30/05/2021 09:45
Les lancements des collections de la Fashion Week à New York, Londres, Milan et Paris en 2020 ont tous été éclipsés par le "grand ennemi". De l’annulation des défilés au ralentissement des affaires, le COVID-19 a provoqué des perturbations majeures dans ce secteur.
>>À Paris, un défilé "drive in" pour célébrer la "nuit qu'on a oubliée"
>>Quelle Fashion week ? Les mannequins déboussolées après un an de COVID-19

Le masque, le nouvel accessoire de mode.
Photo : USAnews/CVN

De New York, Londres, Milan à Paris, les masques sont devenus l’ac-cessoire le plus important des invités pendant cette crise sanitaire. Il s’agit du début d’innombrables changements des tendances mondiales de la mode. La Fashion Week de New York a débuté le jour où les projecteurs du monde entier se sont tournés vers la Chine : "Plus de 500 morts à Wuhan, ville chinoise". Cette conjoncture alarmante a incité les marques chinoises à annuler leurs défilés. Un millier d’invités célèbres, d’éditeurs et de revendeurs étaient absents.

Trois semaines après le début des défilés de mode à New York, l’atmosphère d’angoisse autour du COVID-19 s’est intensifiée à la Fashion Week de Milan. Giorgio Armani a décidé d’annuler la présentation de sa collection automne-hiver 2020/21. La solution alternative de la marque fut de diffuser le défilé en direct dans un auditorium sans aucun public.

Quant à la Fashion Week parisienne, la plupart des grandes performances en France se sont déroulées selon le plan initial. Et le lancement des produits de Louis Vuitton a été organisé le dernier jour (4 mars) de la Fashion Week automne-hiver 2020. Michael Burke, Pdg de la marque, a confirmé à Women’s Wear Daily : "Les invités chinois ne sont pas venus, les autres étaient présents".

La haute couture fortement impactée

Le COVID-19 a frappé le secteur de la haute couture de manières variées. La pandémie a commencé en Chine qui représente plus d’un tiers des consommateurs mondiaux de grandes marques. Deux centres importants de la mode dans le monde, la République de Corée et l’Italie, sont devenus des pôles épidémiques majeurs en Asie et en Europe. Le coronavirus s’est rapidement répandu partout. Il a touché le secteur des transports aériens et conduit à une stagnation de l’industrie de la mode quand 40% des ventes de produits de luxe provenaient de touristes internationaux.

La plus grande tendance de la mode 2020 est son application effective dans la vie quotidienne. “Les clients reviennent à des couleurs minimalistes”, a aussi constaté Tiffany Hsu, directrice des achats de Mytheresa Fashion. “Depuis le début de 2020, 25% des tenues des marques de luxe les plus vendues sur les sites de vente en ligne aux États-Unis et au Royaume-Uni sont noires”, a informé Krista Corrigan, analyste de la vente au détail dans la société de suivi des tendances Édité.

Le noir est également très tendance sur les podiums automne-hiver 2020 pour une série de marques telles que Givenchy, Dolce & Gabbana, Oscar de la Renta, Brandon Maxwell, etc.

Priorité aux tissus recyclés

La maladie a non seulement affecté négativement les marques de luxe, mais elle a également mis en évidence la dépendance des produits de milieu et bas de gamme vis-à-vis des lignes de production chinoise. La Fashion Week automne-hiver 2020 regorge de collections qui utilisent principalement des tissus recyclés et naturels telles que celles d’Emporior Armani, Marni, Maison Margiela, Gabriela Hearst, Prada, etc.

De nombreux économistes ont prédit qu’il serait difficile pour les grandes marques de lancer leurs collections la saison prochaine en raison des perturbations des chaînes de production. Comme beaucoup d’autres industries, le secteur de la mode a sacré depuis longtemps la Chine comme étant le plus grand producteur mondial de textile-habillement. En effet, ce pays est une source de produits bon marché et d’autres accessoires de mode tels que le fil à coudre, les boutons, les boucles, etc. "La grande majorité des produits spécialisés sont fabriqués en Chine", a révélé Gary A. Wassner, Pdg de Hilldun Corporation et président d’Interluxe.

La couleur noire domine dans la nouvelle collection de Balenciaga.
Photo : Vogue/CVN

Selon l’ancienne présidente de LVMH (Moët Hennessy Louis Vuitton) Amérique du Nord, Pauline Brown, "les consommateurs sont désormais davantage centrés sur leur santé. Ils n’achètent plus de produits de luxe. Ils choisissent principalement des accessoires et des chaussures confortables pour la vie quotidienne".

Selon le groupe de recherche Euromonitor, le marché mondial des baskets devrait atteindre 178,8 milliards d’USD en 2024, contre 90 milliards en 2014. Daniel Lee de Bottega Veneta est l’un des premiers créateurs de mode à avoir compris ce besoin. En plus de la couleur noire principale, toutes ses robes, tricots pour femmes ou costumes pour hommes, utilisent d’élégantes matières extensibles qui restent confortables en toute circonstance.

Dans le contexte d’inquiétudes croissantes concernant l’épidémie de COVID-19, la créatrice française Marine Serre a rapidement présenté ses masques qu’elle décrit comme "le voile contre la pollution future". De nombreux experts ont fait l’éloge de la créatrice pour son sens pratique et sa perspicacité à appliquer "la mode aux besoins de la vie quotidienne".

Le groupe de vente au détail et de distribution Saks Fifth Avenue et d’autres détaillants américains ont dû, quant à eux, interrompre leurs activités. Ils ont même annulé leur participation à la Fashion Week de Paris. En conséquence, ils ont consulté et traité les commandes via l’application numérique Joor et la salle d’exposition virtuelle de l’Ordre.

Selon les statistiques de Joor, le prix moyen d’une commande lors de cette Fashion Week de Paris est quatre fois supérieur à celui de l’année dernière. De plus, le nombre de produits par commande est trois fois plus important.

Đô Thi Kiêu Chinh/CVN
(Concours "Jeunes Reporters Francophones 2020")
 
Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
Les artistes conjuguent leurs efforts pour préserver le chant xâm