21/10/2018 21:15
Plusieurs centaines de Honduriens de la "caravane" de migrants se sont réunis samedi soir 20 octobre à Ciudad Hidalgo, après avoir franchi illégalement la frontière mexicaine, tandis que quelques milliers d'autres attendaient sur le pont frontalier de pouvoir entrer légalement dans le pays.
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Des migrants honduriens de la "caravane", qui ont réussi à passer sur le sol mexicain, manifestent pour que les autorités autorisent le passage des autres membres du groupe, le 20 octobre 2018 à Ciudad Hidalgo.
Photo: AFP/VNA/CVN

Réunis dans le parc central de la ville, ces migrants ont célébré aux cris de "Oui, on a réussi!" leur entrée au Mexique dans une ambiance festive, certains dansant et chantant, ou agitant leur drapeau national.

"Nous sommes au Mexique et ni les agents frontaliers, ni la police ne nous ont arrêtés!" se réjouissait un jeune originaire de Tegucigalpa, la capitale hondurienne.

Selon le ministère de l'Intérieur mexicain, environ 900 migrants ont franchi le fleuve. Ils risquent une expulsion si la police mexicaine parvient à les interpeller.

"Nous venons en paix et à la recherche de travail", a indiqué Mario Calderon, 28 ans, après avoir franchi le fleuve pour pouvoir entrer au Mexique.

Environ 500 d'entre eux se sont ensuite approchés du pont frontalier pour encourager leurs compatriotes à faire de même afin de poursuivre leur marche vers les États-Unis dès dimanche matin 21 octobre.

Le nombre de migrants de la "caravane" toujours bloqués sur le pont, que les autorités mexicaines avaient estimé entre 2.500 et 5.000 personnes, s'était notablement réduit en fin de journée, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Beaucoup d'entre eux ont pu traverser le fleuve Suchiate à pied ou sur des embarcations, y compris des adultes avec enfants, sans être inquiétés par les forces de l'ordre.

Plus de 300 personnes auraient de leur côté accepté de retourner dans leur pays à bord des bus mis à leur disposition par le Guatemala.

640 demandes d'asile

Plus tôt dans la journée, le Mexique a ouvert sa frontière à des femmes et enfants qui ont ensuite été conduits dans un refuge de la ville de Tapachula, à environ 40 km de Ciudad Hidalgo.

"Heureuse, je suis heureuse!", s'est exclamée Gina Paola Montes, 21 ans, en traversant le pont frontalier. "Je suis sortie de ce cauchemar". Les autorités mexicaines ont indiqué avoir reçu 640 demandes d'asile à ce poste-frontière, et donné priorité à environ 150 femmes et une centaine d'enfants.

Certains migrants immobilisés sur le pont ont rejoint des refuges à Tecun Uman, sur la rive guatemaltèque, pour passer la nuit avant de revenir à la frontière mexicaine dimanche matin.

Le président américain Donald Trump a félicité le Mexique pour sa fermeté face à l'arrivée des migrants. Jeudi 18 octobre, il avait menacé de fermer la frontière avec le Mexique si les autorités ne bloquaient pas l'avancée de la "caravane".

Partie il y a une semaine San Pedro Sula, dans le nord du Honduras, la "caravane" de quelque 4.000 migrants tente de gagner les États-Unis. "Merci au Mexique et à ses dirigeants. Pourquoi? Parce que le Mexique respecte aujourd'hui le leadership des États-Unis", a déclaré M. Trump lors d'un meeting à Elko (Nevada, sud-ouest).

"Le Mexique ne permettra pas l'entrée irrégulière sur son territoire et encore moins de façon violente", a prévenu le président mexicain Enrique Pena Nieto dans un message vidéo, qualifiant la situation d'"inédite".

Motivations politiques?

Des migrants honduriens traversent le fleuve Suchiate entre le Guatemala et le Mexique, près du pont frontalier, le 20 octobre 2018 à Ciudad Hidalgo.
Photo: AFP/VNA/CVN

Le président hondurien Juan Orlando Hernandez s'est entretenu de la situation, samedi 20 octobre au Guatemala, avec son homologue Jimmy Morales, ainsi qu'avec le président mexicain Enrique Peña Nieto par téléphone.

Cette caravane a "des motivations politiques", a critiqué Morales devant la presse. À côté de lui, son homologue hondurien a déploré "l'utilisation politique du malheur des gens".

Les gens "s'en vont par nécessité", a justifié l'ex-député hondurien Bartolo Fuentes du parti Liberté et Refondation (gauche), qui a admis avoir encouragé cette "caravane".

"Chaque jour entre 300 et 350 personnes" émigrent vers les États-Unis. "Je leur ai conseillé sur les réseaux sociaux de partir ensemble car c'est moins dangereux", a-t-il indiqué à l'AFP.

L'an dernier, la caravane "Via crucis" ("chemin de croix"), qui avait également déclenché les foudres du président américain, avait été organisée par des ONG.

Le Honduras est l'un des pays les plus violents du monde, avec un taux annuel de 43 homicides pour 100.000 habitants.

Plus de 500.000 personnes traversent chaque année illégalement la frontière sud du Mexique pour tenter ensuite de remonter vers les États-Unis, selon des chiffres de l'ONU.
AFP/VNA/CVN
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