27/01/2019 07:04
Le Vietnam fait partie des pays du monde les plus vulnérables au réchauffement climatique. Il est urgent d’agir ensemble pour protéger durablement les terres concernées, notamment le delta du Mékong.

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Au Vietnam, les effets du réchauffement climatique se manifestent par la multiplication des inondations.
Photo: CTV/CVN

Situé en aval du fleuve, le delta du Mékong est le grenier à riz du Vietnam, l’un des dix plus grands exportateurs mondiaux. Il abrite 17,5 millions de personnes, représente 54% de la production nationale de paddy, 37% de la production de fruits et près de 70% de la production aquacole. Environ 90% du volume de riz destiné à l’exportation proviennent de cette région.

Cependant, les impacts du dérèglement climatique exercent une influence de plus en plus forte sur le delta du Mékong: élévation du niveau de la mer, intrusion d’eau salée, inondations et sécheresse. Les catastrophes naturelles sont graves et fréquentes, provoquant de lourdes pertes, tant matérielles qu’humaines.

Un delta menacé par l’érosion

"L’érosion menace gravement le développement durable dans le delta du Mékong. Il compte 562 zones à risques se répartissant sur une longueur totale de plus de 786 km. Quarante d’entre elles se trouvent dans un état particulièrement alarmant", a fait savoir le ministère de l’Agriculture et du Développement rural.

Les impacts du changement climatique deviennent de plus en plus complexes et de plus en plus fréquents et le delta du Mékong subit une perte de 300 ha de terre par an du fait de l’érosion et de l’ennoyage, la plupart dans les provinces de Cà Mau et Kiên Giang.

"Les mesures contre l’érosion actuellement appliquées dans le delta du Mékong ne sont que des solutions à court terme. Dans une perspective plus longue, elles ne sont pas appropriées", a estimé Lê Anh Tuân, vice-président de l’Institut du changement climatique relevant de l’Université de Cân Tho.

L’érosion menace gravement le développement durable dans le delta du Mékong.
Photo: VNA/CVN

Aux termes du scénario du changement climatique élaboré par le ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement, si le niveau de la mer augmente d’un mètre, entre 19% et 39% environ de la superficie du delta du Mékong se retrouvera sous les eaux. Le niveau de précipitations augmentera fortement durant la saison des pluies et diminuera considérablement en saison sèche. Les canicules accompagnées d’importantes infiltrations d’eaux salées séviront dans la région où la population connaîtra de nombreux problèmes, notamment liés au manque d’eau potable. Par ailleurs, les eaux salées pénètreront de plus en plus profondément dans les terres, rendant peu à peu celles-ci stériles. Le delta du Mékong sera donc l’une des premières victimes du dérèglement climatique, et ce d’autant plus que la plupart de ses habitants vivent de l’agriculture.

Selon les experts, les catastrophes naturelles sont inévitables. Cependant, des solutions existent pour limiter leur nuisance. Concrètement, toutes les provinces du delta du Mékong devraient élaborer une carte de prévision sur laquelle seraient marquées les zones menacées par l’érosion. À long terme, elles devront réviser leurs projets de développement socio-économique, d’urbanisation, de restructuration de l’agriculture, en liant l’ensemble de ces sujets à la lutte contre le changement climatique et l’augmentation du niveau de la mer.

Agir via des actions concrètes

Pour l’heure, les provinces du delta ont elles-mêmes élaboré un scénario de lutte contre le dérèglement climatique et l’augmentation du niveau de la mer. Elles concrétisent ainsi la Résolution 120/NQ-CP, promulguée le 17 novembre 2017 par le gouvernement. Ce texte mentionne de façon exhaustive les mesures visant à mener des transformations à grande échelle et à construire des modèles de développement alternatifs pour la région.

Cette résolution établit une vision d’ici 2100 selon laquelle le delta se développera de manière durable, sûre et prospère sur la base d’une agriculture de haute qualité en combinaison avec les services, le tourisme écologique et l’industrie, en particulier le secteur de transformation des produits agricoles. Les nouvelles infrastructures de cette région seront soigneusement construites en tenant compte de l’évolution de la situation.

"En générale, les politiques concernant la lutte contre le changement climatique sont concordantes et complètes. Cependant, la mise en œuvre de ces politiques a rencontré beaucoup de difficultés du fait de l’ampleur du phénomène et de la complexité de son articulation avec les problèmes quotidiens de la population. La sensibilisation des masses prendra du temps", a souligné Dào Anh Dung, vice-président permanant du Comité populaire de la ville de Cân Tho. Et de continuer: "Par ailleurs, les habitants ne sont pas encore actifs dans la lutte contre le changement climatique. Dans le contexte où ses impacts deviennent de plus en plus complexes, il est nécessaire de coopérer étroitement dans cette bataille. En tant que région du cœur du delta du Mékong, Cân Tho est toujours réactive et prête à collaborer avec les autres provinces pour élaborer un plan d’action unifié et assurer au maximum l’efficacité de ces actions".

Les localités du delta du Mékong ont également mis en place plusieurs programmes d’action ayant trait à la protection de l’environnement et à la restructuration de l’agriculture de sorte que cette dernière s’adapte aux bouleversements du climat. Elles multiplient les modèles d’exploitation de plantes pouvant pousser sur des sols à haute teneur en sel ou dans des eaux saumâtres, consolident et étendent le système de digues, de barrages, réorganisent les saisons de culture, développent des forêts de protection (mangroves notamment), etc.
 
Phuong Nga/CVN
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