25/07/2017 10:38
Telecom Italia (Tim), dont le principal actionnaire est le groupe français Vivendi, a annoncé lundi 24 juillet avoir trouvé un accord concernant le départ de son patron Flavio Cattaneo, après 16 mois de présence, prévoyant le versement de 25 millions d'euros d'indemnités.
>>Vivendi affirme son contrôle sur Telecom Italia

Le PDG de Telecom Italia Flavio Cattaneo attending à Rozzano, au sud de Milan, le 4 mai. Photo : AFP/VNA/CVN

L'accord concernant le départ de Flavio Cattaneo prévoit le versement "à la cessation de son activité" le 28 juillet, d'une somme de 22,9 millions d'euros à titre de compensation, à laquelle s'ajoutent 2,1 millions pour une clause de non-concurrence durant un an, a indiqué l'opérateur dans un communiqué.

D'après le contrat qu'il a négocié, qui prévoyait une part variable très élevée liée aux résultats, M. Cattaneo pouvait prétendre jusqu'à 50 millions d'euros en cas de départ non volontaire. Mais il a finalement accepté un départ "consensuel" et des indemnités moitié moindres.

Le conseil d'administration de Telecom Italia, qui est détenu à 23,9% par Vivendi, a validé cet accord lundi soir 24 juillet, à l'issue d'une réunion du comité des nominations et rémunérations. Les syndicats ont émis "un avis non favorable mais non contraignant".

Telecom Italia a affirmé ce week-end que le départ de M. Cattaneo était lié "aux importants résultats atteints en avance par rapport au plan (stratégique par Telecom Italia), qui permettent de débuter une nouvelle phase". Il a ainsi contesté que ce départ soit à "rechercher derrière le conflit avec le gouvernement" au sujet de la couverture des zones blanches, comme la presse s'en est fait l'écho.

Telecom Italia a précisé que le conseil d'administration avait "lancé le plan prévoyant la succession de son administrateur délégué qui, sous le contrôle du comité de nominations et de rémunérations, sera l'objet d'ultérieures décisions lors de la réunion du 27 juillet".

L'hypothèse privilégiée est la mise en place d'un trio de dirigeants. Il s'agit d'Amos Genish, responsable de la convergence chez Vivendi, de Giuseppe Recchi, l'actuel vice-président, et d'Arnaud de Puyfontaine, actuel président de l'opérateur.

"Situation tendue"

Vivendi a resserré au printemps son emprise sur l'opérateur italien, en prenant le contrôle des deux tiers des sièges du conseil d'administration et en nommant le président de son directoire, M. de Puyfontaine, à la présidence exécutive de Tim.

Depuis deux semaines, les spéculations sur un possible départ de M. Cattaneo, âgé de 54 ans, s'étaient multipliées, une source proche évoquant une situation "très tendue" entre lui et Vivendi.

Cette source avait expliqué que le ton que M. Cattaneo avait récemment utilisé vis-à-vis du gouvernement italien au sujet des appels d'offres lancés dans les zones blanches avait déplu à Vivendi.

Le groupe de Vincent Bolloré, selon la même source, avait aussi été agacé par les déclarations le 11 juillet de M. Cattaneo, qui avait démenti toute tension avec Vivendi de même que son possible départ.

D'après des déclarations de M. Cattaneo à ses collaborateurs, cités par le quotidien La Repubblica, son départ est lié à la volonté de Vivendi de lui flanquer un directeur général en la personne d'Amos Genish.

M. Cattaneo avait été nommé en mars 2016 avec le soutien de Vivendi, qui avait poussé vers le départ son prédécesseur Marco Patuano en raison de divergences stratégiques notamment sur la réduction des coûts.

Évoquant la somme négociée, le futur ex-patron de Tim a souligné qu'elle n'avait "rien de scandaleuse ni d'inconvenante : j'ai la conscience absolument tranquille". "Mon objectif à Telecom était d'améliorer certains paramètres, qui ont été améliorés. Dans de nombreux cas, également en avance par rapport aux délais fixés", a affirmé M. Cattaneo, qui a réalisé un travail de redressement des comptes salué par les analystes. Mais le titre a perdu quelque 20% depuis un an.

Les résultats du premier semestre, qui seront publiés jeudi 27 juillet, sont attendus en nette amélioration. "Je suis convaincu qu'ils seront le signe d'un redressement radical de l'entreprise", a affirmé M. Cattaneo.

Outre Telecom Italia, Vivendi est présent en Italie via Mediaset, dont il est le deuxième actionnaire derrière la famille Berlusconi avec qui il est à couteaux tirés.

AFP/VNA/CVN
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