07/04/2020 14:54
La France est entrée mardi 7 avril dans sa quatrième semaine de confinement pour lutter contre le coronavirus, mais elle est loin d'être encore au bout de ses peines, avec près de 9.000 morts et en dépit de quelques lueurs d'espoir.
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Une policière contrôle un automobiliste le 6 avril à Nice, après trois semaines de confinement en France. Photo : AFP/VNA/CVN

Après tant de jours d'un confinement inédit sur tout le territoire national, pas question de relâcher les efforts faits jusqu'à présent pour lutter contre l'épidémie, a prévenu lundi soir 6 avril le gouvernement.

Avec les beaux jours qui reviennent et les vacances de Pâques qui ont débuté dans la zone C (Île-de-France et Occitanie), le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a demandé aux préfets "d'examiner au cas par cas" et en lien avec les maires la "nécessité de durcir les mesures", "là où des signes de laisser-aller se feraient jour".

À la Réunion, neuf personnes, dont six membres d'une même famille, se sont ainsi enfuies lundi 6 avril du centre de quatorzaine obligatoire où elles avaient été placées à leur arrivée dans l'île.

"Pas au bout"

"Ce n'est pas terminé, loin de là: nous ne sommes pas au bout de l'ascension épidémique", a souligné le ministre de la Santé Olivier Véran. "Soyons stricts sur le confinement (...) seul moyen de juguler cette épidémie", a martelé de son côté le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy.

Et cela d'autant plus que les premiers signes d'un effet positif de ce confinement apparaissent, notamment dans le Grand Est. Dans cette région, durement frappée, l'élue strasbourgeoise et ancienne ministre Catherine Trautmann (PS) a appelé lundi soir 6 avril à faire de l'Alsace le territoire pilote de "tests à grande échelle" de dépistage du COVID-19 permettant d'envisager le déconfinement.

Le Parlement européen, qui a son siège à Strasbourg, va de son côté accueillir dans les prochains jours un centre de dépistage et un centre de consultations sur le coronavirus.

Pression encore forte

 
Le coronavirus en France
La pression sur les hôpitaux et les Ehpad reste néanmoins très forte. Le ministre de la Santé a annoncé le lancement d'une vaste opération de dépistage dans les Ehpad, dont certains ont été décimés par la maladie. Selon le dernier bilan, au moins 2.417 décès ont été enregistrés depuis le début de l'épidémie dans les maisons de retraite médicalisées et autres établissements médico-sociaux.

Pour les proches, l'absence d'informations est souvent un calvaire. "Équipe de soin avec quatre numéros de portable, ça ne répond pas. Secrétariat médical, ça ne répond pas. Cellule psychologique, ça ne répond pas", s'alarme ainsi Clarisse Marquez auprès de l'AFP. Sa mère, 85 ans, est entrée dans un Ehpad à Paris quelques jours avant le confinement le 17 mars.

Au total, depuis le 1er mars, 8.911 personnes sont mortes en France. 6.494 d'entre elles sont décédées dans les hôpitaux dont 605 en 24 heures, nouveau pire bilan quotidien depuis le début de l'épidémie. L'amélioration notée dimanche sur ce plan n'aura donc pas duré.

En attendant un vaccin éventuel, un essai clinique consistant à transfuser du plasma sanguin de personnes guéries du COVID-19 vers des "patients en phase aiguë de la maladie" doit démarrer ce mardi 7 avril. Le plasma de convalescents, partie liquide du sang qui concentre les anticorps après une maladie, s'est déjà avéré efficace, dans des études à petite échelle, contre d'autres maladies infectieuses comme Ebola ou Sras.

D'autres remèdes continuent de susciter la polémique. Un entrepreneur de la Loire a été placé lundi 6 avril en garde à vue, puis relâché, soupçonné d'avoir proposé de la chloroqunine aux salariés de sa société, bien que n'étant pas médecin.

Un bien convoité

Des masques de protection contre le coronavirus fabriqués par des migrants pour le compte de l'Armée du Salut, le 6 avril. Photo : AFP/VNA/CVN

Cela n'empêche pas la France de poursuivre ses efforts pour s'approvisionner en masques, un bien désormais convoité par l'ensemble de la planète, et ses commandes auprès de fabricants en Chine atteignent désormais près de deux milliards d'exemplaires, a assuré samedi M. Véran. Ils seront tous là d'ici la fin juin, a-t-il promis.

Les élus des grandes villes ont tout de même demandé lundi des réponses rapides et concrètes au gouvernement sur le dépistage des personnels de santé et des Ehpad, les gardes d'enfants ou l'usage des masques de protection.

La région Bourgone-France-Comté s'est de son côté insurgée contre une nouvelle réquisition "sans concertation" par l'État de masques qu'elle avait commandés.

Deux millions de masques destinés à la région ont été "intégralement" réquisitionnés par l'État à leur arrivée, dimanche 5 avril, à l'aéroport de Bâle-Mulhouse, "sans concertation, ni même information préalable", s'est plainte sa présidente socialiste Marie-Guite Dufay. L'épidémie, qui a fait plus de 70.000 morts dans le monde, n'en finit plus de noircir les perspectives économiques.

Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a brossé lundi 6 avril le scénario d'une économie frappée de plein fouet, avec une récession "vraisemblablement très au-delà des -2,2%". "C'est dire l'ampleur du choc économique auquel nous sommes confrontés", a-t-il insisté.

Cela n'a pas empêché la bourse de Paris de terminer lundi en nette hausse (+4,61%), les marchés voulant croire en une accalmie sanitaire.

La période de confinement, prolongée déjà une fois, est prévue pour s'achever mercredi 15 avril. Mais une nouvelle extension semble probable.

Elle aura au moins permis une forte baisse des crimes et délits pendant le mois de mars. Dans ce contexte très particulier, les baisses sont en moyenne de l'ordre de 45% pour la majorité des indicateurs, relève ainsi le ministère de l'Intérieur.

Ce confinement a aussi d'autres conséquences : des associations de défense des travailleuses du sexe, frappées par "une insécurité financière extrême" depuis trois semaines, ont demandé lundi 6 avril à Emmanuel Macron la création d'un fonds d'urgence.

AFP/VNA/CVN

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