10/09/2019 10:32
Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a facilement obtenu lundi soir 9 septembre la confiance des députés, auxquels il a promis d'engager l'Italie dans une "nouvelle ère réformatrice", tout en réclamant un coup de pouce de l'Europe sur les règles budgétaires et l'immigration.
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Le Premier ministre italien Giuseppe Conte prononce son discours de projet politique au Parlement à Rome, le 9 septembre. Photo: AFP/VNA/CVN

Sur les 606 députés ayant voté, 343 ont accordé leur confiance au gouvernement, 263 l'ont refusée et trois se sont abstenus, selon le décompte officiel.

Dans un discours d'une heure et demie, le chef du gouvernement, reconduit à son poste à la tête d'une nouvelle majorité entre le Mouvement 5 Étoiles (anti-système) et le Parti démocrate (centre gauche), a présenté un "projet politique de grande ampleur" pour la législature censée durer jusqu'en 2023.

Il a demandé à la classe politique et aux citoyens plus de modération dans le ton et "plus de sobriété notamment sur les réseaux sociaux" tout en réclamant à ses ministres de la "cohésion et de la loyauté". La vie de la précédente coalition, unissant le M5S et la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini, a été marquée par des disputes, des grossièretés et des polémiques quotidiennes.

Le programme de M. Conte, présenté comme un "pacte politique et social", reprend les grandes lignes de l'accord de majorité conclu entre M5S et PD et entend "faire renaître le pays sous le signe du développement, de l'innovation et de l'équité sociale".

Premier chantier: relancer la croissance d'un pays au bord de la récession, à travers un budget pour 2020 capable d'éviter une hausse automatique de la TVA, "dans un cadre économique international incertain".

Dans ce contexte, M. Conte a jugé qu'il fallait "améliorer le pacte de stabilité" de l'Union européenne, qui impose un déficit sous les 3% du PIB et un endettement sous les 60%. L'Italie est à peu près dans les clous pour le déficit annuel mais ploie sous une dette supérieure à 132% du PIB.

Des règles budgétaires trop rigides "risquent de réduire à néant les efforts importants accomplis pour relancer la croissance potentielle du pays", a argué M. Conte.

"Plus de solidarité" européenne 

Pas sûr que tous les partenaires européens de l'Italie soient d'accord: Sebastian Kurz, ex-chancelier autrichien et chef du parti conservateur ÖVP qui a de bonnes chances de revenir à son poste à l'issue des élections de septembre, a balayé une telle hypothèse: "nous ne sommes pas prêts à payer la dette des Italiens".

M. Conte espère surtout un ballon d'oxygène européen pour les investissements, en particulier ceux permettant "un développement respectueux de l'environnement et équitable sur le plan social".

Le Parlement italien le 9 septembre, lors du discours du Premier ministre Giuseppe Conte. Photo: AFP/VNA/CVN

Au niveau européen, il a appelé à un "vrai projet commun" et proposé l'idée d'une "conférence sur l'avenir de l'Europe" afin que le continent redéfinisse son rôle "dans un monde en pleine transformation".

De l'Europe, M. Conte attend également "plus de solidarité" sur l'immigration avec "des initiatives concrètes" sur un dossier que l'Italie entend désormais "gérer de façon structurelle et plus dans l'urgence".

Pendant son discours, M. Conte a été interrompu par des députés des Frères d'Italie et de la Ligue aux cris de "élections, élections".

Au même moment, devant le parlement, plusieurs centaines de militants de ces partis d'extrême droite manifestaient bruyamment en brandissant des drapeaux tricolores italiens et en faisant pour certains le salut fasciste. Matteo Salvini a fait une incursion de courte durée dans la manifestation, appelant à mener une "opposition sérieuse au milieu du peuple".

Dans son programme, M. Conte a énuméré une longue liste de promesses pour le sud appauvri, pour les jeunes (plus de formation), les familles (plus de places en crèche) et pour les salariés (moins de cotisations sociales).

Il s'est aussi engagé à soutenir les PME et l'innovation, alors que l'Italie est la deuxième puissance industrielle de la zone euro, et à aider l'agriculture bio et les énergies renouvelables.

Après le vote facile à la Chambre des députés, la situation pourrait être un peu plus compliquée mardi soir 10 septembre au Sénat où le gouvernement dispose d'une majorité plus étriquée.
 
AFP/VNA/CVN
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