15/06/2018 08:44
Jamais de répit pour Delhi: déjà brûlée par la lourde chaleur estivale, la capitale indienne a ces jours-ci la gorge irritée par un brouillard de poussière inhabituel pour la saison, qui rend un peu plus invivable cette ville parmi les plus polluées de la planète.

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Des chiffonniers indiens cherchent des choses utilisables dans une décharge située dans la banlieue de New Delhi le 3 juin. Photo: AFP/VNA/CVN


New Delhi présente cette semaine une vision de cauchemar. Une épaisse brume à l'odeur âcre jette un voile sur le ciel et les rues, réduisant le soleil à une étoile pâle. Il fait parfois sombre en plein jour.

À l'intérieur des bâtiments, une pellicule de sable se dépose sans cesse sur les surfaces. La qualité de l'air atteint des niveaux exécrables et dangereux pour la santé. Ici, la pollution n'est pas un phénomène abstrait: elle se ressent physiquement.

"À cause de cette pollution, je n'arrive pas à respirer proprement. La poussière me rentre dans les yeux et je peux sentir une sensation de brûlure", décrit à l'AFP Lalit Malkoti, un habitant.

De telles scènes sont familières en hiver dans cette mégapole d'une vingtaine de millions d'habitants, lorsque le froid plaque au sol les polluants d'origine humaine. Elles sont cependant peu communes au mois de juin, l'un des plus chauds de l'année et où le mercure peut dépasser les 45°C.

À cette période, l'air est relativement plus sain, soulageant les résidents d'un des nombreux fléaux qui affligent cette gigantesque agglomération urbaine. Or cette année, de forts vents, soufflant des déserts d'Asie centrale jusqu'au nord-ouest de l'Inde, charrient une muraille de poussière.

"C'est un phénomène très inhabituel que l'on ne voit qu'environ une fois par décennie. La poussière ne retombe pas et le ciel est obscur", explique Mahesh Palawat, vice-président de météorologie et de changement climatique à SkyMet Weather.

En début d'après-midi jeudi 14 juin, les concentrations de matières particulaires PM10 atteignaient jusqu'à 1.300 microgrammes par mètre cube (mg/m3) dans la capitale indienne. Soit plus de 25 fois la limite de 50 mg/m3 sur 24h recommandée par l'OMS.

Les PM10 sont des particules en suspension dont le diamètre ne dépasse pas 10 micromètres. En inhalant de l'oxygène, elles peuvent s'infiltrer dans les poumons et une exposition à long terme est susceptible d'entraîner de graves problèmes de santé.

AFP/VNA/CVN

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