09/03/2021 16:33
Le défi italien Luna Rossa tentera à partir de mercredi 10 mars de déposséder les Néo-Zélandais, chez eux à Auckland, de la prestigieuse Coupe de l'America, une "vieille dame" du sport qui, avec ses voiliers futuristes, requiert autant d'ingéniosité technique que de qualités nautiques.
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Les voiliers de Team New Zealand et de Luna Rossa préparent la 36e édition de la Coupe de l'América dans la baie d'Auckland, le 6 mars. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Et c'est là une des raisons de la fascination qu'exerce cette vénérable compétition, retardée de quatre jours en raison du reconfinement ordonné dans la plus grande ville de Nouvelle-Zélande après la découverte de nouveaux cas de COVID-19.

Sa première édition a beau s'être disputée sous les yeux de la reine Victoria il y a 170 ans, en 1851, dans la brise anglaise de l'île de Wight, l'épreuve n'a jamais semblé aussi fringante, avec ces fusées bourrées de technologie qui naviguent sans presque mouiller leur coque.

À l'instar de la majorité des bateaux qui viennent de boucler le Vendée Globe, les AC-75 -des monocoques de 75 pieds (23 m) spécialement conçus pour la Coupe de l'America- sont transpercés de foils, des appendices latéraux qui permettent de soulever le bateau et, en réduisant la résistance de l'eau, de l'emporter bien au-delà de la vitesse du vent.

C'est l'actuel tenant du titre, Team New Zealand, qui fut pionnier dans l'utilisation des foils sur la Coupe de l'America, lors de la préparation de la 34e édition programmée en 2013.

Le concept semblait alors tellement saugrenu que certains affirmèrent en 2012 que les photos du catamaran kiwi avaient été retouchées.

"Comme affronter les All Blacks

Toujours à la pointe du développement technologique, les Néo-Zélandais feront figure de favoris pour s'adjuger la 36e édition au meilleur des treize manches.

Le Team New Zealand navigue au arge d'Auckland pour une séance d'entraînement, le 11 décembre 2020, en vue de sa participation à la Coupe de l'America.
Photo : AFP/VNA/CVN
Longtemps chasse gardée des Américains (28 victoires sur 29 possibles entre 1851 et 1992), la Coupe de l'America ne s'est réellement mondialisée qu'au cours des trois dernières décennies.

Depuis, les Kiwis ont six fois sur sept été en finale, soulevant trois fois l'aiguière d'argent (1995, 2000 et 2017).

Team New Zealand a encore dominé fin décembre les régates préparatoires, son voilier "Te Rehutai" se montrant supérieur dans toutes les conditions de vent.

À en croire l'un des deux barreurs de Luna Rossa, l'Australien Jimmy Spithill, les Kiwis sont tout simplement la meilleure équipe du monde.

"Aller se mesurer à Team New Zealand sur leur plan d'eau, c'est la même chose que pour un rugbyman d'affronter les All Blacks en finale de Coupe du monde à l'Eden Park", avance l'Australien.

"C'est un privilège incroyable".

La vérité d'un jour 

Luna Rossa a avancé sans se faire remarquer, après avoir été dominé lors des premières régates, sans enjeu, par Ineos Team UK et American Magic.

Mais le défi italien n'a cessé de progresser pour couler 4-0 les Américains en demi-finale de la Prada Cup, avant de torpiller les Britanniques 7-1 lors de la finale de cette compétition destinée à déterminer le challenger de Team New Zealand.

Le capitaine de Luna Rossa, James Spithill, et son équipage célèbrent leur victoire dans la coupe Prada, challenger Series de la Coupe de l'America, le 21 février à Auckland.
Photo : AFP/VNA/CVN

Voilà deux mois que Luna Rossa vit sous la menace d'être renvoyé à son ponton méditerranéen en cas de faux pas. Et pour Spithill, cette pression vaut toutes les préparations, alors que Team New Zealand sait depuis quatre ans et son triomphe aux Bermudes qu'il la disputera, la Coupe de l'America.

"Nous avons eu de vraies régates, voilà la différence. Il y avait eu le risque de passer à la trappe", observe l'Australien. "Eux, ils ont dû s'entraîner seuls".

On dit Luna Rossa plus fort dans les vents faibles, mais Team New Zealand plus homogène.

Mais rien n'est figé avec ces AC-75 auxquels marins et techniciens ne cessent d'apporter des améliorations, y compris entre les manches.

Ce qui fait que la vérité d'un jour n'est pas celle du lendemain, d'autant que les équipages progressent aussi constamment dans la maîtrise de leur délicat engin à ses différentes allures.

Vétéran de la Volvo Ocean Race et patron de la société Navico qui fabrique des systèmes de navigation utilisés par certains équipages, le Norvégien Knut Frostad pense que les Kiwis ont un avantage.

"Mais rien n'est sûr", assure-t-il. "Avec les AC-75, les gains potentiels en cas de percée technologique sont tels que n'importe quelle équipe peut encore faire bouger les lignes, même après la première manche".

En 170 ans, la Coupe n'a été remportée qu'une fois par une équipe europénne, le syndicat suisse Alinghi en 2003.

Pour les Italiens, le défi est immense.

AFP/VNA/CVN

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