21/01/2020 14:41
Les avocats de Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, ont contesté lundi 20 janvier son éventuelle extradition vers les États-Unis, qualifiant de "fiction" les accusations à son encontre au première jour d'une semaine d'audiences cruciales au tribunal de Vancouver.

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La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, quitte son domicile pour se rendre au tribunal de Vancouver le 20 janvier au Canada.
Photo : AFP/VNA/CVN


Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei et fille de son fondateur Ren Zhengfei, est accusée par les autorités américaines de fraude et d'avoir contourné les sanctions de Washington contre l'Iran. Son arrestation fin 2018 à l'aéroport de Vancouver a provoqué une grave crise entre la Chine et le Canada.

Dès le début de la première journée d'audience, les avocats de Mme Meng sont entrés dans le vif du sujet de la "double incrimination" qui dominera les débats, prévus pour durer quatre ou cinq jours : pour pouvoir être extradée aux 
États-Unis, Mme Meng doit y être poursuivie pour un délit également punissable au Canada.

Les avocats estiment que les faits reprochés à Mme Meng aux 
États-Unis n'ont pas d'équivalent au Canada, car Ottawa n'avait pas adopté les mêmes sanctions contre l'Iran à l'époque des faits.

À l'inverse, pour le ministère public, c'est bien le cas et cela justifie le processus d'extradition.

"Serions-nous ici en l'absence de sanctions américaines ?", a demandé l'un des avocats de la défense Richard Peck. "La réponse est non".

"Les 
États-Unis ont lancé (contre Mme Meng) des allégations de fraude contre une banque. C'est un artifice, c'est de la fiction", a-t-il martelé, notant qu'on demande de fait au Canada de "faire appliquer les sanctions américaines".

Mme Meng, tout sourire et bracelet électronique à la cheville, ne s'est pas adressée à la presse à son arrivée à la Cour suprême de Colombie-Britannique pour l'audience présidée par la juge Heather Holmes.

"Libérez Mme Meng", "Justice équitable",
pouvait-on lire sur les pancartes brandies par quelques manifestants.

"Utilisée comme un pion" 

Arrêtée le 1er décembre 2018 lors d'une escale à Vancouver, Meng Wanzhou, 47 ans, est en liberté surveillée et vit dans une luxueuse résidence lui appartenant dans la métropole pacifique canadienne.

Pour échapper à son renvoi devant la justice américaine, la dirigeante de Huawei et ses avocats doivent convaincre que les accusations - fondées sur les sanctions américaines contre Téhéran - ne seraient pas passibles de poursuites au Canada et sont essentiellement motivées par des considérations politiques.

Une ligne de défense appuyée par le ministère chinois des Affaires étrangères, qui a maintenu lundi 20 janvier que ce processus d'extradition était un "grave incident politique", et a exhorté Ottawa à la libérer.

Le fondateur de Huawei avait estimé dans une interview au quotidien canadien The Globe and Mail que sa fille "était utilisée comme un pion" par Washington dans son bras de fer avec le géant des télécoms. Les 
États-Unis soupçonnent le groupe de liens avec le gouvernement chinois et éventuellement d'espionnage.

Washington accuse Meng Wanzhou d'avoir menti à la banque HSBC sur la relation entre Huawei et Skycom, une filiale qui vendait des équipements de télécoms à l'Iran, ce qui exposait la banque au risque de violer les sanctions américaines contre Téhéran.

L'intéressée a toujours démenti ces allégations.

 

AFP/VNA/CVN

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