14/03/2020 14:30
La province de Dak Lak avec sa capitale Buôn Ma Thuôt présente de forts intérêts historiques, économiques et touristiques. Visite dans la douceur hivernale.
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Le parc du Musée ethnographique de Dak Lak est un agréable lieu de promenade.

Pour un touriste français amoureux du Vietnam, pourquoi donc aller à Buôn Ma Thuôt ? Pour le café bien sûr ! Car, c’est bien là, dans la province de Dak Lak (haut plateaux du Centre), que les fameuses cerises vertes, rougissant de plaisir au soleil, dégoulinent en abondance le long des branches des arbustes omniprésents dans le paysage.

Dans la campagne environnante, la récolte s’expose devant la plupart des habitations, un tapis marron de billes délicatement ratissées sèche au soleil de l’hiver des hauts plateaux du Centre. Le voyageur candide dans la connaissance de l’histoire du Vietnam ne peut que s’étonner devant la profusion des caféiers omniprésents dans toute la campagne. Ici, même les abeilles font leur miel des fleurs blanches du caféier. Comment en deux cents ans, depuis l’importation des premiers plants dans les années 1850 par les Français, la culture du café est venue bouleverser le paysage agricole du pays ?

Le café a son musée

Certes, à côté du caféier, le poivre si délicieux et délicat escalade les troncs d’arbres. Plus loin, le latex coule du tronc de l’hévéa dans des plantations à proximité immédiate de Buôn Ma Thuôt. Mais, dans le centre-ville de la capitale de Dak Lak, autour de l’imposant monument de la victoire d’avril 1975, les négociants, marchands, planteurs et les cafétérias, cafés aux ameublements dernier cri marquent de leur empreinte cette belle ville spacieuse et aérée.

La société emblématique du café vietnamien Trung Nguyên, n’a-t-elle pas ouvert en 2018, le musée mondial du café ? Son architecture reprenant la grammaire des maisons traditionnelles régionales offre un somptueux, étonnant et lumineux écrin de béton pour les expositions et collections. Tout y tourne autour des petits grains récoltés ici et exportés aux quatre coins du monde.

Un autre musée intéressera le voyageur de passage : le Musée ethnographique de Dak Lak. L’immense bâtiment à l’architecture étonnante trône dans un parc aux arbres vénérables. Certains remontent à l’époque où l’endroit accueillait la résidence de l’empereur Bao Dai (1913-1997). Les collections abondantes d’objets dépeignent l’histoire du Vietnam dans ses moments paisibles et durant ses périodes guerrières de libération. Les photographies prises dans les années 50 par le Français Jean-Marie Duchange célèbrent la vie rurale des ethnies du Tây Nguyên. Dans une des rues adjacentes au musée, des jeunes femmes Ê dê, venues des villages environnants, vendent des boutures d’orchidées rares et autres plantes de la forêt.

Dray Nur : une chute d’eau romantique

En début du mois de décembre dernier, une foire commerciale permettait de constater que de nombreuses fermes et unités de productions agricoles prenaient la vague du "bio". Le lendemain, pour s’exonérer, à moto, de la quadrature du cercle des balades dans les rues de la ville, direction Dray Nur et sa chute d’eau romantique. La trentaine de kilomètres qui sépare le centre de Dak Lak de la cascade apporte à l’esprit voyageur toute la dimension poétique de ces hauts plateaux du Centre.

La cascade Dray Nur, un lieu romantique de Dak Lak.

Au bout d’un chemin, tout sourire dehors, un ticket vous est vendu (30.000 dôngs) pour accéder à l’un des joyaux géographiques du Parc géologique de Dak Nông (Dak Nông Geopark). Dans la douceur de l’hiver, le calme du lieu est accentué par le vrombissement lointain de la chute d’eau. Malgré l’étiage, le bruit s’accentue à mesure que l’on se rapproche. La cassure géologique est large, un chaos de colonnes de basalte orne la partie gauche réservée à l’observation rapprochée, la seule à être arrosée par la chute d’eau. Car, en cette période de l’année, le débit de la rivière est plus modeste.

"Il vaut revenir en période de mousson. Le spectacle est beaucoup plus impressionnant", précise un habitué des lieux, touriste vietnamien venu de Hô Chi Minh-Ville. Un pont suspendu de Dray Sap permet de franchir la rivière pour aller saluer les éléphants et les quelques animaux du zoo. À proximité, un charmant restaurant avec des bungalows de l’hôtel accueille pour la nuit les visiteurs de la zone d’éco-tourisme de "Dray Sap - Gia Long".

D’ailleurs, trois circuits balisés sont proposés aux touristes dans tout Dak Lak : "La rhapsodie du feu et de l’eau" dont une des étapes est la cascade Dray Nur, "Le concerto du vent du changement" longeant la frontière avec le Cambodge et enfin "Le son de la terre" avec une étape à la maison des lithophones. Qui veut bien se rappeler ? Que l’ethnologue français Georges Condominas a étudié ces instruments de musique et commencé sa carrière à Dak Lak.

Il est sûr qu’après quelques kilomètres le nez au vent de la moto, la faim se fait pressante. En bord de route, une maison en bois sur pilotis propose des plats traditionnels. Une fois gravi l’escalier de bois orné de deux mamelons surmontés d’une lune, tous les convives sont assis sur des coussins, à même le magnifique plancher de bois.

Des petites brochettes de poulet accompagnées d’arachides concassées et d’un riz cuit dans du bambou présente une blancheur légèrement roussie par l’ardeur du feu. Et puis, comme une récompense, le vin de riz servi dans un légendaire pot de terre communautaire à siroter avec une paille de bambou (ruou cân) vient redonner du courage pour continuer sa route sur cette terre si fertile en rencontres chaleureuses et en contemplations silencieuses des doux vallons du paysage verdoyant.

Texte et photos : Alain Thomas/CVN




 
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