26/08/2018 12:15
Les inspecteurs de la Commission européenne reviendront en janvier 2019 au Vietnam afin d’examiner l’évolution de la situation en matière de pêche pour le retrait du "carton jaune". Entretien avec Nguyên Hoài Nam, secrétaire général adjoint de la VASEP.
>>Lutte contre la pêche illicite: le Vietnam progresse
>>Le Vietnam déterminé à éradiquer la pêche illégale

Nguyên Hoài Nam, secrétaire général adjoint de la VASEP.
Photo: VASEP/CVN
Pourriez-vous nous rappeler des recommandations de la Commission européenne (CE) lors de sa dernière visite de travail au Vietnam?

Le 23 octobre 2017, le Vietnam avait été averti par un "carton jaune" de la CE en raison du non-respect des règles de l’Union européenne (UE) contre la pêche illicite.

La CE a pris note, à l’issue d’une mission du 16 au 24 mai dernier au Vietnam, des avancées accomplies par le pays quant au retrait du "carton jaune" et la mise en œuvre de ses recommandations sur la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

Celles-ci concernent principalement le cadre juridique et les questions d’application, la gestion de la flotte et la capacité de pêche, les activités d’inspection, de contrôle et de surveillance, le système de certification et de traçabilité.

Elles portent également sur le problème des navires illégaux, y compris le contrôle et la prévention des bateaux étrangers pêchant illégalement dans les eaux vietnamiennes et des navires vietnamiens opérant illégalement dans les eaux étrangères.

Si ces questions sont traitées de manière satisfaisante aux yeux de nos partenaires européens, le Vietnam recevra un "carton vert". Dans le cas contraire, ce sera le "carton rouge", suivi ensuite d’une série de mesures allant jusqu’à la possible exclusion de ses produits issus de la pêche sur le marché de l’Union européenne.

Après l’avertissement de la CE, l’ensemble des parties prenantes s’est mobilisé. Plus concrètement, la majorité des prescriptions de la CE ont été inscrites dans la Loi amendée sur la pêche, approuvée fin 2017 par l’Assemblée nationale. Après cette approbation, nous avons élaboré des circulaires ainsi que des arrêtés d’application. Le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc a demandé l’entrée en vigueur immédiate de cette loi et des textes afférents.

Pour sa part, l’Association vietnamienne des producteurs et exportateurs de produits halieutiques (Vietnam Association of Seafood Exporters and Producers - VASEP) a appelé les villes et provinces côtières à respecter les règles, les lois de l’État et les préconisations de la VASEP. Il est par ailleurs nécessaire de sensibiliser davantage les entreprises au respect des programmes de lutte contre la pêche INN.

Le Vietnam a proposé un plan d’action pour lutter contre la pêche illicite.
Photo: Hô Câu/VNA/CVN

La traçabilité des produits halieutiques est une des recommandations de la CE. Il s’agit d’une des difficultés les plus importantes pour le Vietnam. D’après vous, que devrions-nous faire pour y apporter une solution?

Pour la levée de l’avertissement, le secteur des produits aquatiques doit encore relever quelques défis, notamment combler les lacunes dans le contrôle de la pêche et des prises.

Maintenant, des manquements sont constatés dans la certification des produits halieutiques, alors que les localités concernées n’ont pas étroitement amené les organismes compétents à déployer les mesures correctives adaptées.

Afin de résoudre ce problème de pratiques abusives, nous devrions mettre l’accent sur l’établissement d’une base de données sur l’origine des produits, selon les recommandations de l’UE.

Le Vietnam compte 28 provinces et villes côtières.  Chacune devrait élaborer sa propre base de données sur les activités de pêche qui sont gérées par les antennes locales de la Direction de la pêche du ministère vietnamien de l’Agriculture et du Développement rural.

Connectées au réseau national, les informations permettront de vérifier facilement les enregistrements des bateaux de pêche et de chercher l’origine des produits.

J’ai déjà proposé au ministère de l’Agriculture et du Développement rural d’organiser une réunion mensuelle en la matière avec les responsables de ces 28 localités concernées.

Le Vietnam recense quelque 33.400 navires de pêche hauturière d’une puissance unitaire de plus de 90 CV.
Photo: Nguyên Thành/VNA/CVN

Actuellement, une partie modeste du nombre de bateaux de pêche a installé des équipements de surveillance. Ces derniers jouent un rôle  important dans la recherche de l’origine des produits. Que faites-vous pour régler ce problème?

Le Vietnam recense quelque 33.400 navires de pêche hauturière d’une puissance unitaire de plus de 90 CV, mais seulement 3.000 environ ont été équipés du système de surveillance satellitaire Movimar, le nombre de ceux qui ne s’en dotent pas restant donc énorme.

Ainsi, l’installation de cet équipement est une des solutions primordiales.

Quant à la VASEP, nous sommes prêts à endosser les difficultés avec l’État et les pêcheurs. Ces derniers mois, l’association a offert des équipements de surveillance à de nombreux pêcheurs.

J’espère que l’État et les services concernés se pencheront davantage sur l’installation de tels appareils ou sur l’assistance financière aux pêcheurs, surtout d’ici janvier 2019 et la prochaine inspection.

D’après vous, quels sont les impacts sur les entreprises vietnamiennes depuis que la CE a décidé de prolonger la durée de la période de contrôle?

Normalement, six mois après le "carton jaune", l’UE contrôlera et réexaminera les mesures prises par le pays en question.

Le Vietnam a été averti il y a dix mois. Les investigations permettent à la CE de mieux comprendre les progrès du Vietnam en la matière.

Cependant, cela implique que les entreprises consacrent plus de temps aux formalités administratives concernées.

Thành Trung - Hoàng Phuong/CVN
 
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