01/10/2018 23:15
Le président américain Donald Trump a salué lundi 1er octobre un "nouvel accord commercial magnifique" avec le Mexique et le Canada, arraché à la dernière minute dans la nuit de dimanche à lundi pour remplacer un traité de libre-échange crucial pour les économies des trois pays et vieux de près de 25 ans.
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>>Aléna: incertitude sur la conclusion d'un accord entre Ottawa et Washington

Le président américain Donald Trump lors d'un meeting électoral en Virginie occidentale.
Photo: AFP/VNA/CVN

"C'est un super accord pour les trois pays qui résout les défauts et les erreurs de l'Aléna", a encore tweeté le président. Le nouveau texte, selon lui, "ouvre des marchés à nos agriculteurs et notre industrie et réduit les barrières douanières vers les États-Unis et va rapprocher les trois Grandes Nations...".

M. Trump était à l'origine de la renégociation de l'accord de libre-échange Nord-américain de 1994 (Aléna) qu'il jugeait désastreux pour l'économie américaine, estimant qu'il avait fait perdre des millions d'emplois au secteur manufacturier américain et en particulier l'automobile.

Le locataire de la Maison Blanche a annoncé sur Twitter la tenue d'une conférence de presse à 11h00 lundi 1er octobre(15h00 GMT) sur le nouvel accord, l'AEUMC.

Le Canada et les États-Unis ont annoncé dimanche soir 30 septembre, une demi-heure seulement avant l'expiration de l'ultimatum fixé par Washington, "un accord de principe, de concert avec le Mexique" pour réformer le traité de libre-échange qui lie 500 millions de Nord-Américains.

"Le Canada et les États-Unis sont parvenus à un accord de principe, de concert avec le Mexique, sur un nouvel accord commercial moderne et adapté aux réalités du XXIe siècle", ont annoncé la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et le représentant américain au Commerce (USTR), Robert Lighthizer.

L'Aléna devient "l'Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC)", "un accord commercial de grande qualité qui donnera lieu à des marchés plus libres, à un commerce plus équitable et à une croissance économique solide dans notre région", ont déclaré Ottawa et Washington dans un communiqué conjoint.

"L'accord renforcera la classe moyenne et créera de bons emplois bien rémunérés ainsi que de nouvelles opportunités pour près de 500 millions de personnes qui vivent en Amérique du Nord", ont assuré Mme Freeland et M. Lighthizer.

Les producteurs laitiers canadiens ont vivement dénoncé lundi 1er octobre le nouvel accord qui ouvre un peu plus leur secteur à la concurrence étrangère.

"Nous ne voyons pas comment cet accord peut être bon pour les 220.000 familles canadiennes qui dépendent de l'industrie laitière pour gagner leur vie", a souligné Pierre Lampron, président de l'Association représentant les producteurs canadiens dans un communiqué.

Leurs équipes menaient un marathon de négociations depuis début septembre, après avoir entamé les discussions sur une refonte de l'Aléna, imposée par le président américain, il y a plus d'un an.

Chapitre sur l'environnement

Le gouvernement du Premier ministre canadien Justin Trudeau a accepté d'assouplir son marché laitier pour les producteurs américains, en échange notamment du maintien du système d'arbitrage des litiges commerciaux. Le gouvernement fédéral "va payer les producteurs laitiers canadiens pour toutes les pertes liées", a affirmé à l'AFP un haut responsable canadien.


Washington et Ottawa se sont également mis d'accord pour que le nouveau traité commercial contienne un chapitre sur l'environnement, une première depuis la création de l'Aléna en 1994, et conserve l'exception culturelle canadienne chère au gouvernement Trudeau.

Le système des règles d'origines en matière de production automobile évolue peu. 2,6 millions de véhicules assemblés au Canada sont exemptés de douanes américaines.

En revanche, les lourds droits de douane imposés à l'acier et à l'aluminium canadiens --parmi d'autres-- par un président Trump soucieux de protéger la sidérurgie américaine restent en place pour le moment, malgré la colère d'Ottawa.

Les discussions, à distance cette fois, s'étaient intensifiées lors de l'ultime week-end, entre les équipes de la diplomate canadienne et de l'USTR. Washington et Mexico s'étaient entendus sur les termes d'un nouvel Aléna fin août, ce qui avait accru la pression sur les épaules du Premier ministre Justin Trudeau. Le chef de gouvernement libéral jouait gros un an avant des élections législatives incertaines.

Bonne journée pour le Canada

M. Trudeau a lancé: "C'est une bonne journée pour le Canada" dimanche soir 30 septembre. Mexico a rapidement salué l'accord trouvé entre Ottawa et Washington: "Nous célébrons l'accord trilatéral. Il ferme la porte à la fragmentation commerciale de la région", a réagi Jesus Seade, le conseiller économique du président-élu mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador. L'Union européenne a réagi prudemment en attendant de savoir exactement ce que contenait l'accord dont elle a "salué" la conclusion.


Plusieurs dates-butoir étaient déjà passées sans conclusion. Cette percée est intervenue quelques heures avant que quelque 8 millions de Québécois se rendent aux urnes, pour une élection législative provinciale à risque pour la famille politique de M. Trudeau. Le Québec produit environ les trois quarts du lait canadien.

Le texte de l'accord conclu dimanche soir 30 septembre a été soumis au Congrès américain dès sa conclusion. Cela permet de respecter un délai de 60 jours imposé par la loi avant la signature du document à la toute fin novembre par le président Donald Trump, le Premier ministre Justin Trudeau et le président mexicain sortant Enrique Peña Nieto. Le nouvel accord commercial, même signé, doit être ratifié par les Parlements américain, canadien et mexicain pour entrer en application.


AFP/VNA/CVN

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