04/04/2020 15:50
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné vendredi 3 avril le déploiement de centaines de soldats pour "aider" les autorités civiles à Bnei Brak, ville ultra-orthodoxe placée en confinement et considérée comme le cœur de la pandémie de Covid-19 en Israël.
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Un ultra-orthodoxe portant un masque sanitaire à Bnei Brak, en Israël, le 2 avril.
Photo : AFP/VNA/CN

L'État hébreu a officiellement recensé 36 décès dus au nouveau coronavirus et plus de 7.000 cas confirmés dont, selon les médias locaux, la moitié chez les juifs ultra-orthodoxes qui représentent environ 10% de la population du pays.

Le refus de nombreux ultra-orthodoxes de se plier aux mesures de confinement et de distanciation sociale a poussé la police à mener des patrouilles spéciales dans des quartiers religieux, et les autorités à limiter les accès à Bnei Brak, ville de 200.000 habitants majoritairement ultra-orthodoxe, située en banlieue de Tel-Aviv.

"À la suite de restrictions liées au coronavirus et à la lumière de la situation particulière à Bnei Brak, les forces armées israéliennes vont présenter immédiatement une aide civile nécessaire à la municipalité de Bnei Brak afin de lui permettre de remplir ses responsabilités", ont indiqué les services du Premier ministre.

M. Netanyahu - qui s'est placé jeudi à nouveau en confinement volontaire après que son ministre de la Santé, l'ultra-orthodoxe Yaacov Litzman, a été testé positif au nouveau coronavirus - a fait cette déclaration à l'issue de discussions avec des responsables militaires et sécuritaires du pays.

"Non sans risque"

L'armée va déployer à Bnei Brak l'équivalent de deux bataillons, ce qui représente au total entre 800 et 1.000 soldats, a précisé son porte-parole, Jonathan Conricus, assurant que leur mission était "d'assister" les autorités civiles en raison "de l'absence relative de mise en oeuvre des consignes du ministère de la Santé" dans cette ville.

Des policiers israéliens inspectent des véhicules à un poste de contrôle dans la ville de Bnei Brak, en Israël, le 3 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le soldats vont distribuer de la nourriture et des médicaments, aider à l'évacuation de certaines personnes présentant des symptômes du virus et mener une "campagne d'information" car nombre "d'ultra-orthodoxes" ne consultent pas les mêmes médias que le reste de la population, a-t-il ajouté.

Vêtus de vestes orange, gants et masques de protection, la "majorité" des soldats ne sera pas armée, a-t-il souligné. "Un faible pourcentage de commandants sera armé", a toutefois précisé M. Conricus lors d'une conférence en ligne avec un petit groupe de journalistes.

"Nous prévoyons qu'il y aura des malentendus, de la frustration aussi, et peut-être même plus et nous prenons tout cela en considération", a-il ajouté, reconnaissant que la situation sur place était "très délicate" et "non sans risque". Les commandants ont eu un "cours intensif" sur la situation sur place et l'univers des ultra-orthodoxes dans l'espoir de "minimiser" les tensions, a-t-il assuré.

75.000 cas à Bnei Brak ?

Un policier inspecte des véhicules à un poste de contrôle dans la ville de Bnei Brak, en Israël, le 3 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

Selon Ran Saar, directeur de l'organisation Maccabi, qui assure et offre des soins de santé à de nombreux Israéliens, près de 40% de la population de Bnei Brak pourrait être infectée par le nouveau coronavirus, ce qui représenterait près de 75.000 cas.

"Selon différents indicateurs, environ 38% des habitants de Bnei Brak sont malades", a témoigné jeudi M. Saar, devant un comité parlementaire étudiant la réponse du gouvernement à la crise de la pandémie de Covid-19.

Les Israéliens ne peuvent actuellement sortir à plus de 100 mètres de chez eux, hormis pour aller au supermarché, à la pharmacie ou à l'hôpital. Et les autorités estiment que les fêtes de Pessah, la Pâque juive, qui commencent mercredi et s'étirent sur huit jours seront un "tournant" dans la lutte contre le nouveau coronavirus.

Le mois dernier, les autorités avaient interdit les rassemblements pour la fête religieuse de Pourim, mais de nombreux ultra-orthodoxes avaient fait fi de ces restrictions, ce qui a contribué, selon les autorités à propager le virus.

À Bnei Brak, certains ont ces derniers jours non seulement défié les règles sanitaires mais aussi bravé la police, quelques uns étant considérés comme des membres de la "Faction de Jérusalem", un groupe radical farouchement opposé à l'intégration des ultra-orthodoxes dans l'armée.
 
AFP/VNA/CVN
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