15/10/2020 15:38
Israël a approuvé mercredi 14 octobre la construction de plus de 2.000 nouveaux logements dans des colonies en Cisjordanie occupée, premier feu vert de ce type accordé depuis la normalisation des relations mi-septembre entre l'État hébreu et deux pays du Golfe.
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La colonie israélienne d'Har Gilo, en Cisjordanie occupée, le 13 octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le Conseil de planification supérieur de l'administration civile a donné son accord pour la construction de 2.166 logements en Cisjordanie, a indiqué à l'AFP un responsable du ministère israélien de la Défense.

Quelque 560 nouveaux logements vont être construits dans la colonie d'Har Gilo (1.600 habitants), située entre Jérusalem et Bethléem, et quelques centaines d'autres à Beit El à proximité de Ramallah et Efrat près de Bethléem ainsi que dans une dizaine d'autres colonies.

Selon l'organisation israélienne anticolonisation "La Paix maintenant", 2.000 logements supplémentaires devraient être approuvés jeudi 15 octobre dans les colonies, jugées illégales par le droit international.

Ces autorisations mettent fin à une période de huit mois de gel effectif de nouvelles constructions en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Elles surviennent un mois après la signature à Washington d'accords normalisant les relations d'Israël avec les Émirats arabes unis et Bahreïn.

Ces accords ont été dénoncés par les Palestiniens comme une "trahison" de la part de ces deux pays, alors que la résolution du conflit israélo-palestinien était jusque-là considérée comme une condition sine qua non pour une normalisation des relations entre Israël et les États arabes.

Les Émirats et Bahreïn sont les premiers États arabes à reconnaître officiellement Israël après l'Égypte (1979) et la Jordanie (1994), qui avaient signé un traité de paix mettant fin à l'état de guerre avec le voisin israélien.

"Vol" 

Plus de 450.000 Israéliens vivent dans les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, en plein essor ces dernières années sous l'impulsion du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

L'administration Trump, à rebours de la communauté internationale, a décrété en novembre 2019 que ces implantations n'étaient pas contraires au droit international.

Après l'annonce de nouvelles constructions, les Palestiniens ont fustigé une politique qui "va conduire la région au bord du précipice".

Des logements en construction dans la colonie israélienne de Nokdim, en Cisjordanie occupée, le 13 octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le gouvernement israélien "est déterminé à poursuivre sa politique de colonisation, pour voler la terre palestinienne, profitant du silence international, de la normalisation (...) et du soutien aveugle de l'administration Trump", a déploré dans un communiqué Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Cette décision "unilatérale et illégale (...) sape les chances d'une solution à deux États", a aussi réagi Daïfalla Ali Alfayez, porte-parole du ministère des Affaires étrangères jordanien, appelant la communauté internationale à faire pression sur l'État hébreu.

"Priorités" 

Le président américain avait présenté fin janvier son plan pour un règlement au Proche-Orient, prévoyant notamment l'annexion par Israël de la vallée du Jourdain (30% de la Cisjordanie) et des plus de 130 colonies juives, ainsi que la création d'un Etat palestinien sur un territoire amputé.

Dans le cadre de la normalisation, Israël s'est engagé à suspendre son projet d'annexion des territoires palestiniens, selon les monarchies du Golfe. Une concession saluée par les gouvernements européens et certains gouvernements arabes qui voient la normalisation comme un espoir de paix.

Mais M. Netanyahu a déclaré que l'annexion était seulement "reportée" et qu'Israël n'y avait "pas renoncé".

Pour l'organisation "La Paix maintenant", avec ces nouvelles constructions, M. Netanyahu "renforce de facto l'annexion de la Cisjordanie" et gâche une occasion de faire la paix.

"Au lieu de profiter des accords avec les pays du Golfe et de promouvoir la paix avec les Palestiniens, il détourne les priorités d'Israël pour satisfaire une minorité marginale" de son électorat traditionnel nationaliste, affirme l'ONG.

Ces nouvelles constructions sont approuvées par le chef du parti centriste "Bleu-blanc" Benny Gantz, ancien rival de Benjamin Netanyahu et actuel ministre de la Défense, indique "La Paix maintenant".

"Il s'agit d'un message d'Israël à la communauté internationale qui signifie (...) l'abandon de la solution à deux États" israélien et palestinien vivant côte-à- côte, affirme l'organisation.

AFP/VNA/CVN
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