24/06/2017 00:23
Les dirigeants des 28 États membres de l'UE s'attaquent vendredi 23 juin à Bruxelles à l'épineuse question du commerce international, qui oppose les défenseurs du libre-échange aux tenants d'une politique commerciale désormais plus protectrice, à commencer par la France.

>>UE : vers la fin du commerce d'ivoire brut
 

Jean-Claude Juncker, président de le Commission européenne (à gauche) et le Donald Tusk, président du Conseil européen, à Bruxelles le 22 juin. Photo : AFP/VNA/CVN


La politique protectionniste prônée par le président américain Donald Trump, la menace grandissante du dumping chinois, ainsi que l'opposition populaire aux traités de libre-échange négociés par l'UE, comme celui avec le Canada (le CETA), a polarisé les positions européennes ces derniers mois.

"La division se fait entre ceux qui veulent d'abord un commerce libre et ceux qui privilégient des règles équitables", résume un diplomate européen.

Le président français Emmanuel Macron, qui participe à son premier sommet européen, a défendu à nouveau jeudi 22 juin à Bruxelles une "Europe qui protège" les citoyens face à la mondialisation.

"Je ne suis absolument pas favorable à quelque protectionnisme que ce soit, mais je suis un défenseur de la juste protection", a plaidé M. Macron.

L'une de ses propositions, inscrite à l'agenda du sommet, divise particulièrement les États membres : la mise en place "au niveau européen" d'un "instrument de contrôle des investissements étrangers en Europe".

Une telle mesure ciblerait tout particulièrement les investisseurs chinois, dont l'appétit pour les entreprises industrielles de pointe européennes, notamment allemandes, a beaucoup inquiété ces dernières années.

Par leurs prises de contrôle, les firmes chinoises, parfois publiques, sont accusées de s'offrir à moindre coût et de manière déloyale une expertise et des technologies clés.

Ainsi, en 2016, l'Allemagne et l'Union européenne (UE) n'avaient pu que constater, impuissantes, le transfert de technologies "made in Germany" lors de la reprise du fabricant allemand de machines-outils Kuka par le géant chinois de l'électroménager Midea, pour 4,6 milliards d'euros.

Sensible politiquement

Selon un projet de conclusions du sommet consulté par l'AFP, la Commission va être invitée à examiner "les besoins" de l'UE en la matière, mais les 28 ne "reviendront sur la question" que lors d'une future réunion.

Plusieurs pays y sont en effet vivement opposés, soit parce qu'ils ont besoin des investissements étrangers pour leur économie (Grèce, Portugal), soit parce qu'ils sont attachés à l'ouverture des marchés (pays nordiques).

C'est une question "très sensible politiquement", avait concédé mardi 20 juin la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, qui défend une UE ouverte et libre-échangiste, surtout face au protectionnisme américain. "Nous ne voulons pas entraver l'investissement" qui "a été bon pour l'Europe", avait argué Mme Malmström.

Toujours selon le projet de conclusions du sommet, les dirigeants européens appelleront vendredi 23 juin à défendre "un commerce ouvert et multilatéral, avec un rôle central pour l'Organisation mondiale du commerce (OMC)", et à "combattre le protectionnisme".

Ils demanderont aussi de renforcer, "si nécessaire", les instruments de défense commerciale de l'UE, pour lui permettre de répondre aux pratiques "injustes et discriminatoires" des pays tiers.

"La modernisation de nos instruments en matière commerciale (est) quelque chose à laquelle je tiens beaucoup", a insisté Emmanuel Macron jeudi 22 juin.

La Commission européenne, compétente au nom des 28 en matière commerciale, a déjà entrepris depuis plusieurs mois une refonte de sa législation, notamment pour lutter contre le dumping chinois sur les matières premières.

Les nouveaux textes prévoient un mode de calcul modernisé des droits antidumping et permettront de sanctionner plus lourdement les pratiques abusives.

Les 28 devraient enfin s'entendre sur un appel à poursuivre les négociations entamées notamment avec l'Amérique latine ou le Japon en vue d'accords de libre-échange ambitieux.

Au nom d'une Europe "plus sociale", la France est également en pointe sur la réforme controversée de la directive travailleurs détachés - présentée en mars 2016 par la Commission européenne -, que Paris souhaite encore durcir au risque de braquer ses partenaires de l'Est, très réticents à tout changement.

M. Macron doit d'ailleurs rencontrer vendredi matin les dirigeants du Groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie), hostiles à la position française.

AFP/VNA/CVN

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