28/05/2018 18:27
Le récent développement du commerce électronique au Vietnam a favorisé des activités logistiques, notamment s’agissant de la livraison express. Mais, dans la mesure où les autorités manquent de contrôle sur ce nouveau domaine économique, la clientèle et le livreur font face aux risques de fraudes et de détournement de biens.
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Malgré ce revenu confortable à moindre effort, le livreur fait face à des risques de fraudes et de détournement de biens.

Diplômé de l’Université d'industrie de Hanoï, Pham Minh Kiêu (24 ans, né à Thanh Hoa) ne trouve pas d'emploi. Il a donc décidé de se faire livreur et chauffeur de Grab Bike (un service de réservation de moto-taxi en ligne). Selon lui, cette activité professionnelle convient parfaitement aux étudiants, aux travailleurs peu qualifiés et aux chômeurs: avec une moto et un smartphone, en comptant environ 10 courses chaque jour, un chauffeur-livreur peut gagner 10 millions de dông par mois (en se basant sur un revenu moyen par course d’environ 30.000 dôngs).

Malgré ce revenu confortable à moindre effort, le livreur fait face à des risques particuliers comme les fraudes, les rencontres avec des malfaiteurs alléchés par un éventuel colis de forte valeur ou le détournement de biens.

Les fraudes se multiplient

Pham Minh Kiêu ne peut s’empêcher à ce titre de livrer quelques anecdotes. Il raconte ainsi la fois où, alors qu’il livrait un colis, il fut accusé de vol par le destinataire et dut verser une petite somme d’argent pour pouvoir partir. Ou encore le problème du système de paiement consistant dans le versement par le transporteur d’une somme correspondant à la valeur de l’objet. Aussi, une fois arrivé au lieu de livraison mais ne trouvant pas l’adresse exacte et aucun numéro fourni ne fonctionnant, il eut la désagréable surprise de découvrir des marchandises sans valeurs dans le paquet qu’on lui avait confié.

Le cas de Pham Minh Kiêu n’est clairement pas isolé. Par exemple, après avoir reçu une commande du groupe "Ship tim nguoi, nguoi tim ship" sur le réseau social Facebook, Trân Nam, étudiant de l'Université des ressources hydrauliques, avait avancé 350.000 de dôngs au propriétaire des supposées marchandises. Cependant, comme pour Kiêu, l’adresse et le numéro de téléphone fournis étaient incorrects et l’objet de la commande s’est avéré être de vieux vêtements en lambeaux.

"Après cet incident malheureux, je suis devenu très méfiant et me suis mis à faire de petites enquêtes sur les informations personnelles du vendeur et du receveur. Au moindre soupçon de tromperie ou de marchandise illégale, je refuse directement", conclue-il.

Un livreur à Hanoï.
Pour sa part, Hoàng Tuân Anh (rue Bach Mai, arrondissement de Hai Bà Trung), chef d'un groupe de livreurs, a déclaré qu’après plusieurs cas frauduleux, les membres de son groupe avaient imaginé une routine de vérification spécifique appliquée à la procédure de paiement impliquant l'adresse exacte, le numéro de téléphone que l’on appelle pour vérifier, les informations concernant la boutique... Mais les commandes sont nombreuses dans la journée, il est donc impossible de tout vérifier systématiquement.

Pour ne rien arranger, les arnaqueurs se sont très rapidement organisés pour exploiter les lacunes de sécurité du système en formant des groupes de vente plus ou moins honnêtes en ligne et comptant des milliers de membres sur les réseaux sociaux. Ainsi, à l’abri derrière l’anonymat, les malfaiteurs sont difficiles à identifier. Il a en outre été établi que de nombreux magasins déjà fermés sont régulièrement utilisés comme couverture pour ce genre de "coup".

Les vendeurs sont également les victimes

À l’inverse, il arrive que les vendeurs soient victimes des livreurs. Mai Anh, vendeuse en ligne, explique que les livreurs insistent parfois pour ne pas payer de caution au vendeur et profitent de cette confiance pour disparaitre avec les marchandises qu’ils auraient dû livrer. Thu Hang a quant à lui constaté que des dizaines de vendeurs membres du groupe "Ship tim nguoi, nguoi tim ship"  étaient victimes d’arnaques concernant les achats en ligne.

Le groupe "Ship tim nguoi, nguoi tim ship" à Hanoï sur le réseau social Facebook.

Dans certains cas, les pertes peuvent s’élever jusqu’à plusieurs dizaines de millions de dôngs, mais même pour ce genre de délit très onéreux les plaintes pour fraude sont très difficiles à mener à terme en raison des lacunes à propos des informations disponibles sur les malfrats. Il arrive néanmoins que des fraudeurs avérés se voient arrêtés, les forces de l’ordre trouvant des parades aux "ficelles" de ce système d’enrichissement illégal au fur et à mesure des affaires.

En attendant, les services de police ont indiqué que la vigilance des livreurs et des acheteurs demeurait le meilleur rempart et ont fourni une série de recommandations en ce sens. On trouve ainsi: l’évidente nécessité de la vérification des informations délivrées, le fait de ne jamais accepter une commande sans connaitre l’endroit précis de la livraison, l’exigence de montrer des papiers d’identité lors de la passation d’un colis ou encore celle consistant en un dépôt de garantie systématique, le devoir de contacter le bureau de police le plus proche.

Notons, en guise de conclusion, que certains problèmes de traçabilité devraient être réglés par la professionnalisation de cette branche économique au sein de laquelle, à terme, les compétences et surtout les identités des livreurs devraient être de mieux en mieux connues.

 
Texte et photos: Nguyên Tùng/CVN
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