17/08/2019 00:19
Mélodie Rousseau, 33 ans, est comédienne de profession. Le soir, cette Canadienne se maquille en homme et devient Rock Bière, un "drag-king" qui se produit dans des cabarets de Montréal. Une démarche artistique mais également "politique" pour ces femmes qui tentent de sortir de l'ombre des drag-queens.
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Cette combinaison d'images réalisée le 12 août montre Melodie Rousseau qui pose avant de se maquiller et après pour sa performance Drag King le 12 juillet à Montréal, Canada. Photo: AFP/VNA/CVN

Deux heures et demie avant de monter sur scène pour chanter en play-back les chansons du rockeur québécois Eric Lapointe, Mélodie commence à se préparer dans sa loge.

Sur son visage fin, elle dessine minutieusement les traits appuyés de son personnage à l'aide d'un pinceau. "On efface la fille pour laisser place à ce mâle viril" s'amuse-t-elle.

Progressivement, elle gomme ses lignes féminines, creuse ses cernes, amplifie ses sourcils et durcit sa mâchoire. Puis la jeune femme menue se bande les seins, dessine des abdominaux prononcés sur son ventre, colle de faux poils sur son torse et son menton.

Dans un créneau très masculin largement dominé par les drag-queens, popularisées par une célèbre émission de télévision aux États-Unis, les drag-kings réguliers se comptent encore sur les doigts d'une main dans la métropole québécoise, d'après Charli Deville, drag-king canadien chevronné.

Selon lui, quatre drag-kings sont régulièrement programmés dans des cabarets à Montréal, contre environ 80 drag-queens.

Mélodie Rousseau fait partie de ces rares "kings" qui ont franchi le pas. Elle gérait déjà un café, une carrière de comédienne et sa propre compagnie de théâtre, avant de laisser Rock Bière entrer dans sa vie l'an dernier.

Au début, elle ne voulait pas en faire, mais sa petite amie l'a "forcée", rit-elle.

"C'est sûr qu'il y a un côté plus politique, du fait qu'une fille va prendre le rôle de l'homme" selon la comédienne. "Il y a comme un danger dans le fait qu'une femme ose arborer le physique du sexe dominant".

D'après David Risse, directeur du Centre de recherches et d'activités culturelles et communautaires pour les diversités à Montréal, la pratique drag-king "c'est un "statement" (une affirmation, ndlr), c'est de l'"empowerment" (émancipation).

Les femmes drag-kings, souligne-t-il, "se réapproprient un genre (...) et elles en font ce qu'elles veulent". Mélodie a choisi son créneau: "Moi je vais vraiment dans la critique ou dans la parodie du mâle".

AFP/VNA/CVN
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