02/12/2021 08:20
L'Organisation mondiale de la santé a mis en garde mercredi 1er décembre contre la combinaison "toxique" de faibles taux de vaccination et de dépistage du COVID-19, face à la menace du nouveau variant Omicron qui continue de se propager dans le monde et contraint de plus en plus de pays à revenir à des mesures restrictives.
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Une zone piétonnière de Dortmund, Ouest de l'Allemagne, le 1er décembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Au même moment, annonce symbolique, a été révélé un premier cas de ce variant aux États-Unis, qui comptent près de 800.000 morts depuis le début de la pandémie. Cette personne, qui revenait d'Afrique du Sud, a été testée positive en Californie, ont expliqué les autorités sanitaires. Le patient était "entièrement vacciné et présentait des symptômes légers".

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a quant à elle un peu plus écorné le tabou qui régnait encore il y a peu sur la vaccination obligatoire en estimant qu'une discussion "devait avoir lieu" sur ce sujet dans les Etats membres de l'UE. "C'est une discussion qui je pense doit être menée", a déclaré Mme von der Leyen, au cours d'une conférence de presse.

Dans l'Union, la vaccination obligatoire est déjà prévue en Autriche et envisagée par l'Allemagne. D'autres pays y réfléchissent à travers le monde, l'Afrique du Sud notamment, mais les résistances sont fortes. Car pour l'heure, a souligné à Genève le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, l'insuffisance de la couverture vaccinale contre le COVID-19 et celle du niveau de dépistage constituent un mélange "toxique".

"Question de choix"

C'est "une recette parfaite pour que des variants se reproduisent et s'amplifient", a-t-il prévenu, soulignant que la fin de la pandémie est "une question de choix". Même au Portugal, élève modèle de l'Europe pour le taux de vaccination (85%), la population doit de nouveau à partir de mercredi 1er décembre porter le masque dans les lieux clos et présenter un pass sanitaire. Une nouvelle campagne de vaccination a commencé.

"Les autorités le recommandent, alors je suis venu, sans même prendre rendez-vous", a témoigné José Barreto, un ancien enseignant de 71 ans, disant faire face à la pandémie "avec beaucoup de rationalité", "sans céder à la panique". L'Allemagne se prépare pour sa part à décider jeudi de restrictions supplémentaires, dont de possibles fermetures de bars et autres lieux publics.

Bilan mondial de la pandémie de nouveau coronavirus, au 1er décembre à 11h00 GMT. Photo : AFP/VNA/CVN

En Afrique du Sud, là-même où a été annoncée l'identification du variant Omicron la semaine dernière, mais dont moins d'un quart des habitants sont vaccinés, les autorités sanitaires ont décrit devant le Parlement une propagation "exponentielle" du virus. Le nouveau variant, manifestement très contagieux, étant déjà dominant. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est insurgé mercredi 1er décembre contre le "scandale" d'une condamnation de l'Afrique pour n'être pas assez vaccinée.

"Virus sans frontières"

"Avec un virus vraiment sans frontières, les restrictions de voyages qui isolent un pays ou une région ne sont pas seulement profondément injustes et punitives, elles sont inefficaces", a-t-il lancé au cours d'un point-presse.

Le Danemark, qui comme d'autres pays en Europe est confronté à un fort rebond épidémique et a enregistré mercredi le nombre record de plus de 4.500 nouveaux cas de COVID-19, a néanmoins décidé de désormais introduire un test obligatoire pour les voyageurs en provenance de Doha et de Dubaï, après la détection d'un cas du nouveau variant chez un voyageur de retour du Qatar.

Aux États-Unis, des conditions de test plus strictes pour les voyageurs à l'arrivée, voire l'instauration d'une quarantaine, sont à l'étude, selon des responsables sanitaires. Ces mesures pourraient être officiellement annoncées jeudi par le président américain Joe Biden.

Face à "la menace pour la reprise" économique, que représente Omicron, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a elle aussi estimé mercredi que la priorité demeurait de "s'assurer que les vaccins sont produits et distribués le plus rapidement possible à travers le monde".

Images de la structure de la protéine spike des variants Delta et Omicron présentées par l'hôpital Bambino Gesu de Rome et montrant les variations observées par rapport à celle originale du SARS-CoV-2. Photo : AFP/VNA/CVN

Les pays développés du G20 ont dépensé 10.000 milliards d'USD pour protéger leur économie pendant la crise, alors que vacciner la planète ne coûterait que 50 milliards, a déploré Laurence Boone, la cheffe économiste de l'OCDE.

La nouvelle souche a été repérée sur tous les continents, mais l'Europe, déjà confrontée avant son apparition à un fort rebond de l'épidémie, semble la plus touchée : après de nombreux autres pays, la Norvège a annoncé ses quatre premiers cas mercredi 1er décembre, tous sur des personnes rentrées d'Afrique du Sud.

Les États du Vieux continent durcissent donc à nouveau les restrictions sanitaires : contrôles aux frontières, interdiction de voyager vers l'Afrique australe, masque obligatoire dans les transports et les magasins au Royaume-Uni, recommandation de vacciner les enfants vulnérables en France, etc.

En Asie, le Japon, désormais fermé aux étrangers, a recensé deux cas de contamination par l'Omicron et demandé mercredi aux compagnies aériennes de suspendre les nouvelles réservations à destination de son territoire pendant un mois. La Corée du Sud a annoncé ses cinq premiers cas et renforcé ses restrictions de voyages.

Le Nigeria, le pays le plus peuplé d'Afrique, a également enregistré ses trois premiers cas, des personnes de retour d'Afrique du Sud, tout comme les trois premiers cas repérés au Brésil. Un premier cas a par ailleurs été signalé en Arabie saoudite - le premier dans le Golfe - chez un Saoudien rentré d'Afrique du Nord.

Divers fabricants, dont Moderna, AstraZeneca, Pfizer/BioNTech et Novavax, se sont dits confiants dans leur capacité à créer un nouveau vaccin contre Omicron. La Russie a, elle aussi, annoncé travailler sur une version de son "Spoutnik V" ciblant spécifiquement ce variant. Jamais un variant du COVID-19 n'avait provoqué autant d'inquiétude depuis l'émergence de Delta, actuellement dominant et déjà très contagieux.

L'OMS juge "élevée" la "probabilité qu'Omicron se répande au niveau mondial", même si de nombreuses inconnues demeurent : contagiosité, efficacité des vaccins existants, gravité des symptômes. Élément rassurant : à ce jour, aucun décès associé à Omicron n'a été signalé. Le COVID-19 a fait au moins 5.214.847 morts dans le monde depuis son apparition fin 2019 en Chine, selon un comptage de l'AFP mercredi 1er décembre.

AFP/VNA/CVN



 

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