18/06/2018 10:29
Les Lords britanniques se penchent lundi 18 juin sur un amendement au projet de loi sur le Brexit avant le retour du texte mercredi 13 juin devant les députés, une semaine difficile pour Theresa May, contrainte de jouer les équilibristes entre pro et anti Brexit au sein même de son parti conservateur.
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Theresa May, le 13 juin à Londres. Photo: AFP/VNA/CVN

La sortie de l'UE est prévue en mars prochain et le gouvernement britannique doit d'ici là boucler de délicates négociations avec l'Union européenne sur ses conditions, avec un Parlement qui veut avoir son mot à dire sur l'accord final.

Cette semaine, la cheffe du gouvernement a réussi à étouffer une rébellion dans les rangs conservateurs en convaincant les députés Tory pro UE de suivre la ligne gouvernementale.

Ces députés ont ainsi rejeté un amendement qui aurait donné au parlement un droit de veto sur le résultat des négociations avec Bruxelles en échange d'une promesse de Theresa May qu'ils auraient quand même leur mot à dire.

Mais l'amendement de compromis proposé par le gouvernement après ce vote a provoqué la colère des députés europhiles. Le chef des rebelles, Dominic Grieve, l'a jugé "inacceptable". "Cela nie totalement l'objet de l'amendement, qui était de donner la parole aux députés", a-t-il déclaré, accusant Theresa May d'avoir renié sa promesse.

Dimanche 17 juin, la Première ministre a justifié sa position, expliquant à la BBC qu'elle avait entendu les préoccupations des députés mais que le Parlement "ne pouvait pas lier les mains du gouvernement dans les négociations" ni "contrer la volonté du peuple britannique, de quitter l'UE".

Des déclarations qui vont dans le sens des conservateurs partisans d'une rupture franche avec l'UE, qui accusent les europhiles de vouloir dicter au gouvernement la marche à suivre et de chercher, in fine, à s'opposer au processus du Brexit ou à le diluer.

"Voeux pieux"

Pour convaincre des bienfaits du Brexit, Theresa May a annoncé dimanche 17 juin une hausse du budget du service public de santé, le NHS, financée en partie grâce aux économies qu'elle compte réaliser avec la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

L'un des arguments clefs des partisans du Brexit pendant la campagne du référendum de 2016 sur la sortie de l'UE était que l'argent économisé en quittant l'UE permettrait de renflouer les caisses du NHS, plongé dans une crise liée à son manque de moyens. L'opposition a immédiatement dénoncé un financement basé sur des "voeux pieux".

Theresa May continue ainsi à se débattre sur la scène intérieure, peinant à resserrer les rangs conservateurs et à affirmer son autorité, régulièrement défiée par son ministre des Affaires étrangère, Boris Johnson, fervent partisan du Brexit.
 
AFP/VNA/CVN
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