20/05/2019 17:47
Les entreprises de l'UE sont "prises entre deux feux" avec le conflit commercial sino-américain, qui nuit à l'environnement économique et aux exportations vers les États-Unis, estime lundi 20 mai la Chambre de Commerce européenne en Chine.
L'affrontement entre Pékin et Washington ne profite pas par ricochet aux entrepreneurs européens, contrairement ce que certains auraient pu espérer à l'orée du différend l'an dernier, selon les résultats de l'étude de confiance annuelle de la Chambre de Commerce européenne auprès de ses membres.


"À présent, les tensions commerciales sont perçues comme un facteur d'incertitude supplémentaire pour l'environnement des affaires", observe Charlotte Roule, vice-présidente de la Chambre, en présentant l'étude à la presse. "De l'avis de nos membres, les tensions commerciales ne sont pas bonnes pour les affaires", a-t-elle ajouté.


Selon l'enquête, à laquelle 585 entreprises ont répondu, le conflit commercial arrive en tête des préoccupations des Européens en Chine (23%), après le ralentissement économique chinois (45%), celui de la croissance mondiale (27%) et la hausse du coût du travail dans le pays (23%).

Hausse des droits de douane

L'étude a été réalisée en janvier, au moment où les tensions commerciales trans-Pacifique marquaient le pas. Elles ont repris de plus belle début mai avec l'imposition réciproque de nouveaux droits de douane plus élevés. Mais, dès le début de l'année, un quart des entreprises européennes implantées en Chine disaient déjà souffrir de la hausse des droits de douane pratiqués par Washington sur les produits chinois.

Nombre d'entreprises européennes fabriquent en Chine des produits qu'elles exportent ensuite dans le monde entier. Un petit nombre (6%) avaient d'ores et déjà délocalisé afin de contourner les sanctions américaines, ou bien envisageaient de le faire, principalement ailleurs en Asie ou en Europe.


"Les questions de fond qui sous-tendent la guerre commerciale doivent obtenir une réponse, que ce soit en termes d'accès au marché, de blocages administratifs, de réforme des entreprises publiques ou encore de transferts forcés de technologie", souligne Mme Roule.

Sur ce dernier point, 20% des entreprises sondées se plaignent de se voir imposer des transferts au profit d'un partenaire chinois, soit le double du pourcentage calculé il y a deux ans (10%). Malgré les obstacles, la Chine reste l'une des trois premières destinations mondiales pour les investissements futurs de 62% des entreprises sondées, un chiffre en légère hausse par rapport à l'an dernier. Et, 56% des sociétés européennes prévoient de développer leurs activités dans le pays cette année.


APS/VNA/CVN

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