12/12/2019 12:49
" sont les leaders ?" De Greta Thunberg qui parle de "tromperie" à Greenpeace "en colère", les appels se sont multipliés mercredi 11 décembre à Madrid pour éviter un échec cinglant des négociations à la COP25, où de jeunes militants se sont fait expulser après avoir exprimé bruyamment leur frustration.

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La Suédoise Greta Thunberg fait un discours à la COP25 à Madrid, le 11 décembre.
                                                       Photo : AFP/VNA/CVN


Des dizaines de jeunes activistes et de militants ont organisé une manifestation surprise devant la salle où des délégations du monde entier sont réunies en plénière. Frappant sur des tasses métalliques, scandant "Justice climatique maintenant" et "Honte, honte, honte", ils voulaient lancer "un message aux riches pays industrialisés" et aux "entreprises polluantes", selon un communiqué.

Ils se sont faits expulser hors du centre de conférence par les services de sécurité. Près de 300 personnes se sont vues retirer leur badge d’accès à cette 25e conférence climat de l’ONU, selon des associations.

Des manifestants ont été repoussés à l’extérieur du bâtiment. Jennifer Morgan, directrice générale de l’ONG Greenpeace, qui les a accompagnés "par solidarité", n’a pas pu rentrer ensuite, a-t-elle raconté.

"Les observateurs jouent un rôle incroyablement important" dans les négociations, mais "si nous ne sommes pas à l’intérieur, nous ne pouvons pas le faire", a-t-elle déploré. Elle en a appelé au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui a plusieurs fois salué le rôle d’aiguillon de la jeunesse.

Plus tôt, cette habituée des négociations climat avait laissé éclater sa colère à la tribune, tout comme la jeune militante suédoise Greta Thunberg.

"Une poignée de pays riches a promis de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de tant de pourcents, d’ici telle ou telle année, ou d’atteindre la neutralité climatique en tant d’années", a déclaré Greta Thunberg, désignée "personnalité de l’année" par le magazine Time.

"Cela semble impressionnant au premier abord, mais même si les intentions sont bonnes, ce n’est pas du leadership, ce n’est pas montrer la voie, c’est une tromperie", a accusé l’adolescente, relevant que des pans entiers d’activité sont exclus des engagements des 
États.

L’accord de Paris de 2015, dont l’objectif est de contenir le réchauffement sous les 2°C, ne couvre pas les émissions des secteurs aériens et maritimes internationaux. Et les marchés carbone, dont des règles sont en cours de négociation, permettent aux 
États de compenser leurs émissions.

"Je participe à ces COP depuis 25 ans et je n’ai jamais vu une telle fracture entre ce qui se passe entre ces murs et ce qui se passe dehors", a dit Jennifer Morgan. "Les solutions sont juste sous nos yeux. Mais où sont les champions? Où sont les leaders ?", a-t-elle lancé sous les applaudissements.

Manque d’ambition 

"Nous vivons des jours sombres (...). Le cœur de l’accord de Paris bat toujours, mais à peine", a poursuivi Jennifer Morgan.

 


Les engagements actuels des États, s’ils étaient respectés, conduiraient à une hausse du mercure d’au moins 3°C. Les quelque 200 États signataires de l’accord de Paris réunis à Madrid sont sous pression pour faire plus et plus vite.

Mais à quatre jours de la fin de la réunion, les signes d’ambition sont faibles. Les négociations techniques des premiers jours n’ont pas vraiment permis d’avancer, certains points de désaccord étant repoussés à plus tard, selon des observateurs.

Pour les jeunes de "Fridays for future", le mouvement de Greta Thunberg, l’éviction des manifestants de l’enceinte de la COP25 marque déjà "l’échec des négociations".

Plutôt que d’agir ainsi, "l’ONU devrait travailler à arriver à un résultat fort à Madrid qui réponde aux attentes des jeunes d’avoir un monde sûr", a réagi Julius Mbatia, un jeune participant kényan de 25 ans.

"Des pays arrivent à trouver des façons habiles pour éviter d’engager de vraies actions", a dénoncé Greta Thunberg, qui a inspiré des millions de jeunes et de moins jeunes à travers le monde, évoquant aussi leur "refus de payer" pour aider les pays déjà frappés par les catastrophes climatiques.

Si les négociations débouchent sur "un résultat faible", "cela enverra un signal terrible au monde", a confirmé Alden Meyer, de l’Union for Concerned Scientists, observateur de longue date des négociations climatiques, lors d’une conférence de presse.

AFP/VNA/CVN

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