29/01/2020 15:12
Le Japon et les États-Unis ont évacué mercredi 29 janvier de Chine plusieurs centaines de leurs ressortissants bloqués à Wuhan, épicentre de l'épidémie de pneumonie virale qui a déjà fait dans le pays plus de malades que le Sras il y a près de 20 ans.

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Des clients portent des masques de protection dans un supermarché de Pékin, le 28 janvier. Photo : AFP/VNA/CVN

Vingt-six décès supplémentaires dus au nouveau coronavirus ont été enregistrés depuis la veille, ont indiqué mercredi 29 janvier les autorités sanitaires nationales, faisant état au total de 132 morts et 5.974 cas confirmés de contamination en Chine.

Un chiffre qui dépasse désormais le nombre d'infections enregistré lors de l'épidémie de Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003, un précédent coronavirus qui avait contaminé dans le pays 5.327 personnes. Le Sras avait fait 774 morts dans le monde, dont 349 en Chine.

Si l'essentiel des contaminations par le nouveau virus a eu lieu en Chine, une quinzaine de pays sont également touchés. Signe alarmant, le Japon et l'Allemagne ont fait état mardi 28 janvier de transmissions entre humains survenues sur leur sol.

Dans le même temps, le Japon et les États-Unis ont été mercredi 29 janvier les premiers pays à engager le rapatriement d'une partie de leurs ressortissants, piégés dans la métropole de Wuhan (Centre), où est apparu en décembre le nouveau coronavirus.

Cordon sanitaire

Cette ville et la quasi-totalité de la province du Hubei sont coupées du monde depuis le 23 janvier par les autorités dans l'espoir d'endiguer l'épidémie. Ce cordon sanitaire concerne 56 millions d'habitants et quelques milliers d'étrangers.

Un panneau diffuse des informations sur le nouveau coronavirus dans l'aéroport de Berlin-Tegel, le 28 janvier. Photo : AFP/VNA/CVN


Parti de Wuhan, un avion japonais transportant quelque 200 ressortissants nippons s'est posé en début de matinée à Tokyo. "Je suis vraiment soulagé", a déclaré à sa sortie l'un des rapatriés, Takeo Aoyama, salarié de l'entreprise sidérurgique Nippon Steel.

"Nous ne pouvions plus circuler librement et n'étions que partiellement informés (...) Le nombre de malades a commencé à s'envoler rapidement à un certain point, c'était effrayant", a-t-il expliqué.

Les autorités japonaises ne prévoient pas de placer en quarantaine les rapatriés, leur demandant juste de ne pas quitter leur résidence pendant deux semaines.

Les États-Unis ont également annoncé qu'un avion envoyé pour évacuer le personnel de leur consulat de Wuhan, ainsi que d'autres ressortissants américains, avait décollé mercredi avec environ 200 personnes à bord.

Paris, pour sa part, a indiqué qu'un avion devrait atterrir jeudi 30 janvier à Wuhan afin de ramener les premiers rapatriés français "probablement vendredi". Ces personnes seront soumises à une quarantaine de 14 jours à leur retour, selon la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Selon la Commission européenne, un deuxième avion français décollera "plus tard dans la semaine". Au total, les deux appareils permettront de rapatrier au moins 350 Européens, dont 250 Français.

Un "démon"

Un garde de sécurité d'un immeuble (à droite) vérifie la température d'habitants retournant chez eux, le 27 janvier à Pékin. Photo : AFP/VNA/CVN


La République de Corée prépare sa propre opération de rapatriement, tandis que d'autres pays disent réfléchir eux aussi à une évacuation, comme le Canada ou l'Australie - qui envisage de placer ses ressortissants en quarantaine sur l'Île Christmas, dans l'océan Indien.

L'épidémie continue de s'étendre hors de Chine : quatre cas supplémentaires d'infection par le virus 2019-nCoV ont été annoncés mardi 28 janvier en Bavière (Sud-Ouest de l'Allemagne), où a été identifiée la première transmission directe du virus sur le sol européen.

Les autorités françaises avaient auparavant fait état d'un quatrième malade du nouveau coronavirus, un touriste chinois âgé originaire du Hubei, et qui se trouvait dans un "état clinique sévère" dans un hôpital parisien.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé mardi 28 janvier l'envoi "dès que possible" en Chine d'experts internationaux afin de mettre en commun les connaissances sur le virus et d'apporter une "réponse mondiale".

"L'épidémie est un démon. Nous ne permettrons pas au démon de se cacher", a assuré le président Xi Jinping en recevant à Pékin le directeur de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Vols suspendus

Les chercheurs des Instituts nationaux de santé américains (NIH) ont lancé les recherches pour un vaccin contre le nouveau coronavirus, un travail qui prendra plusieurs mois, tandis que des scientifiques de l'Institut Doherty de Melbourne, en Australie, ont annoncé être parvenus à répliquer en laboratoire le coronavirus, une étape considérée cruciale.

En attendant, soucieuse d'endiguer l'épidémie, la Chine a recommandé à ses citoyens de "reporter" leurs voyages "sans nécessité" hors de ses frontières, après avoir déjà suspendu les voyages en groupe, tandis qu'à l'étranger, de nombreux pays ou territoires renforcent les mesures de précaution.

Hong Kong a annoncé réduire de moitié les vols en provenance de Chine continentale, tout en fermant six des 14 points de passage frontaliers, et plusieurs États - Allemagne, États-Unis, Royaume-Uni - déconseillent tout voyage en Chine.

La compagnie aérienne américaine United Airlines a annoncé mardi 28 janvier réduire nettement sa desserte de la Chine en raison de l'effondrement du nombre de passagers, une mesure imitée par Air Canada.

Alors que la crise laisse redouter un impact pour l'économie mondiale, le géant américain de l'électronique Apple a reconnu des incertitudes sur ses chaînes de production en Chine - la réouverture des usines ayant été repoussée au 10 février. Le pays reste en outre un marché crucial pour la marque à la pomme.

AFP/VNA/CVN



 

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