03/02/2018 16:45
Ils frôlent le sol à près de 400 km/h à bord de petits coucous ultra légers pour slalomer entre des pylônes devant un public médusé : 14 pilotes revisitent la voltige aérienne lors d'un circuit mondial unique en son genre.
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L'acrobate français Mickaël Brageot lors d'une séance d'entraînement avant de participer à la Red Bull Air Race à Lausitzring, en Allemagne en 2017.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Ça va vite, c'est bas, ça fait énormément de bruit, c'est très facile à comprendre, c'est très visuel. La course dure 1 minute, où il faut tout donner. On joue tout pour ça", résume pour l'AFP, le Français Mickaël Brageot engagé sur la nouvelle saison qui démarre ce week-end à Abou Dhabi.

Son terrain de jeu ? Le Red Bull Air Race, un événement créé de toutes pièces en 2003 par le parrain en quête permanente d'événements à sensations. Mission accomplie pour cette compétition aérienne devenue au fil du temps le championnat du monde de course de voltige aérienne, sous label de la Fédération internationale aéronautique (FAI), qui a intégré ce mondial dans son calendrier.

"Nous, on est issus de la voltige aérienne", explique Brageot, multiple médaillé international en voltige et présent depuis 2014 sur le championnat de course de voltige. "Notre discipline est jugée et notée et on est sûr de la performance artistique. Dans le Red Bull Air Race, c'est l'homme et la machine face au chrono, il n'y a que ça qui compte. On se bat contre la montre alors qu'en voltige aérienne c'est de l'artistique, c'est jugé sur la beauté du geste".

Le Tchèque Martin Sonka à l'entraînement en vue de la Red Bull Air Race à Lausitzring, le 15 septembre 2017. Photo : AFP/VNA/CVN

Mal vu

Le principe est simple : l'avion décolle au loin pour se rapprocher à toute vitesse d'un terrain bardé d'obstacles, des pylônes en tissu gonflés d'air et qui se déchirent de façon spectaculaire au moindre accroc. Les pilotes doivent passer entre ces portes - 6 à 8 selon les étapes - sur 2 tours. Chaque tour doit être exécuté en 1 minute. Chaque passage incorrect de porte est sanctionné par des pénalités.

Pour Nicolas Ivanoff, pilote depuis les débuts en 2003, ce championnat du monde est une véritable compétition sportive.

"Le sport est fait pour être spectaculaire. Ça doit être captivant, c'est pour ça qu'on met des tribunes. Si on fait un sport très chiant à regarder ce n'est pas intéressant", raconte l'aviateur français.

"Quand on a commencé ces courses, c'était assez mal vu car comme Red Bull n'était pas autorisé à la vente en France, tout le monde disait que ce n'était qu'un moyen pour vendre ses canettes. Mais grâce à eux, le sport en est là aujourd'hui", poursuit-il.

Le Japonais Yoshihide Muroy fait voltiger son Zivko Edge 540 lors de la dernière journée de la Red Bull Air Race disputée à Budapest, le 2 juillet 2017.
Photo : AFP/VNA/CVN

Plaisir fou

De 2 étapes en 2003, la compétition s'est structurée en championnat du monde en 2005. En 2014 un circuit challenger (2e division) s'est greffé au circuit élite qui, cette année, comprend 8 étapes de février à novembre. L'environnement s'est professionnalisé : les pilotes officient au sein d'une écurie - plus ou moins importante avec mécanicien et tacticien. Tous ont le même avion, qui coûte environ 300.000 euros.

"On a des avions super performants et ça permet de jouer. J'ai fait des années de voltige aérienne en compétition juste pour jouer autour des nuages. C'est un plaisir fou", souligne Ivanoff.

La partie de jeu fait le bonheur d'un public de plus en plus nombreux.

"Au Portugal la saison dernière, il y a eu plus de 600.000 personnes sur les bords de la rivière. C'était gigantesque. Au Japon, où une billetterie avait été mise en place, on a eu 90.000 personnes" relève le directeur sportif, l'Autrichien Clemens Jaeger.

Le championnat n'a pas fini de grandir. Après une étape inédite en France cette saison (Cannes, 21-22 avril), le circuit devrait s'ouvrir prochainement à l'Afrique du Sud et l'Australie.

AFP/VNA/CVN

 
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