14/01/2019 00:30
Theresa May a pressé dimanche 13 janvier les députés d'approuver son accord de Brexit très largement conspué, sous peine de plonger le Royaume-Uni dans une situation "catastrophique", dans un plaidoyer de la dernière chance à deux jours d'un vote crucial au Parlement.

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La Première ministre britannique Theresa May, le 13 jnavier près de Maidenhead, à l'ouest de Londres. Photo: AFP/VNA/CVN


La chambre des Communes votera mardi 15 janvier sur cet accord longuement et difficilement négocié avec l'Union européenne, mais celui-ci a de fortes chances d'être rejeté, vilipendé tant par les Brexiters craignant une forme d'arrimage permanent à l'UE que par les europhiles espérant pouvoir faire machine arrière.

La Première ministre britannique, qui bataille ferme depuis plusieurs semaines pour défendre le bien-fondé du texte, a prévenu les députés qu'ils ne devaient pas décevoir les électeurs ayant voté en faveur du Brexit lors du référendum de juin 2016.

"Le faire serait une rupture de confiance catastrophique et impardonnable dans notre démocratie", a-t-elle estimé dans le tabloïd eurosceptique Sunday Express. "Mon message au Parlement ce weekend est donc simple: il est temps d'arrêter de jouer et de faire ce qui est juste pour notre pays".

Initialement prévu en décembre, le vote sur l'accord avait été reporté à la dernière minute par Mme May pour éviter une défaite annoncée. S'il est effectivement recalé, le Royaume-Uni risque de quitter l'UE sans accord le 29 mars, un scénario redouté par les milieux économiques, ou au contraire de ne pas quitter du tout le bloc européen, a averti Mme May.

Gouvernement sur la touche 
 
La menace d'un +no deal+ a déjà été contrecarrée cette semaine au Parlement, avec l'adoption d'un amendement obligeant l'exécutif à présenter sous trois jours, en cas de rejet de l'accord, un "plan B" amendable. Un autre amendement à une loi budgétaire, passé également grâce au soutien de conservateurs europhiles, limite les pouvoirs fiscaux du gouvernement en cas d'absence d'accord.
 
Et, selon le Sunday Times, un groupe de députés frondeurs, issus de tous les partis, oeuvre à modifier les règles de fonctionnement de la chambre des Communes pour permettre à leurs motions de prévaloir sur les propositions du gouvernement, qui perdrait alors sa "capacité à gouverner" en cas de rejet de l'accord.
 
Selon le journal, Downing Street est "extrêmement préoccupé" par cette éventualité qui donnerait la main aux députés, estimant qu'elle leur permettrait de retarder le Brexit en suspendant l'article 50 du Traité de l'UE régissant le départ d'un État membre, voire de faire marche arrière sur le Brexit - des scénarios catégoriquement exclus par l'exécutif.
 
Le député conservateur Nick Boles, favorable à un maintien du Royaume-Uni dans le marché commun, a aussi expliqué dans l'hebdomadaire qu'il étudiait les moyens d'empêcher une sortie sans accord, précisant qu'il dévoilerait son plan mardi 15 janvier.


AFP/VNA/CVN

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