05/10/2018 15:07
L'UE a exhorté le gouvernement britannique "à se remettre au travail" pour débloquer rapidement les négociations houleuses du Brexit, espérant que Theresa May dispose désormais de l'autorité nécessaire en interne pour boucler un accord avec les 27.
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La Première ministre Theresa May à la conférence du parti conservateur à Birmingham, le 3 octobre.
Photo: AFP/VNA/CVN

L'appel a été lancé jeudi 4 octobre par le président du Conseil européen, Donald Tusk, à deux semaines d'un sommet qualifié à Bruxelles de "moment de vérité" pour éviter un divorce sans accord avec le Royaume-Uni fin mars 2019.

Et au lendemain d'un Congrès des Tories où la dirigeante britannique a tenté de se remettre en piste face aux frondeurs de son parti, osant même sur scène quelques pas de danse très commentés.

"J'ai été moi-même chef de parti pendant 15 ans et je connais les règles de la politique partisane", a dit jeudi 4 octobre M. Tusk, à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, à Bruxelles. "Mais maintenant que le Congrès du Parti conservateur est terminé, nous devrions nous remettre au travail", a poursuivi le dirigeant européen.

"Je suis d'accord avec M. Tusk", a acquiescé le dirigeant irlandais devant la presse, appelant à conclure un accord "d'ici novembre si possible", pour qu'il y ait ensuite suffisamment de temps pour que cet accord soit ratifié.

"Insultant"

Après les passes d'armes entre Londres et les dirigeants des 27 lors d'un sommet à Salzbourg fin septembre, M. Tusk a appelé jeudi 4 octobre les Britanniques à mettre de côté les "arguments émotionnels" et à faire preuve du "respect" qu'ils réclament aux-mêmes dans ces négociations.


L'UE souhaite "les meilleures relations" possibles avec Londres après le Brexit, mais elle n'abandonnera certainement pas "ses valeurs fondamentales et ses intérêts clés", a insisté M. Tusk, rappelant notamment que les 27 restaient unis "derrière l'Irlande et la nécessité de préserver le processus de paix en Irlande du Nord".

Londres et Bruxelles ont trouvé des compromis sur la plupart des questions à régler pour boucler leur divorce, notamment celle de la facture à régler par Londres. Mais ils continuent de buter sur certains points, et principalement sur la question de la frontière entre les deux Irlande.

Les deux parties sont d'accord pour éviter le retour d'une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, mais Londres rejette les dispositions du "filet de sécurité" (ou "backstop") telles que posées par l'UE.

Les Européens demandent en effet un engagement sur le maintien de l'Irlande du Nord dans l'union douanière si jamais Londres et les 27 ne trouvaient pas d'autre solution pour éviter la réapparition d'une frontière visible.

Mais pour le gouvernement britannique, cela reviendrait à créer une autre frontière, entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni, une hypothèse inacceptable.

"Saut audacieux?"

Les 27 ont prévu de se réunir pour un dîner de travail le 17 octobre à Bruxelles pour faire le point sur les négociations. Mme May a été invitée à venir s'exprimer si elle le souhaite avant ce repas de travail, mais son intervention n'a pas encore été confirmée.

Une percée lors de cette soirée permettrait d'envisager un "sommet extraordinaire" en novembre pour "finaliser" un éventuel accord, selon M. Tusk.

"La vraie question est de savoir de quelle marge de manœuvre politique" dispose désormais Mme May pour trouver un compromis, a estimé un responsable européen. "Va-t-elle faire un saut audacieux (dans les négociations, NDLR)? Ou temporiser?", s'est-il interrogé.

Theresa May "n'a de majorité pour aucun type d'accord", craint une source diplomatique française, jugeant que la dirigeante britannique, "têtue comme un âne", "ne tombe pas parce que personne ne veut le job".

Un Brexit sans accord pourrait entraîner une récession économique au Royaume-Uni en 2019, a prévenu jeudi 4 octobre la banque britannique RBS.

AFP/VNA/CVN

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