24/02/2020 09:06
L'Iran est devenu dimanche 23 février le pays où le nouveau coronavirus a fait le plus de morts hors de Chine avec huit décès, poussant plusieurs de ses voisins à fermer leurs frontières ou à interdire les voyages vers et depuis ce pays.

>>Xi Jinping participe à une réunion sur la coordination du contrôle du COVID-19
>>L’épidémie accélère hors de Chine, à une vitesse qui inquiète l’OMS
 

Des Iraniens portant des masques pour se protéger du nouveau coronavirus, à Téhéran, le 23 février. Photo : AFP/VNA/CVN


Ailleurs au Moyen-Orient, la Jordanie a interdit l'entrée à tout non-Jordanien venant de Chine, d'Iran et de République de Corée, alors qu'en Israël, 180 écoliers doivent rester cloîtrés chez eux pendant 14 jours après avoir été en contact avec des touristes sud-coréens ayant contracté le nouveau coronavirus.

L'Iran a été le premier pays du Moyen-Orient à faire état mercredi 19 f
évrier de la mort de patients atteints du virus.


Dimanche 23 février, le ministère de la Santé a annoncé la mort de trois nouveaux patients touchés par la maladie COVID-19, portant à huit le nombre de décès sur un total de 43 cas de contamination.


"Si le nombre de personnes infectées augmente à Téhéran, la ville entière sera mise en quarantaine", a averti Mohsen Hachémi, président du conseil municipal de la capitale, qui compte plus de 8 millions d'habitants.

En guise de "mesure préventive", les autorités ont annoncé la fermeture des écoles et universités, cinémas, théâtres et autres lieux culturels dans 14 des 31 provinces du pays, dont celle de Téhéran.

Les 13 autres provinces concernées sont celles de Qom, Markazi, Gilan, Ardabil, Kermanshah, Qazvin, Zanjan, Mazandaran, Golestan, Hamedan, Alborz, Semnan, Kurdistan. Tous les événements culturels et artistiques ont été interdits pour une semaine.

Frontières fermées 


À Téhéran, où ont été détectés quatre des 15 nouveaux cas annoncés dimanche 23 février, la municipalité a ordonné la fermeture des fontaines à eau et des échoppes vendant des friandises dans le métro. Des affiches ont fleuri incitant les gens à ne pas se serrer la main.


Gholamréza Mohammadi, porte-parole de la mairie, a indiqué que les bus et les rames de métro étaient en train d'être désinfectées. Et le ministre de la Santé, Saïd Namaki, a annoncé la gratuité des soins liés à la maladie.

Les premiers cas et décès en Iran ont été enregistrés dans la ville sainte chiite de Qom, au sud de Téhéran.

Les deux morts à Qom ont été présentés comme des Iraniens d'un âge avancé. La nationalité des autres personnes décédées ou contaminées n'a pas été précisée, ce qui laisse penser qu'elles sont iraniennes.

 


L'annonce des premiers cas en Iran est intervenue deux jours avant la tenue des législatives. Pour expliquer le faible taux de participation (42,57%), les autorités ont évoqué entre autres la maladie du coronavirus.

Après l'Irak voisin, qui a interdit aux Iraniens l'entrée sur son sol et aux Irakiens d'aller en Iran, la Turquie a décidé de fermer "temporairement" sa frontière terrestre avec l'Iran et de suspendre le trafic aérien avec ce pays.

L'Afghanistan a de son côté interdit "temporairement" tout voyage vers ou depuis l'Iran par terre ou air. Le Pakistan a lui aussi fermé sa frontière avec l'Iran. Et l'Arménie a décidé de fermer "pour deux semaines" sa frontière terrestre avec l'Iran et de suspendre les liaisons aériennes avec ce pays.

Des mesures qui ajoutent encore davantage à l'isolement de l'Iran, puissance régionale frappée par de sévères sanctions américaines et plongée dans une violente crise économique.

"La situation en Iran pourrait avoir un impact important sur le Moyen-Orient", région en proie à plusieurs conflits, estime Paul Hunter, professeur de médecine à l'Université East Anglia en Grande-Bretagne.

"Durant les conflits armés, les frontières deviennent poreuses (...) et les infrastructures sanitaires sont souvent prises pour cible ou détruites".

Prévention en Jordanie 

En Jordanie, le gouvernement a décidé d'interdire l'entrée de son territoire à toute personne venant de Chine, d'Iran et de R
épublique de Corée, sauf à ses ressortissants, afin de limiter le risque de propagation.

Dans un communiqué officiel, il a parlé d'une décision "temporaire". "Les Jordaniens qui viennent de ces pays seront placés en quarantaine pendant deux semaines", a-t-il précisé.

Il n'était pas clair dans l'immédiat si les ressortissants chinois, sud-coréens ou iraniens venant de pays autres que la Chine, la 
République de Corée et l'Iran, auraient le droit d'entrer en Jordanie.

Plusieurs cas ont été enregistrés dans la région : 11 aux 
Émirats, un en Israël, un au Liban et un en Égypte. Mais les seuls décès ont été annoncés en Iran.

Le nouveau coronavirus a provoqué la mort de plus de 2.400 personnes, dont seulement 24 hors de Chine continentale, après son apparition dans la ville chinoise de Wuhan en décembre.

En dehors de Chine, plus de 1.500 contaminations ont été recensées.


AFP/VNA/CVN

Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
Centre de l’information et de la bibliothèque Luong Dinh Cua

COVID-19 : Comment s’en sortent-ils les touristes à Hôi An? Étrange spectacle que celui que nous livre la ville de Hôi An ces jours-ci… D’ordinaire archibondée, effervescente, elle est devenue un véritable théâtre d’ombres, peuplé d’autochtones en distanciation sociale, mais aussi de touristes "piégés" par les circonstances.