04/07/2019 09:20
Au moins 44 migrants ont été tués et une centaine blessés dans un bombardement aérien contre leur centre de détention en Libye, un drame qui a provoqué mercredi 3 juillet un tollé international et des appels à une enquête indépendante.
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Des responsables militaires inspectent le centre de migrants de Tajoura, près de Tripoli, qui a été bombardé.
Photo: AFP/VNA/CVN

La frappe, menée mardi 2 juillet tard à Tajoura, a été attribuée par le gouvernement d'union nationale (GNA) basé à Tripoli aux forces rivales de Khalifa Haftar engagées dans une offensive pour s'emparer de la capitale d'un pays plongé dans le chaos depuis 2011.

Mais le porte-parole des forces pro-Haftar, Ahmad al-Mesmari, a démenti toute implication dans l'attaque, accusant en retour le GNA de "fomenter un complot" pour leur faire endosser la responsabilité du carnage.

Le centre de détention abritait environ 600 migrants, en majorité érythréens et soudanais, et deux de ses cinq hangars ont été touchés, selon le responsable du centre Noureddine al-Grifi. Quelque 120 migrants se trouvaient dans le hangar N°3 qui a été touché de plein fouet.

Raid contre l'aéroport

L'émissaire de l'ONU, Ghassan Salamé, a condamné un "carnage ignoble et sanglant" dans un communiqué de la Mission de l'ONU en Libye (Manul).

Selon le communiqué, au moins 44 migrants ont péri et plus de 130 ont été grièvement blessés dans le centre à Tajoura, une banlieue est de Tripoli, qui abrite des sites appartenant aux groupes armés pro-GNA et est régulièrement la cible de raids des pro-Haftar.

C'est la deuxième fois que le centre est touché depuis le début de l'offensive des pro-Haftar le 4 avril.

Mardi soir, des médias pro-Haftar ont fait état de raids à Tripoli et Tajoura, après des menaces de ces forces d'intensifier les raids à la suite d'un revers dans la bataille de Tripoli.

Les forces de Haftar ont revendiqué par ailleurs un nouveau raid aérien mercredi soir 3 juillet contre le seul aéroport fonctionnel de la capitale libyenne, provoquant la suspension des vols.

Alors que le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en urgence sur la Libye, le patron de l'ONU, Antonio Guterres, a demandé une "enquête indépendante" sur l'attaque contre le centre et réitéré son appel à un "cessez-le-feu immédiat en Libye".

"L'ONU avait fourni la localisation exacte du centre de détention aux parties" en conflit afin d'éviter qu'il ne soit pris pour cible, a expliqué le porte-parole de M. Guterres. Ce drame "souligne l'urgence de fournir des abris sûrs à tous les réfugiés et migrants jusqu'à ce que leurs demandes d'asile soient satisfaites ou qu'ils soient rapatriés en sécurité" dans leur pays d'origine.

AFP/VNA/CVN

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