17/09/2020 15:32
C'est entendu, le joueur Andrea Pirlo était un génie balle au pied. Mais qu'en est-il de l'entraîneur ? Le "Maestro" démarre sur le banc de la Juventus avec une sacrée pression : ne pas être celui qui va interrompre une série de neuf titres consécutifs de champion d'Italie.
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L'ancien international italien et nouvel entraîneur de la Juventus, Turin Andrea Pirlo, lors d'un match entre Chelsea et Bromwich Albion, le 11 décembre 2016 à Londres.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Prédestiné." C'est le terme qui revient le plus souvent au sujet de Pirlo, depuis que l'ex-maître à jouer de Milan et de la Juve a remplacé Maurizio Sarri, éjecté après seulement une saison au lendemain de l'élimination en 8e finale de Ligue des champions contre Lyon.

Par sa vision du jeu, sa technique, mais aussi son charisme et sa culture de la gagne (Une Coupe du monde, deux Ligues des champions et six championnats d'Italie), le "Maestro" semble en effet avoir beaucoup à transmettre à la Juve actuelle, intouchable en Italie mais un peu déboussolée par l'ère Sarri.

Mais ce pedigree exceptionnel suffira-t-il pour relever un sacré pari : s'asseoir sur la banc du plus prestigieux club italien (36 titres) sans avoir jamais entraîné auparavant, avec un diplôme tout juste décroché?

"On dit de lui qu'il est prédestiné, mais Guardiola ou Zidane, quand ils ont débuté, ils avaient déjà un peu d'expérience comme entraîneur", a ainsi mis en garde Fabio Cannavaro, son partenaire de la Coupe du monde victorieuse en 2006 en Allemagne.

"L'idée du jeu, il l'a, clairement. Mais maintenant il devra être capable de la transmettre à un groupe", a ajouté dans la Gazzetta dello sport, Cannavaro, aujourd'hui entraîneur du club chinois de Guangzhou Evergrande.

Droit de se tromper 

Les anciens joueurs italiens Francesco Totti (gauche) et Andrea Pirlo reçoivent chacun un trophée pour leur carrière, le 3 décembre 2018 à Milan.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le premier atout de Pirlo, c'est probablement le temps : son aura lui accordera sans doute davantage le droit de se tromper qu'à d'autres. À ce titre, l'accueil chaleureux des fans à la reprise et les premiers commentaires élogieux des joueurs ne trompent pas.

Ses premières semaines d'entraîneur ont été consacrées au dialogue, notamment avec les "sénateurs" Chiellini, Bonucci et Buffon, dont la relation n'a jamais été fluide avec Sarri, selon la presse.

Son objectif ? "Rendre à la Juventus un peu de l'enthousiasme qui a fait défaut ces derniers temps" et "faire revenir l'ADN de travail et de sacrifice", a indiqué l'entraîneur de 41 ans, qui s'est adjoint les services d'Igor Tudor, un ex-joueur bianconero ayant lui déjà quelques années d'entraîneur au compteur.

Pour l'ex-sélectionneur italien Marcello Lippi, Pirlo a l'avantage de pouvoir discuter comme "collègue" avec des cadres comme Cristiano Ronaldo, un peu comme "Zizou" au début : "Zidane n'a pas apporté d'innovations techniques, tactiques (...). Il a apporté de la sérénité et a mis les champions dans les conditions idéales pour s'exprimer", a expliqué Lippi à l'hebdomadaire Sportweek.

"Faire du Pirlo" 

Pirlo, qui était principalement consultant TV depuis la fin de sa carrière aux États-Unis en 2017, est aussi attendu sur le (beau) jeu. Les fans espèrent que les promesses de jeu offensif, jamais concrétisées avec Maurizio Sarri, seront enfin tenues avec le "Maestro".

Dans un rôle de manager à l'anglaise, il a ainsi son mot à dire pendant le mercato. Avec une volonté de rajeunir un effectif vieillissant où plusieurs trentenaires n'ont pas été retenus (Higuain, Matuidi, après Pjanic). Reste la question, encore en suspens, du nouvel avant-centre, avec des discussions en cours avec Luis Suarez ou Edin Dzeko.

L'entraîneur Pirlo, qui a formellement validé son diplôme lundi 14 septembre, va rapidement passer sur le gril : après l'ouverture face à la Sampdoria, dimanche, la Juve se déplacera chez la Roma dès la 2e journée avant de recevoir Naples dans la foulée.

L'objectif, il le connaît: un dixième scudetto consécutif pour la Juve, championne sans interruption depuis 2012 avec trois entraîneurs différents : Conte, Allegri, Sarri. Une série que Pirlo avait commencée en tant que joueur (4 titres de 2012 à 2015).

"C'est la Juve, c'est normal de devoir gagner. C'était le cas comme joueur, ça le sera aussi comme entraîneur", a-t-il d'ailleurs souligné dimanche 13 septembre, après la victoire en amical de la Juventus face à Novara (5-0).

Avec les encouragements de Francesco Totti : "C'est un homme en or, et j'espère qu'il va y arriver (...). Andrea va devoir faire du Pirlo, c'est-à-dire être au-dessus du lot, y compris sur le banc."
 
AFP/VNA/CVN
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