15/06/2021 10:14
La pollution aux hydrocarbures qui a entraîné la fermeture de plusieurs plages de l'Est de la Corse semblait limitée lundi 14 juin soir, trois jours après la découverte d'un probable dégazage au large d'un navire toujours recherché par les enquêteurs.
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>>En Corse, la pollution aux hydrocarbures s'éloigne des côtes

Des pompiers et des membres de la sécurité civile nettoient la place de Scaffa Rossa à Solaro, le 14 juin.
Photo : AFP/VNA/CVN 

Depuis le repérage de cette pollution vendredi 11 juin lors d'un exercice militaire aérien au large de la Corse, des moyens aériens, maritimes et terrestres ont été engagés pour tenter de nettoyer les résidus d'hydrocarbures, alors que débute la saison touristique sur l'Ile de Beauté. Lundi 14 juin, des hélicoptères ont poursuivi la traque des nappes huileuses en mer.

"Des micro-boulettes, très éparses et de plus en plus fines ont été observées par moyens aériens", a indiqué lundi 14 juin soir la capitaine de frégate Christine Ribbe, porte-parole de la préfecture maritime de Méditerranée. Plusieurs tonnes d'hydrocarbures ont déjà été récupérées dans le week-end.

Lundi 14 juin après-midi, des boulettes d'hydrocarbures ont été retrouvées sur la plage de Favone (Corse-du-Sud) nécessitant sa fermeture par arrêté préfectoral. "Des arrivages légers sur 300 à 400 mètres linéaire" ont été observés, a indiqué lundi 14 juin soir la préfecture.

Quelques kilomètres plus au nord, sur la plage de Solaro, à la limite de Solenzara, station balnéaire de la côte orientale, des boulettes avaient également été signalées dès dimanche soir aux autorités. "Ça ressemble à des petites pierres noires, rien de bien important et imposant. Par contre il y en avait énormément sur la plage", a indiqué lundi 14 juin Ange-Toussaint Gambini, chef de section de la Sécurité civile de Corte.

Les zones polluées étaient quadrillées et interdites d'accès par les gendarmes, notamment l'entrée d'un camping donnant sur la plage. Vers 12h00, tous les résidus avaient été retirés, a annoncé la préfecture de Haute-Corse sur Twitter.

Présent sur les lieux, le préfet François Ravier a annoncé une "surveillance de toutes les plages, au-delà de celle de Solaro sur un linéaire de 30km", rappelant que l'accès aux plages et la baignade étaient interdits dans les communes du sud de la Haute-Corse.

Enquête à Marseille 

Photo fournie par l'Armée de l'Air montrant des hydrocarbures en mer le 12 juin à l'Est de la Corse.
Photo : AFP/VNA/CVN

En mer, la surveillance reste active, au moyen de deux hélicoptères de la sécurité civile et de la gendarmerie, d'un avion de la marine nationale et de cinq bateaux qui devaient être rejoints par un remorqueur d'Ajaccio dans la journée.

"Ce matin nous avons vu des tâches huileuses et des micro-boulettes qui demandent des investigations", avait indiqué à la mi-journée la préfecture maritime.

Une tortue, qui n'était pas polluée mais "fatiguée", a été récupérée dans la zone.

Une enquête a été ouverte par le parquet de Marseille, compétent pour les affaires de pollution maritime sur le littoral méditerranéen français, qui a assuré lundi 14 juin dans un communiqué que tout était "mis en œuvre pour identifier le commandant et la compagnie responsables de cette pollution".

Selon le parquet, "le criblage a permis d’identifier un certain nombre de navires suspects et les vérifications sont en cours".

Samedi sur Twitter, Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse, a demandé de "sanctionner lourdement les auteurs et responsables" de cette pollution.

Dans le passé, plusieurs commandants de bateau ayant procédé à des dégazages sauvages en Méditerranée ont été condamnés. En 2016, la justice avait condamné à une amende de 500.000 euros la Compagnie Tunisienne de Navigation pour un dégazage en Méditerranée, commis en 2009, par l’un de ses ferries. En 2008, le capitaine italien d'un vraquier, qui avait procédé à un dégazage sauvage au sud de Toulon dans les eaux territoriales françaises en 2003, avait même été condamné à six mois de prison avec sursis.

Fin 2018, des plages du Var avaient été lourdement polluées par des hydrocarbures après la collision de deux navires au large de la Corse.


AFP/VNA/CVN
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