28/06/2018 18:09
Parmi leurs cibles, ils évoquaient des islamistes sortant de prison ou des mosquées radicales: dix proches d'un groupe d'ultradroite ont été mis en examen mercredi soir 27 juin à Paris par un juge antiterroriste après quatre jours de garde à vue.
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Domicile du chef présumé du groupe extrémiste AFO à Tonnay-Charente, arrêté le 25 juin.
Photo: AFP/VNA/CVN 

Âgés de 32 à 69 ans, les suspects - neuf hommes et une femme - avaient été interpellés dans toute la France dans la nuit de samedi 23 à dimanche 24 juin, soupçonnés d'appartenir à un groupuscule dont les autorités craignaient "un passage à l'acte violent" aux contours encore "imprécis", selon le parquet de Paris.

Tous ont été mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle", certains étant également mis en cause pour des infractions sur les armes et pour la fabrication et la détention d'engin explosif en relation avec une entreprise terroriste, a appris l'AFP jeudi 28 juin de source judiciaire.

Quatre d'entre eux ont été placés en détention provisoire et deux autres ont été incarcérés dans l'attente d'un débat devant le juge des libertés et de la détention. Le ministère public avait requis 9 mandats de dépôts.

Trente-six armes à feu et des milliers de munitions ont été retrouvées lors de perquisitions chez des suspects, y compris des éléments "entrant dans la fabrication d'explosif de type TATP", avait précisé le parquet mercredi 27 juin dans un communiqué.

Nommé "Action des forces opérationnelles" (AFO), le mouvement de l'ultradroite mis en cause proclame son ambition de lutter contre le "péril islamiste", notamment sur le site "Guerre de France". Il était depuis deux mois dans le viseur de la justice car il "essayait de recruter de nouveaux membres et d'étendre son maillage territorial", avait expliqué mercredi 27 juin le parquet. Le procureur avait donc décidé, le 13 avril, d'ouvrir une enquête pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle". 

Les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont rapidement identifié un programme de formation au combat et des stages de survivalisme ainsi que des réunions pour "définir des objectifs et des actions à mettre en œuvre pour les atteindre", selon le ministère public. Ils avaient surtout établi que des membres "cherchaient à se procurer des armes" et que certains "avaient testé des explosifs et des grenades de confection artisanale".

Une "réunion conspirative" s'était tenue en avril en Bourgogne, avec entraînement au maniement des armes, et des "débuts de repérages" ont été détectés, a ajouté une source proche du dossier. Selon cette source, les suspects ont évoqué l'idée de s'en prendre à des musulmans condamnés dans des dossiers antiterroristes et sortant bientôt de prison, à des mosquées radicales, voire à des femmes voilées ou des supermarchés halal.

Sur la base de ces éléments, le parquet avait ouvert une information judiciaire le 14 juin. Dix jours plus tard, le juge d'instruction ordonnait ce coup de filet, conduisant à deux interpellations en Corse, deux en Charente-Maritime, une dans la Vienne et les autres en région parisienne.
 
AFP/VNA/CVN
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