19/07/2021 08:57
Le Premier ministre britannique Boris Johnson, cas contact et à l'isolement, a appelé dimanche 18 juillet à la "prudence" à la veille de la levée des restrictions liées à la pandémie en Angleterre, en pleine flambée des contaminations.
>>Royaume-Uni : le ministre de la Santé démissionne après avoir violé les règles anti-COVID

Le Premier ministre britannique Boris Johnson, le 15 juillet à Coventry.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le COVID-19 a fait plus de 128.600 morts au Royaume-Uni où les contaminations montent en flèche depuis des semaines, avec au total plus de 585.000 cas recensés depuis le 1er juillet. Le pays est le plus touché en Europe en nombre de cas, dépassant le seuil des 50.000 nouvelles contaminations quotidiennes vendredi et samedi.

Boris Johnson a malgré tout assuré dimanche 18 juillet que c'était le "bon moment" pour procéder à cette étape majeure du déconfinement, rebaptisé "Jour de la liberté", tout en appelant la population à la vigilance.

"S'il vous plaît, soyez prudents", a-t-il plaidé dans une vidéo postée sur son compte Twitter dans laquelle il souligne l'"extrême contagiosité" du variant Delta du virus.

Le Premier ministre est contraint de s'isoler jusqu'au 26 juillet après avoir été en contact avec le ministre de la Santé Sajid Javid, qui a annoncé samedi être positif au COVID-19.

Boris Johnson "continuera à mener des réunions avec les ministres à distance", depuis Chequers, la résidence de campagne des chefs de gouvernement, au nord-ouest de Londres, a indiqué le porte-parole de Downing Street.

Ce porte-parole avait indiqué dans un premier temps que Boris Johnson et son ministre des Finances Rishi Sunak, également cas contact, échapperaient à un isolement complet en raison de leur participation à un "programme pilote de dépistages quotidiens" qui "leur permet de continuer à travailler depuis Downing Street".

Toutefois, devant l'indignation provoquée par cette annonce, l'opposition dénonçant un gouvernement "au dessus des lois", Downing Street est revenu en arrière et a finalement annoncé que les deux hommes observeront bien leur période d'isolement.

Keir Starmer, chef du Parti travailliste, a dénoncé sur Twitter un gouvernement en plein "chaos", envoyant des messages contradictoires à la veille de la levée de presque toutes les restrictions restantes en Angleterre, y compris l'obligation de porter le masque ou la distanciation sociale.

Boris Johnson justifie cette étape par le succès d'une campagne de vaccination menée tambour battant depuis décembre - plus de deux tiers des adultes entièrement vaccinés - qui a "fortement affaibli" selon lui le lien entre maladie, hospitalisations et décès, permettant au système public de santé de faire face. Il y a actuellement quelque 550 malades du COVID-19 en soins intensifs contre plus de 4.000 au pic de la seconde vague, en janvier.

À partir de lundi 19 juillet, le télétravail ne sera plus la norme. Les salles de spectacle et les stades rouvriront à pleine capacité, les discothèques pourront de nouveau accueillir du public, le service au bar sera de nouveau possible dans les pubs et le nombre de personnes autorisées à se rassembler ne sera plus limité.

Le masque ne sera plus obligatoire mais recommandé dans les transports et magasins.

"Saper les efforts"

Ce grand relâchement est jugé "imprudent" par l'opposition travailliste, face à la montée des contaminations dues au variant Delta, particulièrement contagieux. Le nombre de contaminations quotidiennes pourrait atteindre 100.000 d'ici quelques semaines, de l'aveu même du ministre de la Santé.

Un groupe d'influents scientifiques internationaux a ainsi appelé vendredi le gouvernement à revenir sur sa décision qui "risque de saper les efforts de contrôle de la pandémie non seulement au Royaume-Uni, mais également dans d'autres pays".

Outre les personnes contaminées, des millions de personnes, cas contact, ont été priées de rester chez elles pendant dix jours.

La pression des milieux économiques monte pour que l'application utilisée par le service public de santé soit révisée en raison du grand nombre de gens contactés, qui fait craindre des pénuries de personnel empêchant certains services de fonctionner. Samedi, une ligne du métro de Londres a dû ainsi être interrompue, faute de personnel suffisant dans la salle de contrôle.

Aux frontières, un assouplissement entre en vigueur lundi pour certaines destinations.

Les personnes entièrement vaccinées au Royaume-Uni et venant de pays classés "orange", parmi lesquels de nombreuses destinations touristiques comme l'Italie ou l'Espagne, n'auront plus besoin d'observer de quarantaine à leur arrivée en Angleterre.

Les arrivées de France devront elles continuer à observer une quarantaine en raison de la "présence persistante" de cas du variant Beta, qui inquiète le gouvernement en raison de sa résistance au vaccin AstraZeneca, massivement utilisé au Royaume-Uni.

AFP/VNA/CVN

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