29/12/2020 16:15
La vente d'alcool est interdite et le port du masque désormais obligatoire partout en Afrique du Sud, a annoncé, lundi soir 28 décembre, le président Cyril Ramaphosa, alors que le pays vient de dépasser le million de cas de contaminations au coronavirus.
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Des habitants prennnent des masques à Soweto, Johannesbur (Afrique du Sud).
Photo : AFP/VNA/CVN

Le couvre-feu est également élargi, débutant à 21h00 au lieu de 23h00. Jusqu'à 06h00. "Personne ne sera autorisé à être en dehors de son domicile, sauf les personnels de santé" pendant ces heures de la nuit, a précisé le président Cyril Ramaphosalors d'un discours télévisé au ton solennel. Bars et restaurants ne fermeront pas complètement, le président a insisté sur la nécessité de préserver autant que possible une économie déjà très fragilisée lors de la première vague. Mais ces commerces vivront des soirées écourtées, mettant clients et personnel dehors dès 20h00, afin de respecter le nouvel horaire de couvre-feu.

La vitesse des contaminations est "particulièrement alarmante", a insisté le président, dénonçant "un manque extrême de vigilance parmi nous" pendant les fêtes. "Nous avons baissé la garde, nous en payons désormais le prix", a-t-il déclaré, listant les fêtes de fin d'année scolaire - c'est l'été en Afrique du Sud -, les retrouvailles en famille pour Noël, les concerts et services religieux, tous événements qualifiés de "super-contaminants". Pendant 14 jours, tous les rassemblements nombreux, dehors comme dedans, sont interdits, sauf les enterrements limités à 50 personnes et quelques exceptions qui seront détaillés plus tard, a-t-il encore annoncé.

L'interdiction de la vente d'alcool - au moins jusqu'au 15 janvier - vise à réduire le nombre d'admissions à l'hôpital liées à des accidents de la route ou à des violences, notamment familiales, générées par un excès de consommation. L'alcool génère "des comportements à risque" et fait grimper le nombre d'admissions dans les services d'urgence, qui ont mieux à faire en ce moment, a-t-il insisté. "Chaque détente dans nos restrictions" concernant l'alcool s'est traduite par "un nombre accru" d'hospitalisations, a-t-il relevé.

"Blessures par balles, accidents de la route et autres accidents ajoutent inutilement de la pression" sur un personnel soignant et des infrastructures proches de leur limite en termes d'accueil et débordées dans plusieurs provinces. "Les soignants sont épuisés". Plus de 41.000 d'entre eux ont été contaminés depuis le début de la pandémie en mars, a-t-il précisé. Le pays n'est "pas encore arrivé au pic" de cette deuxième vague - avec quand même trois jours record la semaine dernière à plus de 14.000 nouveaux cas positifs par jour. Mais les soignants ne "sont pas loin de craquer, ils risquent de perdre leur vie à cause de nos actions et de notre incapacité à prendre nos responsabilités", a grondé le président.

"À moins que nous n'agissions maintenant, et de manière décisive, les nouvelles contaminations vont largement excéder" celles de la première vague de la pandémie, a encore mis en garde M. Ramaphosa. Dès mars, la vente d'alcool avait été interdite, puis réglementée à divers degrés. Jusqu'à l'annonce du président, il était possible d'acheter de l'alcool seulement entre lundi et jeudi dans la journée. L'Afrique du Sud est devenue dimanche 27 décembre le premier pays africain à dépasser le million de contaminations. Alors qu'une variante plus transmissible du coronavirus est responsable d'une grande majorité des nouveaux cas, le pays de près de 59 millions d'habitants a officiellement comptabilisé 1.004.413 cas positifs et 26.735 morts.

APS/VNA/CVN

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