20/03/2021 16:48
Les dirigeants des institutions européennes ont appelé vendredi 19 mars le président turc Recep Tayyip Erdogan à créer les conditions d'une relation apaisée avec l'Union européenne, lors d'un entretien en visioconférence avant le sommet européen des 25 et 26 mars.
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Entretien en vidéoconférence entre les dirigeants des institutions européennes et le président turc Recep Tayyip Erdogan, le 19 mars à Bruxelles.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission Ursula von der Leyen ont souligné "l'importance d'une désescalade soutenue et d'un renforcement de la confiance pour permettre un agenda UE-Turquie plus positif", indique un communiqué publié après l'entretien.

Le président Erdogan a pour sa part insisté sur son attente de "résultats concrets" lors du sommet européen et a demandé le lancement d'un "dialogue de haut niveau", selon ses services.

L'UE a dénoncé jeudi 18 mars les violations des droits fondamentaux en Turquie et mis en garde Ankara contre l'interdiction du Parti démocratique des peuples (HDP, pro-Kurde), deuxième plus grand parti d'opposition du pays.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell devrait remettre vendredi 19 mars aux États membres un rapport sur son évaluation de la situation en Turquie, dans lequel il soumet des options d'actions positives et négatives à mettre en œuvre.

"Quelques améliorations ont été constatées depuis le début de l'année, mais il faut voir si elles sont durables", a confié vendredi 19 mars un responsable européen. "Les développements intérieurs en Turquie suscitent de fortes préoccupations".

Le rapport remis par Josep Borrel sera discuté lundi 22 mars par les ministres des Affaires étrangères de l'UE.

"Nous attendons des actes concrets"

Les problèmes posés par la Turquie seront également abordés mardi 23 mars lors de la réunion à l'OTAN avec le secrétaire d'État américain Antony Blinken. "La Turquie est membre de l'OTAN et c'est un élément très important. Nous sommes en contacts avec les États-Unis", a insisté le responsable européen.

M. Blinken doit rencontrer Mme von der Leyen et M. Borrel au cours de son séjour à Bruxelles.

"Nous avons noté un changement de comportement des dirigeants turcs depuis trois mois, mais nous attendons des actes concrets sur le long terme qui démontrent que la Turquie est un partenaire de bonne foi", a commenté vendredi 19 mars un diplomate européen. 

L'évaluation du comportement turc prend en compte la situation des droits humains, mais aussi les décisions prises par Ankara dans les conflits régionaux, en Libye, en Syrie, en Irak, et au Nagorny Karabakh.

"Toutes les options sont prévues pour encourager le développement de bonnes relations, mais des mesures restrictives sont également présentes si la situation venait à se détériorer", a-t-il expliqué.

Les dirigeants européens ont décidé en décembre 2020 l'adoption de nouvelles sanctions, qui ont été préparées mais non appliquées dans l'attente des résultats du sommet, a-t-on précisé de source diplomatique.

Le président turc a montré une volonté d'apaisement fin 2020, après de fortes tensions avec l'UE liées à plusieurs missions turques d'exploration gazière dans des eaux grecques et chypriotes en Méditerranée orientale.

En fonction des décisions des dirigeants européens, Mme von der Leyen pourrait se rendre prochainement à Ankara. Le principe de cette visite a été discuté lors de la visioconférence avec le président Erdogan, mais aucune date n'a été arrêtée.

AFP/VNA/CVN

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