20/10/2020 09:01
Le Royaume-Uni a répété lundi 19 octobre ne toujours pas voir "de base" à une reprise des négociations commerciales post-Brexit tout en se félicitant de la proposition de Bruxelles d'accélérer les discussions, les jours étant désormais comptés pour échapper à un "no deal".

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Le Premier ministre britannique Boris Johnson, le 16 octobre à Londres.
Photo : AFP/VNA/CVN

Déjà poussives, les discussions se sont envenimées jeudi 22 octobre quand les 27 réunis en conseil ont exigé des concessions de Londres pour arriver à un accord de libre-échange à temps pour l'appliquer l'année prochaine, quand les règles européennes cesseront de s'appliquer au Royaume-Uni.

Le Premier ministre Boris Johnson a alors déclaré les pourparlers "terminés" et a demandé aux Britanniques de se préparer à un "no deal", option potentiellement dévastatrice pour des économies déjà ébranlées par la pandémie de COVID-19.

Après un appel téléphonique à son homologue britannique David Frost, le négociateur européen Michel Barnier a affirmé lundi 19 octobre que l'UE restait "disponible pour intensifier" les discussions "sur la base de textes juridiques", soulignant attendre la réaction de Londres.

Downing Street a froidement "pris note" de cette proposition. "Pour autant, le Royaume-Uni continue de penser qu'il n'y a pas de base pour une reprise des négociations sans changement fondamental d'approche de l'UE", a déclaré un porte-parole de Boris Johnson, demandant aux 27 de traiter Londres "d'égal à égal" et "d'accepter qu'un mouvement doive venir de l'UE autant que du Royaume-Uni".

Au Parlement britannique, le ministre Michael Gove, chargé de la coordination de l'action gouvernementale, s'est montré plus positif. S'il a répété être prêt à un accord de type australien ou mongol, autrement dit un "no deal" dont le gouvernement britannique se refuse à prononcer le nom, il a aussi "salué" la proposition de Michel Barnier : "Évidemment, nous devons nous assurer de travailler sur la base de l'intensification qu'ils proposent", a-t-il dit.

Accélérer les préparatifs 

Les deux parties continuent de se renvoyer la balle malgré le manque de temps disponible pour arriver à un compromis, les Européens estimant un accord nécessaire avant la fin octobre pour être transposé et adopté d'ici à la fin de l'année.


À défaut d'accord de libre-échange, répète à l'envi le gouvernement britannique, il se satisferait d'un "no deal" au 1er janvier, impliquant le rétablissement de quotas et droits de douanes entre les 27 et Londres.

Les discussions butent toujours sur trois sujets : l'accès pour les Européens aux poissonneuses eaux britanniques, les garanties réclamées à Londres en matière de concurrence, et la manière de régler les différends dans le futur accord.

Quelle que soit l'issue des négociations, accord ou pas, l'exécutif britannique compte exhorter cette semaine les entreprises à accélérer leurs préparatifs pour faire face aux nouvelles règles douanières qui s'appliqueront dès janvier.

Les discussions avec l'UE pour arriver à un compromis se sont tendues le mois dernier avec l'annonce d'un projet de loi revenant sur certaines dispositions du traité de divorce ayant encadré la sortie du Royaume-Uni le 31 janvier dernier.


À Londres lundi matin 19 octobre, le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, a rencontré Michael Gove au sujet de ce différend, qui a poussé Bruxelles à entamer une procédure d'infraction contre le Royaume-Uni.

Tous deux en sont sortis sur une note plutôt positive, Michael Gove faisant état de "progrès significatifs" tandis que Maros Sefcovic a salué "l'orientation et l'engagement clairs" donnés par Londres en vue d'arriver à "un compromis sur toutes les questions sur la table".

Selon l'agence Bloomberg, le gouvernement britannique envisage de renoncer aux dispositions controversées d'un projet de loi qui lui permettrait de passer outre certaines mesures du traité, et ce, en violation du droit international, afin de faciliter les négociations.

Le projet de loi compte également de nombreux détracteurs au Royaume-Uni, pour lesquels il met à mal la crédibilité de la parole britannique sur la scène internationale.

AFP/VNA/CVN

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