à tous les intervenants d'être actif contre la propagation de la maladie", a-t-elle exprimé. Elle interrompt son déjeuner pour répondre à l'alerte d'un nouveau cas de contamination dans l'est de la ville. Depuis l’éclatement du COVID-19 dans la mégapole du Sud, tous les experts du HCDC sont mobilisés.

Huynh Thi Hoài Thuong, 27 ans, médecin du Département de l'éducation pour la santé du HCDC, est aussi appelée. Elle s'est souvenue de cette journée où elle s'est rendue au Buddha bar dans le 2e arrondissement - épicentre de la maladie à Hô Chi Minh-Ville.

"Les patients sont majoritairement des étrangers. Je n’ai pas réussi à tous les contacter : certains n'ont pas de numéro de téléphone vietnamien, certains ont déménagé", a-t-elle exprimé.

Le suivi des cas suspects n'est jamais simple. Une faute dans la retranscription des coordonnées, de celles des proches ou dans l’historique des déplacements, peut entraîner des conséquences irréversibles. Les nuits blanches se font de plus en plus fréquentes pour ces médecins.

"Nous ne sommes ni policiers ni inspecteurs, nous n’avons pas le droit d’obliger quelqu’un à tout déclarer. Parfois, il y a des patients qui ne veulent rien déclarer au début, puis qui reviennent pour dire la vérité", a expliqué Hoài Thuong.

"Mes parents sont vieux et souffrent de plusieurs pathologies. Je n’ose pas leur rendre visite, car je fais un métier à risques, a exprimé Thanh Lan. Mon souhait ? Que tout le monde déclare sur l’honneur son état de santé, pour que notre pays endigue cette pandémie dans les plus brefs délais !".
 
Dang Duong/CVN
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