20/04/2020 08:20
Les mesures de confinement prises dans plusieurs grands pays occidentaux pour endiguer la pandémie de coronavirus semblaient dimanche 19 avril porter leurs fruits, au point que leur allègement est à l'ordre du jour, avec prudence et à plus ou moins brève échéance.
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Une infirmière en tenue de protection au chevet d'un patient COVID-19 dans l'hôpital Karolinska de Stockholm, le 19 avril. Photo : AFP/VNA/CVN

Première en Europe - continent qui compte près des deux tiers des plus de 164.000 morts de la pandémie - à entamer une opération de lent déconfinement, l'Allemagne doit permettre lundi 20 avril la réouverture de la plupart des magasins d'une surface inférieure à 800 m². 

Avec plus de 135.000 cas officiellement recensés et environ 4.000 décès, la pandémie est en Allemagne "sous contrôle et gérable", a estimé le ministre de la Santé, Jens Spahn.

Ce "succès d'étape" est néanmoins "fragile", a mis en garde la chancelière Angela Merkel, alors qu'Armin Laschet, dirigeant d'une des régions les plus touchées, la Rhénanie du Nord-Westphalie, a averti que "nous ne pourrons pas vivre notre ancienne vie avant longtemps".

"La situation s'améliore

Plusieurs pays, dont la France (près de 20.000 morts), l'Espagne (près de 20.500) et l'Italie (plus de 23.600), ont enregistré des nombres de malades et de décès en baisse, après des semaines de hausse, permettant d'entrevoir, pour les semaines à venir, les premières mesures de déconfinement.

"Nous ne sommes pas sortis de la crise sanitaire", même si "la situation s'améliore progressivement, lentement mais sûrement", a souligné le premier ministre français Edouard Philippe, dont le pays, quatrième au monde le plus touché en termes de morts, après les États-Unis, l'Italie et l'Espagne, envisage un déconfinement progressif à partir du 11 mai.

En Italie, les premières mesures d'allègement ne seront pas prises avant le 3 mai, ont rappelé les autorités, mais peu à peu les entreprises rouvrent, même si c'est de façon partielle et avec un luxe de précautions. "Nous sommes de retour !", a lancé sur son compte Instagram le célèbre glacier romain Giolitti, qui annonce une reprise de ses livraisons mardi 21 avril.

En Espagne, le chef du Centre d'alertes sanitaires Fernando Simon a annoncé que, pour la première fois depuis 22 mars, le bilan des morts quotidiens était passé, avec 410 décès, sous la barre des 500.

La morgue improvisée dans une patinoire de Madrid, qui a symbolisé l'hécatombe qui a endeuillé la capitale espagnole, fermera mercredi 22 avril, et à partir du lundi 27 avril les enfants, strictement enfermés depuis le 14 mars, pourront sortir prendre l'air.

En Norvège, où les autorités estiment "avoir fait passer le virus sous contrôle", les crèches doit rouvrir lundi 20 avril et l'interdiction de séjour dans les résidences secondaires sera levée. Une deuxième étape, à partir du lundi 27 avril, verra la réouverture partielle des collèges, lycées et universités.

"Nous pouvons rouvrir la société petit à petit. Nous ferons cela ensemble, de façon contrôlée et progressivement", a déclaré la Première ministre Erna Solberg.

Aux États-Unis, où un bras de fer oppose le président Trump, ardent défenseur d'une reprise rapide de l'activité économique, à plusieurs gouverneurs démocrates, le gouverneur de l'État de New York, épicentre de l'épidémie dans le pays, a annoncé que la pandémie avait pour le première fois amorcé une courbe "descendante".

"Toutes les indications sont que nous sommes dans une phase descendante", a indiqué Andrew Cuomo, appelant néanmoins à la prudence. "La poursuite de cette baisse dépendra de ce que nous ferons", a souligné M. Cuomo, qui a prolongé récemment les mesures de confinement jusqu'au 15 mai.

Le gouvernement israélien a approuvé l'assouplissement de certaines restrictions à partir de ce dimanche, dans le cadre d'un plan "responsable et progressif".

"Impossible que le virus vienne de chez nous"

La pandémie a fait plus de 164.000 morts dans le monde, dont près des deux tiers en Europe, depuis son apparition en Chine en décembre 2019 dans la ville de Wuhan (Centre), selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles dimanche à la mi-journée.

Les États-Unis, le pays le plus touché tant en nombre de morts (au moins 40.585 selon l'Université Johns Hopkins) que de cas (au moins 742.442), ont mis en cause de façon répétée la Chine pour avoir "dissimulé" le nombre réel de victimes comme la gravité de l'épidémie.

Un homme porte un masque de protection, le 19 avril à Moscou.  
Photo : AFP/VNA/CVN

Dans un nouvel épisode de l'affrontement entre les deux pays et adversaires géopolitiques, le directeur du laboratoire chinois désigné par les médias américains comme une possible source du COVID-19 a démenti : "c'est impossible que ce virus vienne de chez nous", a déclaré dans une interview à la chaîne étatique CGTN, Yuan Zhiming, directeur de l'Institut de virologie de Wuhan, dénonçant des accusations "sans preuves" et "pour tromper les gens".

Selon la plupart des scientifiques, le nouveau coronavirus a probablement été transmis à l'homme par un animal. Un marché de Wuhan a été incriminé car il aurait vendu des animaux sauvages vivants. Mais la présence à quelques kilomètres de là de cet Institut de virologie alimente les spéculations sur une fuite depuis ces installations sensibles.

L'épidémie "aurait pu être arrêtée en Chine avant qu'elle ne commence et elle ne l'a pas été. Et maintenant, le monde entier souffre à cause de cela", a de nouveau vilipendé samedi 18 avril Donal Trump. Et de mettre en garde : "S'ils étaient sciemment responsables, oui, alors il devrait y avoir des conséquences".

Ailleurs dans le monde, le seuil des 2.000 morts a été franchi en Turquie, et celui des mille morts officiellement recensés a été franchi en Afrique, dont les trois quarts en Algérie, en Égypte, au Maroc et en Afrique du Sud.

Les Maliens votaient dimanche 19 avril pour élire leur Parlement, sous la menace du coronavirus, en plus des violences jihadistes. Malgré les mesures d'hygiène mises en place autour du scrutin, marchés, mosquées et transports en commun n'ont pas désempli.

Mais pour l'Organisation mondiale de la santé, la pandémie est loin d'être jugulée, avec des "chiffres constants ou accrus" dans l'Est de l'Europe - où les fêtes de Pâques orthodoxes étaient célébrées ce weekend pour l'essentiel églises fermées - et au Royaume-Uni.

AFP/VNA/CVN

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